‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 137 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

quiétante ; d'où une notable diminution de la quotité et de la valeur des produits réalisés à chaque exploita^ tion (1).

Les vides ne comprenaient plus que le centième de toute la forêt ; les chênes recouvraient les 55 centièmes de celles-ci; les pins sylvestres, les 33 centièmes; les

(1) Nous avons essayé de fixer, du moins approximativement, le chiffre actuel de cette diminution qute tous les vieux gardes, tous les anciens bûcherons, les quelques marchands de bois que le hasard a rendus deux fois adjudicataires de la même coupe, à vingt ou vingt-cinq ans de distance, sont unanimes à reconnaître ; et nous avons procédé de la manière suivante : nous avons recherché, dans l'inspection de Lorris, parmi les parcelles exploitées comme de véritables taillis, pendant les années 1874- 1888, celles dont nous avons pu constater, avec certitude, une exploitation faite au même âge ou à un âge inférieur, dans une période précédente. Nous n'avons pu identifier ainsi que 302 hectares 19 ares. Leur produit moyen à l'hectare, abstraction faite des arbres abandonnés, avait été estimé par les agents opérateurs, en 1853-1860, devoir être de 57 stères et 870 bourrées, soit 47 mètres cubes ; il ne Ta plus été, lors de la dernière exploitation, que de 46 stères et 768 bourrées, soit 39 mètres cubes, ce qui représente 17 p. 100 de moins. En nous bornant aux quelques parcelles (117 hectares 24 ares) dont les âges étaient absolument les mêmes au moment des deux exploitations, c'est 25 p. 100 de diminution que nous avons trouvé. Ajoutons, pour répondre à une objection qui nous a été faite par M. G. Marteau, dons la Reçue des eaux et forêts, de mai 1889, que, aux deux époques, les nombres, tant des arbres qui surmontaient le taillis que des baliveaux qui ont été gardés, étaient à peu près les mêmes ; bien faibles, mais aussi élevés que le permettaient, d'un cAté, le peu de longévité des réserves ainsi que l'absence d'éléments suffisants de balivage; de l'autre, les prescriptions de l'aménagement ordonnant dé ne garder que ce qui pouvait avoir phance de vie jusqu'à l'époque de la régénération.

charmes, les 5 cenliëmes; les bouleaux, les 4 centièmes, et divers autres feuillus, les 2 centièmes.

La nouvelle commission, tout en partageant les vues de celle qui l'avait précédée, au sujet des meilleures parties à traiter directement en futaie, fut d'avis de continuer les coupes de taillis dans les plus mauvaises, avec reboisement en pin sylvestre des vides, au fur et à mesure qu'ils se formeraient, de fagon à arriver assez promptement à transformer celle-ci en futaie résineuse (au moins provisoirement), car il n'était plus guère question de garder, en vue d'un réensemencement naturel, les cépées malvenantes qui s'y produiraient encore.

Un décret du 6 mai 1887 approuva la révision, sur ces bases, de TaménE^ement de la section d'Orléans, et on attendait, de jour en jour, les décrets relatifs aux quatre autres sections quand eut lieu, dans les hautes sphères administratives, une évolution imprévue pour les agents locaux.

La transformation du taillis en futaie avait fait adopter, pour une partie de plus en plus importante des coupes (presque toutes les éclaircies), le mode de vente à Vvnité de produits, au lieu de celui en bloc, ce qui, tout en diminuant l'aléa, diminuait, en même temps, les chances de gain considérable, pour le commerce; les habitudes de celui-ci étaient d'ailleurs dérangées, et il manifesta une grande répugnance pour ce changement. Aussi, la réalisation considérable de produits qu'il fallut faire à la suite du verglas et du grand hiver ipins sylvestres brisés, pins maritimes, vieilles réserves, massifs entiers gelés, dont on s'était dépêché de tirer parti, sous peine de tout perdre), ayant, nécessairement, resireint l'importance des exploita-

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