CHAPITRE V
semis sur défonce à 36 centimètres, puis un léger coup de râteau enterrait la graine ; la dépense s'élevait à 200 fr. l'hectare en moyenne. Ces sommes étaient encore fort considérables si Ton songe que les journées de manouvrier, maintenant payées 3 fr., 2 fr. 50 en 1869, 1 fr. 80 après 1848, ne l'étaient, à cette époque, que 1 fr. 50.
Dans les jeunes coupes, on avait, à peu près, renoncé aux semis de feuillus, qui n'avaient donné presque aucun résultat ; on semait du pin sylvestre, et surtout du maritime, malgré les fâcheux effets de l'hiver de 1829-1830 sur ce dernier, et l'on repiquait des plants de toutes essences. Leur nombre total s'éleva à près de quinze cent mille pendant celte période. On jetait aussi, à la volée, des quantités considérables de graine de pin maritime sur la bruyère, au moment de l'exploitation ; celte graine, une fois les bruyères enlevées, arrivait jusqu'au sol fraîchement remué et germait assez bien, mais, presque partout, les rejets de taillis étouffaient les plants naissants. Quelques-uns de ces derniers travaux étaient imposés aux adjudicataires, ou exécutés par les concessionnaires de menus produits ou par les gardes, mais le plus souvent à prix d'argent.
La moyenne annuelle des dépenses de toutes sortes, relatives aux rebdisemenls, s'éleva, pendant le règne de Louis-Philippe, à 14,000 fr.
Après 1848, l'administration des forêts de l'État commença par faire repiquer, à peu près exclusivement, des plants feuillus dans les jeunes coupes ; mais il fallut bien finir par reconnaître que, sauf pour le bouleau, cet arbre à feuillage léger qui, fournissant peu d'humus, n'améliore pas le sol et le laisse livré aux plantes parasites, ce
n'élait que fort exceptionnellement qu'on i-éussis; on se borna aux reboisements en pin, principalem sylvestre. On procéda, surloul, par le semis, fi bandes. Le prix variait depuis 50 jusqu'à 90 fr. pa tare, selon la laideur de la bande cultivée (dt 90 centimètres), et la plus ou moins grande proft de sa culture. On dépensa, environ, pour ces tr; depuis -1860 jusqu'à 1870, un peu plus de 14,0 par an ; une grande partie des journées, faites p concessionnaires de menus produits, y furent, de consacrées.
En 1867, époque oii commença un nouvel amén^ pour la l'orét, cette fois sur des bases tout autres, i. tait environ 2,600 hectares de pin, surtout de syl' en bon état de végétation ; et on peut dire que essence avait, définitivement, pris place dans Is d'Oiléans, qu'elle était appelée à sauver d'une imminente.
L'aménagement de 1867, interrompu par la guer fui entièrement terminé qu'à la fin de 1872.
Voici l'état dans lequel la commission chaînée faire, et qui avait à sa tête M. ie sous-inspecteur Jou trouva la foret : c'était, partout, un mélange coni peuplements dilTérents, enchevêtrés les uns dai autres, et présentant, sans aucun ordre, des perch général bien venants (tes parties réservées que avons indiquées plus haut); des taillis, presque toi incomplets, clairs, gelés, rabougris, parfois con uniquement de souches buiesonnantes, végétant m blemeni, surmontés par un beaucoup trop petit nomi réserves ; des peuplements de pin, de un à quarant