CHAPITRE III
Les gardes-marteau avaient les mêmes émoluments que les maîtres de Garde, mais des indemnités moins fortes, et 45 livr-es, seulement, pour chauffage. Il paraît que ces charges étaient souvent achetées par de bons bourgeois d'Orléans qui, pour ne pas se déranger, confiaient le marteau particulier dont ils devaient marquer les chablis et bois de délit à des paysans, ou même à des marchands de bois qui en abusaient. Le règlement de 1671 ordonna que les nominations seraient faites, dorénavant, sur simple commission et non plus à titre héréditaire.
La suppression des charges de gruyer de Seichebrières et de lieutenant de celui-ci fut prescrite, moyennant le remboursement de 6,000 livres pour la première et de 1.200 livres pour la seconde; mais ce rachat ne fut effectué qu'en 1719.
Les six sergents à cheval recevaient 22 livres 16 sous de gages, la même somme qu'en 1425.
Il en était de même pour les sergents à pied, dont le nombre resta fixé à quarante-deux, pour toute la forêt, et qui ne recevaient que 11 livres 8 sous; mais les indemnités, pour les uns comme pour les autres, étaient devenues plus considérables.
Les sergents traversiers avaient donné lieu, tout particulièrement, à de nombreuses plaintes ; la part qu'ils touchaient sur les amendes et confiscations prononcées d'après leur rapport était toutà fait insuffisante, et on les accusait d'autoriser des délits pour l'augmenter. Le règlement de 1671 remplaça les sergents traversiers par deux gardes généraux à cheval, dont la part des amendes fut fixée au quart, et qui reçurent, de plus, 60 livres par mois de gages. On en établit, un peu plus tard, un par chaque Garde.
Nul ne put, sans dispenses spéciales, remplir un office des eaux et forêts avant vingt-cinq ans.
La connaissance des crimes commis dans les bois et sur les eaux fut enlevée aux forestiers.
Enfin, la juridiction des maires de tous les tréfonciers ecclésiastiques fut définitivement supprimée, en ce qui concernait les matières des eaux et forêts, et les profits de la justice appartinrent tout entiers au roi (1).
Voici, jusqu'à la Révolution, les bien rares modifications que subit cette organisation :
La vénalité des charges de sergent avait fini par engendrer de graves abus. Nous voyons, dans une sorte d'enquête faite en 1687, que parmi les titulaires de ces charges on comptait, à cette époque, un procureur à Loury, un receveur au Moulinet, deux notaires à Ingrannes et à Sully-la-Ghapelle, un greffier de la prévôté de Chambon, deux cabaretiers, un boulanger, un fermier, cinq laboureurs, un enfant de quatorze à quinze ans. Naturellement, ils ne pouvaient pas remplir leurs fonctions forestières et se faisaient suppléer tant bien que mal (2). Au cours de la réformation de 1719, un arrêt du Conseil du 18 août de cette même année supprima, après remboursement, toutes les charges de bas-officiers de la forêt d'Orléans, et autorisa le prince apanagiste à commissionner tel nombre de gardes qu'il jugerait nécessaire, aux appointements convenables (3). Ce nombre, d'abord de vingt-cinq, varia souvent ; il était de trente-huit au moment de la Révo-
(1) Tous ces détails sont tirés de: Reg,; C, O.; et Ar. F. Lorris.
(2) Ar. D. Duché d'Orléans. Eaux et forêts, A. 1015.