CHAPITRE III
Cette gruerie fut rachetée, vers 1409, par la duchesse d'Orléans et ne forma, dès lors, qu'un office de juge royal, auquel il n'était plus attribué de droits ni d'autres fonctions que la connaissance des délits ne pouvant entraîner une condamnation supérieure à 60 sous parisis.
Il y avait aussi, toujours indépendamment des maîtres de la Garde, une mairie fieffée à Vitry, dont le possesseur avait sa résidence au château du Plessis ; puis des sergentcries fieffées.
Tous ces divers officiers relevaient directement du bailli d'Orléans, personnage fort important qui cumulait les fonctions militaires, administratives et judiciaires, et avait à la fois le gouvernement de la ville et celui de la province (1); mais leur juridiction était loin d'être fixée encore au XIII^ siècle, car une lettre de 1212, de Louis, fils aîné du roi de France, aux forestiers de la forêt d'Orléans, leur défend de juger les moines de l'abbaye de la Cour-Dieu i qui ne doivent l'être que par assLsores nostros (2) ».
Une ordonnance de 1208 fait mention, pour la première fois, à notre connaissance, de maîtres des eaux et forêts, qu'une autre, de 1291, nous montre établis par tout le royaume, avec juridiction spéciale (3). Un acte de 1430 désigne le maître dans la circonscription duquel était la forêt d'Orléans sous le nom de verdier (4)
En i357, des lettres-patentes du dauphin Charles, régent
(1) E, C. F., IIIo partie, chap. i^r, paaslm; pour les divers détails qui précèdent.
(3) C, C, F., passim.
du royaume, instituèrent un souverain et général grandmaître, inquisiteur, ordonnateur, odeveur, dispositeur et réformateur de toutes les eaux et forets, îles, garennes et fleuves de France. Cette place, qui fut occupée par de très grands seigneurs, paraît avoir été donnée, pour la première fois, au seigneur de Cocteletz, écuyer (1).
Mais lorsque l'Orléanais formait un apanage, les princes avaient leurs officiers à eux, qui, en 1366, échappèrent entièrement à ce haut fonctionnaire et dont le chef, Aubert d'Andezel, se fît appeler alors souverain maître et enquesteur général des ea-ux, forêts et garennes du duché d'Orléans. A partir de 1486, le souverain grand-maître des forêts de France eut, de nouveau, juridiction sur tous les officiers des apanagistes et il n'y eut plus, à Orléans, qu'un grand-maître enquesteur des eaux et forêts du duché {2) ; ce fonctionnaire était naturellement nommé par le duc. Un édit de février 1345 lui avait permis^ dès la création de l'apanage, de se faire remplacer par un lieutenant-général, sur lequel il avait toute autorité, mais qui devait être institué par lettres royales ou ducales.
Le grand-maître devait faire annuellement deux inspections dans sa circonscription, et adresser au duc un rapport sur l'état des forêts ; il présidait à l'adjudication des coupes, quand il y en avait. C'était un administrateur général supérieur; mais, de plus, il jugeait, soit en appel, soit en premier ressort, suivant les cas, tous les délits ayant trait aux eaux et forêts et à la chasse, ainsi que ceux commis contre les personnes, dans la forêt et sur les
(1) Ap. H., p. 4.
(2) E. C. F., p. 308, et Mé. S., t. XI.