‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 73 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

eaux, réunissant ainsi les pouvoirs administratifs et judiciaires et prononçant lui-même sur les contraventions qu'il signalait.

Les jugements du grand-maître du duché étaient sujets à appel devant le souverain grand-maître des forêts de France ou plutôt devant un tribunal qui remplaçait celui-ci dans cette partie de ses fonctions. Ce tribunal, des décisions duquel on pouvait encore appeler devant le Parlement, résidait à Paris et portait le nom, devenu célèbre, de siège général des eaux et forêts de la Table de marbre. Il se composa, à l'origine, d'un lieutenant-général du souverain grand-maître de France, d'un lieutenant particulier, d'un avocat, d'un procureur du roi et d'un greffier, tous choisis par le souverain grand-maître.

Les émoluments de ceux qui administraient en chef les forêts du duché varièrent assez souvent : en 1B60, Jehan Bouiïault, qui ne portait que le titre de maître et enquésteur, recevait 80 livres par an; en 4392, Philippe de FIorigny, souverain maître, avait 200 livres; son successeur, Robert de Vassy, 160 livres; puis, en 1420, Archambault de Villars, seulement 120 livres, et il en fut ainsi pendant tout le reste du XV^ siècle; on ajoutait à ces gages 15 livres à titre d'indemnité de chauffage, représentant 100 moules de bûches, soit environ 64 de nos stères. En 1573, Claude Galmet, seigneur de Faron ville et du Poutils, touchait 320 livres (I). Beaucoup de grands-maîtres eurent le titre de capitaine d'une châtellenie ducale : Beaugency, Château neuf, Yèvres, etc.

(1) Ar. D. Eaux et forêts. Gages, A. 2072, et Gages des officiei^s et pensioDS, A. 2114.

Au siège de la grande -maîtrise étaient attachés : un clerc-juré ou greffier, dont le traitement était de 20 livres au XVIo siècle, et un mesureur-arpenteur, payé 2 sous par jour aux XlVeet XV« siècles, 73 livres par an au XYI®. A cette dernière charge était attribuée une indemnité de déplacement, le plus souvent représentée par la vente des bois dits de route, qu'il avait été nécessaire d'abattre pour procéder à l'arpentage. Le lieutenant du grand-maître du duché recevait 80 livres au XVIe siècle.

Les maîtres de Garde formaient une institution toute spéciale à la forêt d'Orléans et dont nous n'avons pas retrouvé de trace ailleurs. Ils étaient, eux aussi, à la nomination du duc ou du roi lors de la réunion du duché à la courorme. C'étaient des administrateurs secondaires et des juges au premier degré, qui, au XVe siècle, ne pouvaient prononcer d'amende supérieure à 30 sous parisis. Deux fois l'an, vers l'Ascension et la Toussaint, des assises solennelles étaient tenuas au chef-lieu de chaque Garde, Lorris, Château neuf, Vitry, NfiiuâUg. Orléans, pour rendre justice à tous ceux qui avaient à se plaindre, marchands, ouvriers, etc. ; ces grands Jours des eaux et forêts étaient présidés par le grand-maître ou son lieutenant.

En 4285, les maîtres de Garde recevaient 2 sous par jour et 100 sous par an pour robe. Toutefois, le maître d'Orléans n'avait qu'un sou et demi et 70 sous pour robe. Ces gages restèrent à peu près les mêmes pendant tout le siècle suivant (t). Au commencement du XV® siècle, ils étaient de 41 livres 10 sous parisis par an, sauf pour -le maître de Neuville, qui ne touchait que 36 livres 16 sous,

(1) E» C. F., IIIo partie, chap. lor, pasaim.

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