CHAPITRE V
avide d'air et de lumière, s'élevait à son tour, et les jeunes brins, les perchis, les vieilles écorces, croissaient, à la fois, confusément mêlés. C'était la forêt jardinée, mais sans règle, sans ordre, sans plan préconçu, ce qui augmentait encore les inconvénients de ce genre d'exploitation ; les arbres les plus élevés devaient gêner ceux qui se trouvaient, immédiatement, au-dessous; tous, en général, n'étant pas assez serrés entre eux, s'étendaient en branches, devenaient noueux, et n'atteignaient pas la hauteur que la nature leur avait assignée ; enfin l'abattage et la vidange causaient, nécessairement, des dégâts considérables aux jeunes plants et multipliaient les brins viciés.
Le funeste usage du panage, qui faisait disparaître les glands, par lesquels, seuls, la forêt pouvait se réensemencer, les abus du pâturage et les concessions, si considérables, de droits au bois, que nous avons énumérées au chapitre précédent, devaient, sur un sol aussi peu fertile que celui de la forêt d'Orléans, augmenter encore ces causes de ruine, surtout dans les parties les plus rapprochées des plaines et des villages, et il n'est pas étonnant de trouver, dans certains textes du Ville siècle, des phrases comme celle-ci :... In nemore predicto, vel loco nemoris,.., ou d'autres aussi significatives (l).
C'est vers la fin de ce siècle que l'on trouve, pour la première fois, les traces d'un traitement régulier appliqué à la forêt d'Orléans, celui de la futaie, â la révolution de deux à trois cents ans, et par la méthode h tire-aire (2).
(2) L'ordonnance de 1669 dit: tire-et-aùre; mais M. Puton, dans son Traité d'économie forestière, Paris, 1888, prétend que
Elle consiste à asseoir les coupes de proche en proche, en laissant, seulement, un petit nombre d'arhres de réserve. Ce nombre, d'abord assez indéterminé, fut flxé, par l'orrtonnanee de 1376, à 10 par arpent, qui devaient être marqués du marteau du roi.
On exigeait des marchands ventiet's qu'ils fissent entourer les coupes de fossés, avec des haies vives, même, parfois, de palissades. Il est fait mention, dans le compte des baillis de -1285, de l'entretien ou de la vente de vieilles clôtures dans la Garde du Ghaumontois, dans le Rotoy, au Mon t-de-B renne, dans le bois de Chamerolles, dans divers cantons des Gardes d'Orléans (Neuville) et de Vitry, enfin un peu partout (1).
Le mode de tire-aire, tel qu'il était appliqué autrerols, a bien l'avantage de réunir les coupes sur un espace restreint que l'on peut soigner facilement, mais il présente, cependant, plus d'un inconvénient: les arbres, tous du même âge, croissent, jusqu'à leur maturité, en massif trop serré pour acquérir de belles proportions et une texture forte ; puis, surtout, ceux qu'on laisse, en trop petit nombre, dans les coupes sont insufdsants pour assurer par leurs semences le repeuplement du terrain, et pour protéger, pendant les premières années, les quelques jeunes plants qui peuvent naître; d'autant plus que beaucoup de réserves deviennent la proie des vents, ou sèchent, après peu d'années, par suite de la transition trop brusque de l'état serré à l'entier isolement.
ce terme s'écrivait autraruïs tire-aire, et sigoifLait que le soi, l'aire, se tire, apparaît neltamenl entre les arbres laissés sur
(It E. C. F., pp. 420, 4SI, 440.