CHAPITRE III
durait encore en 1673, lorsque, par suite de la saisie de sa charge par ses créanciers, le grand-maître dut se démettre de celle-ci (1).
Quoi qu'il en soit, un règlement du 15 avril 1671, homologué par arrêt du conseil du 21 mars 1676, fixa, ainsi qu'il suit, le nombre des divers officiers des eaux et forêts du duché, et détermina leur compétence plus exactement qu'elle ne l'avait été jusque-là.
Les grands-maîtres alternatifs des eaux et forêts de France, au département d'Orléans, Berry, Montargis, Blois, Romorantin et autres domaines et provinces en dépendant, plus tard seulement d'Orléans, Beaugency et Montargis (alors qu'il fut créé une dix-huitième grandemaîtrise), continuèrent à centraliser toute l'administration. Le total de leurs droits, journées de vacation, gages et chauffage s'élevait, pour chacun, à 9,000 livres, au moins, par an. En 1680, une charge de grand-maître fut achetée 144,000 livres.
A la réserve du comté de Beaugency et de la seigneurie de Montargis, le ressort de la maîtrise particulière d'Orléans, du siège principal^ comme l'on disait, s'étendait sur tout le duché et aussi sur celui de Chartres, où il n'y avait pas d'officiers du roi, quoique l'ordonnance de 1669 ait confié à ceux-ci l'administration des bois des ecclésiastiques et des gens de main-morte. Les deux maîtres particuliers alternatifs durent, à tour de rôle, l'un présider aux balivages, martelages et adjudications ; l'autre faire les récolements et tenir le siège de la maîtrise tous les samedis à dix heures. Ils avaient un marteau dont l'em-
(1) Ar. F. Orléans.
i48 HISTOIRE DE LA FORÊT D'ORLÉANS
preinte (trois fleurs de lys) devait être apposée sur les pieds corniers et les arbres d'assiette. Leurs avantages pécuniaires étaient estimés à la moitié de ceux des grandsmaîtres. Un lieutenant, qui touchait i25 livres de gages, 300 livres pour chauffage, et des vacations jusqu'à concurrence de 300 livres ; un procureur, qui avait 400 livres de gages, 300 livres pour chauffage et des indemnités ; un contrôleur; trois receveur* ; un greffier et des arpenteurs furent attachés au siège principal.
Les six maîtres de Garde jugeaient, en dernier ressort, les causes au-dessous de 42 livres et toutes les autres à charge d'appel à la maîtrise particulière. Ils devaient tenir audience une fois par semaine, au lieu de leur résidence, savoir : celui du Chaumontois, à Lorris ; celui du Milieu, à Châteauneuf-sur-Loire ; celui de Vitry, à Vitry, puis plus tard à Boiscommun, et enfin à Ghâleauneuf; celui de Courcy, à Gourcy ; celui de Neuville, à Ghanteau ; celui de Goumast, au hameau de Villeneuve, paroisse d'Ingré> Ghacun d'eux avait son marteau, sur lequel était gravée une seule fleur de lys, et dont les baliveaux devaient être marqués. Ils recevaient iOO livres de gages ; ceux du Ghaumontois et de Vitry, 150 livres pour chauffage; les autres, 60 livres seulement Ils prélevaient 400 livres, chacun, sur les sous pour livre payés par les adjudicataires, lors des ventes de bois, et avaient droit, de plus, à des indemnités par chaque arpent vendu.
Il fut créé une place de procureur par chaque Garde. Ges officiers touchaient 50 livres de gages et des indemnités. Ceux des Gardes de Vitry et de Courcy, qui, seuls, existaient anciennement, reçurent en plus, le premier, 90 livres, le second, 60 livres pour chauffage.