CHAPITRE VI
Nous ne parlerons que pour mémoire de, la voie romaine d'Autun à Paris, qui longeait vraisemblablement la Loire de Briare à Orléans, en passant par Bonnée, seul point où, à notre connaissance, on en ait retrouvé quelque trace. Cette route ne devait guère s'écarter du chemin actuel de Reims à Angers, et, en tous cas, était probablement en dehors de la forêt actuelle (1).
Enfin, pour ne rien omettre, dans le canton de la Chennetière, entre la route de Jarnonce et celle de Fay à Seichebrières, existe un chemin dit de la Ferraille, connu, dans le pays, sous le nom d'ancienne voie romaine (2).
Ces routes n'ont pas toutes survécu à la période galloromaine; en dehors des chemins qui durent être tracés, tout naturellement, de village à village, par le pied du voyageur ou le sabot de son cheval, le plus souvent, véritables sentiers, on ne peut constater l'existence au moyen âge que des suivantes : d'Orléans à Paris; d'Orléans à Fontainebleau, par Pithiviers; d'Orléans à Gien; delà Cour-Dieu à Pithiviers ; de Châteauneuf à Sens, par Montargis; de Lorris à Saint-Benoît, désignée ainsi, dans un diplôme de 1154 : Strata piihlica quse ad Loriaco soliacum (var. sosiacum) ducet ad sanctum Benedictiim ; enfin de Soisy-aux-Loges à la Loire, eni'ace de Sully (3). C'étaient les routes royales. Elles étaient fort mal entretenues, en général, mais pouvaient, cependant, servir, tant bien que mal , aux transports. Celle de Chartres, qui devint la grande route de Paris, était déjà pavée au XV^ siècle, et Le Maire
(1) M. J., pp. 33, 34.
(2) B. S., t. VI.
yi^
nous apprend (1) qu'au commencement du XV!!*^ s en était de même pour la roule d'Orléans à Fonlair et pour l'ancien chemin de Paris, du moins depuis 1 Sainl-Vincenl, son point de départ, jusqu'au Chêne au-dessus de la Groix-l'leury.
La carte de Cassini indique, comme routes roya cinq premières parmi celles que nous venons de ci outre une deuxième route d'Orléans à Pilhiviers, joignait l'autre à Chilleurs, après avoir passé par N( et une route de Loury à. Neuville; puis, comme cl secondaires, ceux de Lorris vers Saint-Benoit (2) Bellegarde à Sully, mentionnés plus haut ; puis ceu léans à Gidy; d'Oriéans au château de Cossoles; d', à Saint-Lyé; d'Ainiiertù Neuville; d'Ambertà Rebri de Loury à Jai^eau ; de Loury à Châteauneuf; de B( mun à Sully-la-Chapelle; et de Lorris à Gien.
Ce n'est guère qu'à la ftn du XVII« siècle, lors d. blissement du canal d'Orléans, que l'on s'occupa d d'autres chemins dans l'intérieur de la forêt.
En 1695, S. A. R. fit tracer, dans la Garde du Mil Rond-des-Feu il lards ou carrefour du Puits-d'Antin tenant carrefour de Chatenoy, et, « tant pour le i des bois adjugés que pour la commodilé de la et celle d'empêcher les braconniers de dépeuf forêt de bêtes fauves », huit routes, dont si partant de ce carrefour, allaient rejoindre: le de Bellegarde à Sully, Châleauneuf, Vitry-aux-Loges,
(t) An(.,p. 63.
(2) Nous disons oers, car il s'arrêtait, alors, à Saint-Aignandes-Crués.
s-Maisons, le nouveau canal; les deux autre )nt du Cliat-Sauvage au canal, et de l'éta:
1 aux Vieux-Fours, paroisse de Corabreux (1, le époque, on fit un travail analogue dans la lumontois, et on y traça le carrefour du Puiti maintenant carrefour d'Orléans, el les huit iboulissent,encore aujourd'hui (2).
louvelles routes furent ouvertes en 1721, 1723 lans le Chaumontois et le Milieu pour la pi ois, en 1770, dans la Garde du Chaumontois, de de M. le marquis de Montpipeau, dont ell< int les bois (3),
i ces chemins ne furent d'abord pas entrele t, à plusieurs reprises, les rouvrir en quelquf i*eau. Cependant, en 1755, on institua un
chaîné de veiller à leur élagage et entretien ir de 1760, ce soin fut confié, pour les rou lontois et du Milieu, à un entrepreneur, qi ■a moyennant 600 livres une fois payées et 20(
guet donne la liste de toutes les routes qi
en 1789 dans la forêt d'Orléans (5). Les voi
en laissant de côté les routes royales ou is de la carte de Cassini :
; le Chaumontois, les routes : des Bordes; di ;e; du Chaumontois ; de la Couasme; des Gi
r. D. Duché d'OrléaDs. Eaux el forêts, A. 1049.
r. P. Lorris et Orléans.
r. F. Lorris et Orléans.
r. D. Duché d'Orléans. Baux et forêts, A. 1034.
'. fi., pp. 73, 74.
Maisons, dont une partie hoi-s de la forêt telle qu'elle était alors déjà réduite; du Marchais-Mignon; du Ravoir: du Ronieux ; de la Verrerie ; du Viverot. Longueur totale 6,113 perches ou 43,659 moires (1).
Dans le Milieu, les routes: de Bouzy; de Châtenoy é Saint-Martin-d'Abbat; de Comhreux au pond-des-Feuil lards ; du Marchai s-Qu are ; Ronde; de la Verrerie (partie) de Vitry à Vieilles-Maisons; trois roules sans nom. Lon gueur totale: 6,543 perches ou 40,730 métrés.
Dans Vitry, Courcy et Neuville, la route des Avaux î Saint-Lyé; l'allée du Billard; l'allée de Chambon; le; routes : de Chanteau à Langennerie; de la Chennetière; d( CoiDbreux à Sainte-Radegonde; de Cossoles; de la Cour Dieu à Gallerand; de Fay à Ghilleurs; du Gué-Girault à Is Cour-Dieu ; de Nibelle; de Rebréchien à Chanteau; d( Saint-Lyé à Cercottes; de Vitry à Ghâtillon. Longueui totale: 14,940 perches ou 106,701 mètres.
L'ensemble de ces routes, sans tenir 'compte de h Garde de Goumast et défalcation faite des terres qu'elle; traversaient, avait une longueur, en chiffres ronds, de 197 kilomètres, se développant, surtout, dans les bois royaux. C'était bien peu, ainsi que nous l'avons dit au chapitre V, et il y avait plus d'un massif de 1,000 arpents et davantage. Ajoutons que la plupart de ces voies étaient mal alignées, avaient rarement plus de douze pieds de largeur, et étaient souvent rendues impraticables par des bordures qu'on avait laissé s'accroître. On voit que l'état de viabilité de la forêt d'Orléans était loin d'être satisfaisant.
(t) La perche des eaux et forêts valait 22 pieds et équivalait à 7 mètres 142 millimètres.