‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 140 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tion de cet aménagement politique : en ce qui concerne les parties laissées en futaie, ainsi que les taillis dépérissants dont avait désespéré la Commission de 1884, il n'y aura rien de changé, du moins avant longtemps ; mais il en est tout autrement quant aux massifs, en bon état de végétation, qui devaient être traités en futaie, et que leur âge seul, relativement moins avancé, a fait classer, de suite, dans les séries de taillis. On était fondé à croire assurée leur régénération par semis naturel de feuillus, ce que le traitement en taillis est inhabile à procurer, malgré les recommandations relatives au grand nombre de réserves à laisser. Or, la vieillesse de Tensouchement, dans la plus grande partie de la forêt, rend cependant indispensable cette régénération dans un bref délai, et à son défaut, on ne tardera pas à se trouver, là aussi, en présence de taillis de plus en plus malvenants, qu'on n'aura que la ressource de transformer, à prix d'argent, en futaie résineuse, au moyen de plantations. La chose ira d'autant plus vite que beaucoup de ces bois ont déjà atteint un âge où, comme nous l'avons dit plus haut, aucun rejet d'avenir n'est à espérer (1). En définitive, la dépense sera sensiblement augmentée, et le pin prendra la place du chêne sur un certain nombre d'hectares, où ce dernier eût pu être conservé (2).

(1) Pendant les trois premières années de raménagement actuel, 1889, 1890, 1891, il a été exploité en taillis, environ : 190 hectares de bois de 36 à 40 ans; autant, de 41 à 46 ans; 310 hectares, de 46 à 51 ans; 170 hectares, de 51 ans et au-dessus; ce qui r'^présente près de 900 hectares qu'il va falloir reboiser, à peu près entièrement, en pins.

(2) Au point de vue du revenu, l'État n'y perdra peut-être pas;

2d6 HISTOIRE DE LA FORÊT D'ORLÉANS

Un défiret du 9 novembre 1889 vint ratifier le nouvel aménajtement des deux sections de Cliâteauneuf et de Lorris.

Nous ne terminerons pas ce résumé des divers aménagements qui furent imposés à la forêt d'Orléans sans mentionner l'opinion qu'un agent qui connaît hien ceDe-ci, pour en avoir administré, successivement, toules les parties, a émise, à plusieurs reprises, dans la Reotte des eaux et forf-is {i). Suivant lui la cause principale de la dégénérescence des Feuillus, pour l'ensemble de la forêt, serait la diminution, dans un sol naturellement peu fertile, des substances minérales indispensables à la vie du chône, diminution occasionnée par la culture prolongée de cette essence ; c'est, en un mot, le principe de l'assolement ou de l'alternance appliqué aux arbres forestiers. D'où

mais, comme prapriéuire de forêts, [I a un rAla tout autre sur lequel nous ae pouvons nous empêcher de revenir encore ; il doit s'efforcer de faire le moins de concurrence possible aux perliculiera, et ne pas chercher à n'obtenir qu'uD produit que tous, dans la ré^'ion, surtout en Sologne, mSme les plus petits propriétairea, fournissent en abondance. Paris est la débouché principal de ce produit qui fait vivre la vaste contrée s'élendant depuis la Loire presque jusqu'à Bourges, à Vierzon, à Saint-Aignan-sur-Cher, et on conçoit combien est grave pour elle l'existence, â moitié chemin des deux, de ce grand massif de la forêt d'Orléans, desservi par quatre voies ferrées et un canal, et dont le tiers est déjà recouvert de résineux. Le devoir de l'Ëlei serait, pensons-nous, de limiter le plus possible cette substitution d'essences, autant, bien entendu, que ses intérêts pécuniers ne seraient pas compromis. Or, le dernier aménagement l'impose au contraire, sans nécessité, a une assez grande surface.

(1) Numéros de janvier et juillet 1888, mars et décembre 1890. M. Lefebvre.

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