‹ Histoire de la Forêt d'OrléansChapitre 8 sur 180 · CHAPITRE PREMIER O · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER O

après Valois (4), traduit Leodica sylva par la forêt des Leudes, la forêt commune aux hommes libres ; il ne nous paraît pas prouvé que cet état de choses ait Jamais existé depuis la conquête romaine. Entîn, Quicherat (2) pense qu'il faut peut-être s'en tenir à l'explication de l'annaliste du monastère de Lobes, auteur du X^ siècle ^ qui rappelle, à propos de ce nom, que les peuples teuloniques appelaient Loo les voûtes de verdure formées par les arbres séculaires des forêts. Leodium, Legium, Logium, etc., seraient donc les diverses formes d'un mot que les barbares apportèrent en Gaule et par lequel on se prit à désigner les hautes futaies, aux Ve et VI^ siècles.

Quoi qu'il en soit, ce vieux nom tombe tout à fait en désuétude vers la fin du XIV^ siècle et ne paraît plus que de loin en loin, au XVe.

Il est remplacé, dès 1156, dans des lettres-patentes de Louis-le-Jeune, par nemonbus nostris Aurelianis ; dans d'autres, de Philippe-le-Bel, de 1292, par in foresta nostra Aurelianensi (3), mot qui devient, successivement : Orliens, Orlians ; enfin, au XlVe siècle, Orléans.

. La forêt avait pris le nom de la ville. Mais quelle est, à son tour, letymologie de celui-ci? Il s'est rencontré des auteurs pour faire dériver Orléans de ora Ligeriana (bord de la Loire). On a même essayé de faire entrer aurum dans sa formation, et Orléans serait la ville d'or! Le Maire (4) parle d'une vieille tradition d'après laquelle César aurait rebâti, lui-même, la cité gauloise qu'il avait brûlée

(2) Me. S., l. II.

(3) JB.-C. F., pp. 71 et 72.

(4) Ant., t. II, p. 3.

HlSTOlKli: DE LA FORÊT D'ORLÉANS

luraît donné le nom de sa mère, Aurélia. Ennn, beaui'écrivains veulent que ce soit l'un des empereurs Aurèle ou Aurëlien, morts, l'un en 180, l'autre en 275, ; reconstruil le vieux Genabum. C'est ch l'on o logiquepossible, car les plus vieilles formes du mol Orléans, anensis et Auretianorum civilas, n'apparaissent, pour iiière fois, qu'en 401, dans la NoUtia proeinciarum 'tUwn Galliœ; mais M. Loiseleur (1) penche pour la n suivante, qui nous semble, en effet, la plus pro- : les Aureliani seraient les administrés d'Aurelius, ; membre de l'illustre el ancienne gens Aurélia. lué ensuite au territoire qu'occupait cette populae mot aurait fini par désigner la plus considérable

forêt était partagée, au XIII^ siècle, ainsi que le itent les comptes de 1285, en un certain nombre de a, dites BailUes, et un peu plus tard. Gardes, dont tms se sont conservés presque jusqu'à aujourd'hui. dittiBoscus Calvimontis, la Garde du Chaumontois; s Guardm de Medio, la Garde du Milieu ; Bosciis Vicia Garde de Vitry ; Boscus CourUid, la Garde de ;y; Boscus Aurelianensis, la Garde d'Orléans, plus de Neuville; Boscus de Gometi, la Gai-de de Gou- (2).

Chaumontois, la partie la moins complètement plate furet, était, vrai semblable me ut, dénudé dans ces s anciens. Vilry, Courcy, Neuville, sont trois villages ainsi que nous venons de le dire, le nom se termi-

Me. S., t. XIII. (UM. Bailly el Loiseleur.) E, C. F., p. 62.

CHAiPITRE PREMIER 5

nait par « aux-Loges ». A Iti foresta Gometi était jointe, dans le principe, la Foresta Melleim; ce dernier nom, qui vient peut-être de Meung, disparaît à la fin du XIII<» siècle. Il y a encore, dans la commune de Chaingy, un lieu dit Goumat; c'était une ancienne villa royale qui fut donnée, par Philippe I'^^ au prieur de Saint-Laurent-des-Crgerils (1).

Lors de la réformation de 1671, nous trouvons ces Gardes partagées en quarante-quatre sergenteries, dont voici la nomenclature exacte, par ordre alphabétique :

Dans le Ghaumontois : les Bordes; Breteau; Ghappes-en- Bois; Gourcambon; la Fontenelle; le Moulinet; le Parc- Garnier; la Petite-Forêt; Ravouart, maintenant Ravoir; le Viverot.

Dans le Milieu : le Grot-aux-Sablons ; les Fois ou les Foyes ; le Frétoy; le Grand-Mordeux, plus anciennement Grommordeu; les Potteries ; la Queue-de-la-Reine, plus anciennement la Guève-à-la-Reine ; Tyvoin ou Tivoi.

Dans Vitry : les Bois-Bezard ; les Grands-Buissons ; la Cordelière ou Gordilière; la Gourie; la Haulte-Voye; le Rotoy, plus anciennement Boortoy, Boortellum, Roorteium; la Vieille-Taille, figurant sous le nom de Vetiis Taillia, dès le XIII^ siècle.

Dans Courcy : le Bois-Guillaume ; le Bois-Thomas ; Ghastillon; la Goulinière; l'Ormoye; les Ripaulx; lesTorillières ou les Trilières.

(1) Lâchaire (Cartulaire de Louis VI, pp. 129. 130) donne la / CL. charte 'de confirmation dont voici un extrait ; . ... Vlllam quoque Gonetum nomlne quam pater noster cum suis habitatoribus eadem Ubertate donatis supradictis fratrlbus impendit, quam nlmirum de proprio regall jure esse constat, excepta sylva

Dans Neuville : les Bois-au-Duc; les Bureaux; les Coulvreux; les Domaines ou les Demaines; Loury; le Marcilly; Planquine; les Poteryes, Segry.

DansGoumast: les Bonneveaux ; le Charme-Blanc; Gémigny; Trélande (1).

Enfin, à Toccasion des aménagements qui furent faits, sous le règne de Louis-Philippe, des diverses parties de la forêt, on divisa celle-ci en cent dix cantons. Le nom et les limites de ceux qui n'ont pas été aliénés depuis lors sont indiqués sur la carte jointe à ce volume. La commission nommée, en 1884, pour réviser les aménagemenis de 1867, 1869, 1871, 1873, a cru devoir remanier certaines de ces divisions. De tels changements, quelque peu importants qu'ils soient, sont toujours regrettables, car ils ne peuvent qu'apporter de la confusion, et nous n'en avons pas tenu compte dans notre travail.

Outre ces noms, nous avons relevé tous ceux des climats, lieux dits, ventes, etc., que nous avons trouvés dans les divers procès-verbaux de réformation et les vieux plans de la forêt ou autres documents que nous avons pu nous procurer. Nous avons recueilli, ainsi, en tout, douze cent quarante-huit noms forestiers.

On est de suite frappé, en parcourant cette longue liste, du nombre considérable (trois cent soixante-dix, soit presque le tiers) d'appellations inspirées par l'état humide du pays. On ne rencontre que fontaines, mares, fosses, marchais, noues, gués, et aussi les mots, non moins significatifs, de Piffe-Grenouilles, les Mollières, la Patouillerie, dans Vitry ; les Grenouillères, les Moillepieds, dans

(1) Ar. D., Duché d'Orléans, Eaux et forêts, A. 1019.

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