‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 127 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

différents, chaque année, par iroclies, comme on disait, c'est ainsi qu'on appelait alors le jardinage (1).

En 1627, nouveau règlement ; les commissaires constatèrent « qu'il n'y avait plus de corps de forêt, mais seulement des chênes épars, sous lesquels tout le rejet des précédentes coupes était abrouti ». Celte fois, la futaie fut tout à fait abandonnée; les Gardes du Chaumontois, du Milieu et de Vitry, qui en étaient encore presque exclusivement peuplées, durent être traitées en haut taillis (à cinquante ans), avec réserve de douze baliveaux de l'âge et de six modernes par arpent; la coupe annuelle fut fixée à 7 ou 800 arpents; les autres Gardes durent fournir 500 arpents de taillis plus jeune, et l'ensemble des bois soumis à la gruerie, de l'aménagement desquels on parait s'être occupé pour la première fois, 1,500 arpents (2).

Cette conversion de la plus grande partie de la forêt en taillis, à la révolution de cinquante ans, fut certainement plus préjudiciable, encore, que le traitement en futaie, à tire-aire, ou même en jardinant. A cet âge-là, dans les meilleurs fonds, les principales essences ne rejettent plus guère, à plus forte raison dans la forêt d'Orléans, où, presque partout, l'expérience a prouvé qu'on n'est plus assuré d'obtenir de rejets, suffisamment abondants, des chênes ayant dépassé trente ou trente-cinq ans , exceptionnellement quarante. Le petit nombre de réserves gardé ne pouvait guère réensemencer le terrain, et on comprend facilement les nombreux vides que dut ajouter aux anciens ce mode de traitement.

(!) Ar. F. Lorris.

(2) Ar.'F. Lorris.

^'SU HISTOIRE DE LA FOUET D'oKLÉANS

La possibilité fixée fut bien souvent dépassée et des exploitations extraordinaires vinrent, dans le courant du XVII» siècle, comme au siècle précédent, augmenter les chiffres indiqués par les commissaires; ainsi, en 1661, on vendit, pour tenir lieu des coupes ordinaires de trois aunées seulement, 10,000 arpents de taillis, dans les bois du roi (1).

Cette même année, la haute futaie avait achevé de disparaître de la forêt d'Orléans (2).

Les réformateurs de 1671 estimèrent que le cinquième, au moins, des bois du roi, soit plus de "13,000 arpents, était en landes ou bruyères, disséminées, surtout, dans les trois Gardes du Chaiimoiitois, du Milieu et de Vitry, ce qui ne doit pas surprendre d'après ce que nous venons de dire. Du reste, les bois des tréfonciers étaient encore en plus mauvais état ; la Petite-Forêt renfermait, notamment, 1,600 arpents de vides, c'est-à-dire presque moitié de sa surface, et le reste était mal planté et abrouti (3). Les bois de l'abbaye de Saint-Benoit avaient été, il faut le aire, livrés a un vérilable pillage par ses abbés commendataires, depuis le cardinal de Ghàtillon, Odet de Coligny, qui, en 1557, avait obtenu, de Henri II, l'autorisation d'y faire des coupes jusqu'à concurrence de 30,000 livres (4).

La révolution de cinquante ans fut imposée à toute la foi-êt, et la possibilité resta fixée à 700 arpents, dans chacun desquels il fut prescrit de réserver douze baliveaux chênes. Toute coupe fut suspendue dans les jeunes taillis, jusqu'à

(1) Ar. F. Lorris.

(3) Ar. D. Duclié d'Orléans. Eaux et forêts, A. 955.

(4) Hi.SKB.,p. S78.

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