‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 126 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'ordonnance de 1376, que nous avons citée plus haut, confirmée par d'autres de septembre 1402, mars 1515, août 1573, etc., prescrivit aux adjudicataires, après le délai de vidange expiré, de labourer leurs coupes et de les semer en glands ; mais malgré tout, l'état de la forêt ne dut pas s'améliorer beaucoup pendant le moyen âge, d'autant plus que, à la suite de la guerre avec les Anglais, de nombreuses coupes extraordinaires, destinées à réparer les fortifications, les hôtels et les châteaux du duc, à indemniser les victimes de la guerre ou à récompenser ceux qui s'étaient distingués, furent faites, non plus de proche en proche, mais en confusion, c'est-à-dire un peu partout, là où se trouvaient les plus beaux arbres (1).

Aussi ne sommes-nous pas étonnés que la dégradation de la forêt ait frappé François I^r, qui était venu pour y chasser, au commencement de son règne, et que, par .lettres-patentes du 6 juin 1543, le duc d'Orléans s'en soit plaint amèrement (2).

Celui-ci l'attribuait, surtout, à deux causes : à la dissémination des coupes en tant de lieux séparés les uns des autres qu'il n'était pas possible de les défendre contre le bétail ; puis à l'âge trop avancé auquel on coupait les bois. Il ordonna de mettre plus d'ordre dans les exploitations, de convertir, mais avec la plus grande réserve, les plus mauvaises parties en taillis, devant être exploités à douze ans, mode qui n'était adopté, jusque-là, que par les tréfonciers, et d'abaisser à cent ans la révolution de ce qui resterait en futaie. Il s'en référa, du reste, pour l'appli-

(1) Mé. M,

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cation de ces mesures, à la prudence des forestiers en exeitice (1).

Ceux-ci exécutèrent les ordres du duc et, vingt ans après, la Garde de Goumast, notauiiiient, ne possédait plus de l'ulaie, et était coupée, pour la plus t;rande partie, à dix ans (2). Quant aux vides, nous avons dit au chapitre I" comment on s'en débarrassa.

En 1571, nous voyons Charles IX, à son tour, constater que la plupart des bois étaient mangés et broutés par le bétail, et se transformaient, rapidement, en landes, buissons et broussailles (3).

C'est aloi-s que fut fait le premier règlement général des coupes de la forêt, arrêté en conseil, le 29 août -1573. Jusque-là, les diverses reformations n'avaient été confiées, comme on a pu le voir au chapitre III, qu'à des légistes qui ne s'étaient occupés que des questions contentteuses ; cetle fois, le traitement à appliquer aux bois fut, tout spécialement, étudié, et la surface annuelle de haute futaie à exploiter fut fixée à 200 arpents; mais on prétendit qu'aucun commissaire n'avait visité la forêt et que la contenance des coupes n'avait été établie que par une supputation du nombre d'arpents qui pouvaient être ' en bois (4), et il ne fut pas tenu grand compte des prescriptions qui venaient d'être faites ; les coupes de futaie, dont les besoins d'argent déterminaient seuls l'importance, le plus souvent très considérable, n'étaient plus guère établies à tire-aire, mais sur trois ou quatre cents points

(3) Ar. D. Duché d'Orléans. Eaux et forèle, A. 977.

(4) Mé. M..

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