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CHAPITRE PREMIER

favori Blanchard, seigneur de Lorris, la terre du Moulinet, que D. Chazel prétend avoir appartenu à Tabbaye de Saint-Benoît dès le règne de Henri I*»*, puis être tombée bientôt après en mains laïques. Le fils de Blanchard, Robert du Moulinet, fut obligé, pour payer ses dettes, de vendre ce domaine, que les moines et le roi Louis VII, en 1154, rachetèrent par indivis, sauf le donjon réservé entièrement à celui-ci. Un acte de H57, régularisant cette copropriété, cite comme dépendances du Moulinet : Curtis Bomaneria, le Romeux ; et nemus sancti Petrl Monsberniœ, le Mont-de-Brenne, qui forment la partie de la foiét appelée depuis la Petite-Forêt-de-Saint- Benoît; puis aussi Gala- }nandria, Gourmaiidry, dans les Haies-du-Moulinet (I). C'est probablement à la suite de cet acte que les droits de gruerie, sur la Petite-Forêt, furent fixés aux deux tiers des produits, ainsi que nous Tavons dit plus haut. Nous n'avons pu trouver l'origine exacte de celte anomalie, mais déjà en 1248, une enquête ayant été ordonnée à ce sujet sur la réclamation des moines, il avait été constaté que a d'ancienneté, ceux-ci n'avaient que la tierce partie de tous les émoluments et issues de la forêt du Mont-de-Brenne {'!) ». La part de propriété appartenant au roi fut cédée aux religieux, au mois de décembre 1317, par Philippe V, moyennant 40 livres parisis de rente (3).

Au nord-ouest du Chaumontois, à Chappes-en-Bois, près de la source du ruisseau actuel du Pont-de-Chappes, sur les ruines d'un petit édicule élevé anciennement en l'honneur de la Vierge Marie, l'évêque d'Orléans, Manassès de

(1) Ar. D. Cartulalre de Saint-Benoît , pp. 164, 165.

(2) Ar. D. Cartulalre de Saint-Benoit, pp. 11 et 163.

(3) Ar. D. Cartulaire de Saint-Benoît, p. 214.

24 HISTOIBE DE LA FOUET D'OHLÊANS

Garlande, avait fait construire, en H07, une chapelle dédiée à l'apôtre saint Thomas et à saint Eutrope. Sevin, grandofficier de la maison du roi, devenu abbé du Gué-del'Orme, entraîné par son amour pour la vie érémitique, s'était retiré en ce lieu avec quelques-uns do ses compagnons. Louis VII, en 1172, leur al>andonna, autour de leur ermitage, une étroite bande de terrain. Chappes-en-l)ois fut réuni à l'abiîayede Saint-lieiioit en 1187, à la condition d'y entretenir deux moines, dont le roi pouvait réclamer le rappel en cas de mauvaise conduite (1).

Depuis l'époque gallo-romaine, l'état général du pays avait sensiblement changé. Tout d'abord, l'invasion des barbares avait mis en fuite la population agricole ; et les champs, cessant d'être cultivés, avaient été rendus à la végétation sylvestre. On rencontre dans nos vieilles chroniques plus d'un témoignage de l'étonnement des colons qui revinrent ensuite labourer à nouveau ces fourrés devenus presque impénétrables, d'y trouver tout à coup dos traces d'anciennes et importantes constructions.

Mais les frontières forestières cessèrent bientôt de s'étendre. La création de l'abbaye de Micy avait été comme le signal de la superbe efflorescence monacale qui se proluisît dans n te pays La fii t envahie de tous les côtéw, dev nt une véritable colonie de ccnobites. Kous avons indiqué la création de leuts principales maisons, mais il 1 en eut bien d lutiLs Un pieu\ solitaii-e s'in.stallait dans un viguf, au milieu des bois des néophytes, attires par son renom de sainteté, accouraient ; une cliapelle, des cellules, des maisons, s'élevaient, et l'crinitago était rcni-

(1) H. C, p. iî. — Ë. C. F., p. 107. - HL S'. «., p. 3M.

placé par un petit monastère qui devenait un centre agricole. C'est ainsi qu'au VI^ siècle, peut-être sous Clodomir, fut fondé dans la forêt d'Orléans le village actuel de Saint- Lyé, par Lœtus, moine de l'abbaye de Mi cy, qui s'était retiré dans ce lieu désert, et autour duquel quelques familles étaient venues se fixer, attirées par ses miracles. On peut dire que c'est aux moines que revient l'honneur des défrichements qui rendirent notre pays à la civilisation.

C'est surtout dans les immenses possessions que les évêques d'Orléans laissèrent si libéralement démanteler que les groupes de population s'étaient établis. De nombreuses enclaves s'y étaient constituées : d'un côté Ingrannes et SuUy-la-Chapelle, Capella de Suliaco, Sandits Sulpicius de Solliaco Capello, d'abord simple chapelle de secours destinée à donner aux bûcherons de la forêt la facilité de remplir leurs devoirs religieux (1) ; de l'autre Vennecy, Veneris cœlum, Veneciacum, Marigny, Loury et Traînou formaient les deux plus importantes.

Les bois venaient cependant, plus tard encore, jusque bien près d'Orléans ; lors de la construction de la troisième enceinte de cette ville, en 1466, la porte située à l'extrémité de la rue actuelle de l' Ëtelon s'appelait Porte de la Forêt (2).

A l'ouest, les défrichements des moines de Micy durent fortement contribuer à un déboisement, probablement plus considérable encore que dans les autres parties.

A la fin du IX© siècle, les villages étaient devenus déjà

(1) Rech. P., t. I*^r, p. 444.

breuK dans l'ancienne forêt des Loges pour slitttât l'une des divisions administralives du 'appelait la Viguerie-aux-Loges, Yicaria Lodo-

ins indiqué plus haut les six Gardes entre les- [larlageait la forêt sous le règne de saint Louis. nencant par l'est, la Garde du Chaumontois . le massif le plus considérable et le plus comois royaux. Il était séparé au nori-ouest des )baye de Saint-Benoit, et en même temps de la lilieu par un assez large fossé, dit fossé de la jï suivait & peu prés la direction de la rtementale actuelle n" 8 d'Orléans à Joigny, en it infléchie vers Viellles-Haisons. Celait poutnne frontière des Senones «t des Carnutes. Le ermait moins de bois royaux ; ils étaient très lient groupés à l'ouest, conligus à ceux, plus les, de la Garde de Vitry, dont ils étaient séparés ;ne allant de Sury à Fay, et suivant laquelle le éans a été à peu près tracé plus tard. La Garde était séparée, à l'est, de celte de Vitry, par une 3u sinueuse partant de Cbemault, passant par et Su!ly-la-(;hapelle, pour aboutir à Fay ; et, à celle de Neuville, par une ligne tirée de Chilllage de Bionne, sur la route d'Orléans à Jar- B Saint-Jean-de-Braye et Chécy. La garde de Étendait jusqu'au grand chemin de Paris. Ces 3S de Courcy et de Neuville comprenaient la i partie des biens concédés aux évoques par les

., t. IL (Quicherat.)

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