CHAPITRE III
lité, deux choses, assurément, fort recommandables, mais, dans ce cas, tout à fait insuffisantes. Puis un édit de février 1586 créa plusieurs titulaires pour la même place; chacun l'occupait à son tour, un an sur deux, sur trois, sur quatre, et s'appelait officier alternatif, triennal, quatriennal. Ce fut un moyen de battre monnaie (i).
Les attributions et Fimportance des grands-maîtres du duché se trouvèrent singulièrement diminuées. Entre le grand-maître des eaux et forêts de France et le maître particulier, établi à Orléans dès 1554 (2), il n'y avait plus guère de place pour un intermédiaire, qui cessa, en effet, d'exister en 1576, mais pas définitivement, car il y eut encore des grands-maîtres du duché jusque dans les dernières années du XVIIc siècle.
Le personnel de chacun des six sièges de Garde s'accrut, lui aussi, parfois d'un procureur (pour Vitry et Gourcy), puis d'un garde-marteau. Les lieutenanls et procureurs étaient de robe longue et généralement gradués, les autres officiers étaient de robe courte et montaient au tribunal l'épée au côté.
Le gruyer de Seichebrières avait également un procureur et un greffier. En 1550, lorsque cette charge entra dans la famille d e THôpitaL le titulaire ne touchait plus que 12 livres parisis par an d'appointements (3).
Au XVIe siècle, le ressort de chaque sergenterie fut, soigneusement, précisé et servit, ainsi que nous l'avons dit au chapitre premier, pour désigner une circonscription territoriale adoptée dans les actes officiels. Il y en avait
(!) Ap. H. y paascm.
[2) Ar. F. Lorris.
(3) E. C. F., passlm.
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quarante-deux : huit dans le Chaumontois, sept dans chacune des Gardes du Milieu, de Vitry et de Courcy, neuf dans Neuville et quatre dans Goumast.
Le nombre des sergents traversiers s'éleva à dixhuit (1).
L'administration forestière du duché paraît avoir laissé beaucoup à désirer pendant le cours du XVII® siècle. Nous trouvons, dans une ordonnance de S. A. R., en date du 8 février 1666, des remontrances au sujet des abus commis par les officiers de ses eaux et forêts, auxquels il défendit de posséder ou d'affermer aucune terre, aucun fief ou héritage , enclavé dans la forêt ou joignant celle-ci (2).
En 1671, M. Lallemant de l'Eslrées, chargé de la réformation de la forêt d'Orléans, aux termes de l'ordonnance de 1C69, et nommé, à cette occasion, grand-maître des eaux et forêts de France pour Orléans, Blois, le Berry, Roniorantin et Monta rgis, se plaignait, lui aussi, amèrement d'abus de toutes sortes qui s'étaient introduits à tous les degrés de la hiérarchie, et accusait la plupart des officiers de telles malversations que si l'on voulait, disait-il, leur faire rendre tout ce qu'ils avaient pris indûment, cela suffirait, et au-delà, à rembourser toutes les charges à leurs possesseurs. Ces derniers, de leur côté, dénoncèrent M. de l'Estrées, lui-même, comme le principal auteur de toutes ces prévarications, dont il profitait à peu près seul, prétendaient-ils. Un procès criminel s'ensuivit et
(!) Ar. F. Lorris.
(2) Ar. D. Pièces provenant des Archives de l'inspection forestière d'Orléans, non cataloguées.