‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 75 sur 180 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

les sergents ; quelques-uns devinrent maîtres de Garde, et Tun d'eux, Philippe Dupont, au XIII® siècle, fut nommé prévôt d'Orléans (1).

Des sergents traversiers concouraient aussi à la surveillance. Ils relevaient directement du grand-maître, avaient le droit d'instrumenter dans toute la forêt et étaient payés, seulement, par une portion des prises qu'ils faisaient, le cinquième pendant le jour, le tiers si la prise avait eu lieu la nuit. Ils paraissent s'être surtout occupés de la surveillance de la pêche sur la Loire.

Les attributions de tous ces officiers s'étendaient, non seulement sur le domaine royal, mais aussi sur les bois en gruerie, dont beaucoup, d'ailleurs, étaient surveillés concurremment par des gardes particuliers. Ainsi, l'abbaye delà Cour-Dieu, l'Hôtel-Dieu d'Orléans, l'évêque d'Orléans, le chapitre de Saint-Aignan, l'abbaye de Saint-Benoît, la Sainte-Ghapelle-du-Palais-de-Paris, avaient des sergents à eux, certains étaient fieffés. Quelques tréfonciers même, qui avaient droit de haute justice, confiaient la juridiction, dans leurs bois, à leurs maires fieffés, devenus officiers forestiers par occasion (2). Ceux-ci avaient, dans ce cas, le droit de sergentery même dans les bois royaux, à l'ouïe de la cognée, lorsqu'ils se rendaient d'une ville à une autre pour leur service. Le curieux Livre des usages de la forêt d'Orléans, manuscrit du XVIIe siècle, conservé aux archives départementales, nous apprend que le maire d'Ingrannes, qui avait le droit de prendre l'amende jusqu'à 60 sous parisis, recevait, par chaque jour qu'il besognait

(2) E, C. F., IIIo partie, ch. lo»*, passim.

pour le fait des forêts de Tévêché, 3 sous parisis et une poule pour son souper (1). L'Hôtel-Dieu, l'évéque d'Orléans et Tabbaye de Saint-Benoit avaient institué des maîtres des eaux et forêts. Cette dernière jouissait du droit de franchise dans sa ville de Fleury-sur-Loire, où les officiers royaux ne pouvaient pénétrer pour la poursuite des délits forestiers.

De temps en temps, une ré formation générale de la forêt était ordonnée; c'était une inspection passée par des commissaires spéciaux qui absorbaient, dès qu'ils entraient en fonctions, toute la puissance juridictionnelle et administrative des officiers ordinaires.

Il y en eut dès le XlIIe siècle, mais la première dont il nous soit resté des traces sérieuses date de 1456. Elle entraîna la destitution du grand-maître François Victor (2).

On en compte trois dans le XVIe siècle :

Celle de 1517, prescrite par une ordonnance royale de mars 1515, dont fut chargé Pierre de la Porte, avocat au Parlement, et à la suite de laquelle furent prononcées, les 21 et 25 janvier 1518, des condamnations fort rigoureuses contre plusieurs sergents convaincus de graves malversations. Quelques-uns des coupables durent faire amende honorable, ayant à la main une torche ardente, et sur la tête une mitre, où étaient représentés des arbres, soit debouts, soit renversés ; d'autres furent battus de verge, la corde au cou ; deux, enfin, furent pendus (3).

Celle de 1537, qui paraît avoir été très sérieusement

(1) Ar. D. Eaux et forêts, A. 2049.

(3; Archives de l'inspection forestière de Fontainebleau.

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