‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 76 sur 180 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

faite par MM. François de Saint-André, président au Parlement ; Augustin de Thou, président des requêtes ; Pierre de Watry, grand-maître des eaux et forêts de France ; huit conseillers au Parlement ; six conseillers au grand conseil, et deux avocats au Parlement. On assigna un commissaire à chaque Garde, pour l'administrer pendant tout le temps de la réformation, qui dura quatre ans (i).

Enfin, celle de 1557, confiée à Loys Dumoulin, sieur de Maulny, conseiller en la Chambre des eaux et forêts, au siège de la Table de marbre, à Paris, et à un avocat au Parlement (2).

L'administration des forêts fut complètement remaniée, en France, pendant la deuxième partie du XVIe siècle, et reçut, alors, la forme qu'elle garda, sauf des changements peu importants, jusqu'à la Révolution.

Les magistrats de la Table de marbre, dont la nomination avait été réservée au roi un peu auparavant, ne suffisant pas à juger toutes les affaires portées devant leur tribunal, on leur adjoignit six conseillers en 1543 ; puis on créa d'autres Tables de marbre à Rouen, à Vannes, et, successivement, auprès de chaque parlement.

La charge de souverain grand-maître de France fut supprimée en 1575, et le royaume, partagé entre six grands maîtres enquesteurs, généraux réformateurs des forêts. Orléans fit partie de la grande-maîtrise du Poitou, Saintonge, Berry, Orléanais, Blésois, dont le premier titulaire fut Jean de Villiers, seigneur de Marchais-Creux. Ce

(1) E. C. F., p. 392 et suiv.

nombre fut porté à douze en 1586, puis à dix-sept en 1587 et 1589, et alors Orléans dépendit du grand-maître établi es provinces de Berry, Orléanais et Blois.

Ces grands officiers centralisaient toute l'administration de leur département, sous l'autorité du contrôleur général des finances ; ils rendaient la justice et avaient voix délibérative aux audiences des juges en dernier ressort. Le pouvoir des grands-maîtres, au point de vue de la gestion du sol forestier, était considérable; ils tranchaient toutes les questions d'aménagement et d'exploitation ; chaque année, après leur tournée, ils transmettaient, aux agents des maîtrises, leur mandement pour les coupes annuelles; ils procédaient en personne aux ventes.

Des édits de mars 1523, juillet 1544, février 1554, janvier 1583, supprimèrent les maîtres des eaux et forêts, et les remplacèrent par des maîtres particuliers, institués dans chaque bailliage, sénéchaussée et juridiction royale ; puis créèrent, auprès de chaque nouveau siège, un procureur du roi, avec son substitut, pour remplir les fonctions de ministère public, un greffier, des huissiers-audienciers, enfin un garde-marteau, spécialement chargé des martelages et de la surveillance des exploitations.

Cette administration, fort complète, était appelée à rendre de grands services ; malheureusement, elle fut frappée au cœur aussitôt sa création. L'édit de février 1554 érigea, par un motif tout fiscal, les charges des eaux et forêts en titre d'offices vénaux; les postulants n'eurent plus que faire de connaissances forestières qu'on ne leur demandait pas ; ils n'eurent besoin que d'argent. Les seules conditions exigées étaient de savoir lire et écrire (ordonnance de janvier 1563) et d'être d'une notoire mora-

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