‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 80 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

lution : sept pour le Chaumontois, autant pour le Milieu, quatre pour Vitry, six pour Courcy, neuf pour Neuville, cinq pour Goumast. L'uniforme se composait d'un habit de drap écarlate, doublé de serge bleue, avec parements en drap bleu ; d'une veste, d'une culotte et d'une redingote en drap bleu, le tout garni de boutons d'argent. Les appointements étaient de 300 livres, soit un peu moins de 600 francs, au pouvoir actuel de l'argent, auxquels s'ajoutaient le tiers des amendes prononcées sur les rapports faits par chaque garde (1).

Cette môme réformation de 1719 ne laissa subsister, pour toute la forêt, qu'un seul garde-marleau, qui acheta sa charge unique 28,000 livres, soit, au pouvoir actuel de l'argent, environ 45,000 fr. (2) ; en 1783, on les rétablit tous les six (3).

Divers édits, notamment celui de février 1771, ordonnèrent le rachat de tous les offices des eaux et forêts de l'apanage ; il ne paraît pas y avoir été donné suite. Nous devons à M. Leturcq, notaire à Lorris, la communication de l'estimation faite, à ce sujet, des offices de maître de la Garde du Chaumontois et d'huissier audiencier au même siège; la première fut évaluée à la somme de 15,010 livres, la seconde, à celle de 300 livres, seulement.

Les maîtrises furent l'une des premières parties de l'Administration française que la Révolution bouleversa. Une loi du 11 septembre 1790 supprima la juridiction spéciale des officiers des eaux et forêts, et l'attribua aux tribunaux

(1) Ar. D. Duché d'Orléans. Eaux et forêts, A. 1028 et 1037.

de district. Les procureurs du roi des maîtrises restèrent, toutefois, investis du rôle de ministère public; celui d'Orléans prit le nom d'agent national de la forêt d'Orléans.

Une loi du 29 septembre 1791 autorisa les gardes à faire toute perquisition ayant pour but la recherche des bois de délit, mais sous la condition de l'assistance des officiers municipaux; elle ordonna la suppression des maîtrises et institua, pour les remplacer, une administration spéciale, sous le titre de conservation générale des forêts.

Mais presque aussitôt, par une autre loi du 11 mars 1792, il fut sursis à cette réorganisation, et les anciens officiers continuèrent leurs fonctions provisoirement; les noms seuls ou à peu près furent changés ; le grand-maître devint un commissaire national; les deux maîtres particuliers, des agents forestiers, puis des administrateurs nationaux provisoires, ayant un certain nombre de gardesmarteau en sous-ordre

Vn décret des 15-20 avril 1792 leur conserva à tous leurs anciens traitements. Un autre du 5 février 1794 fixa le maximum des gages et indemnités réunis à 1,100 livres pour les gardes à cheval, et 500 livres pour les gardes à pied. Un arrêté du Comité des finances du 13 septembre 1795 augmenta les émoluments de tous les fonctionnaires publics de la valeur d'une livre et demie de pain par jour (1).

Que fut, au point de vue de la gestion de la forêt d'Orléans, cette administration des maîtrises à la fin de laquelle nous voici arrivés? Que valut-elle? Quel jugement général en doit-on porter?

(1) Ap. H., p. 10.

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