CHAPITRE III i
chien fut transféré à Loury. Puis les aliénations considérables dont nous avons parlé au chapitre premier entraînèrent le remplacement des deux cantonnements de Loury et de Ghambon par un seul, dont le siège, fixé d'abord à Ghilleurs, fut établi à Pithiviers le 9 avril 1864. La forêt se retrouva donc partagée en cinq parties, correspondant, à peu près, aux cinq premières des anciennes Gardes, la Garde de Goumast ayant été, entièrement, aliénée sous le deuxième empire, comme nous l'avons dit au chapitre premier. Il en est encore ainsi aujourd'hui.
Le nombre des brigadiers, fixé à quinze, n'a pas changé depuis. Celui des gardes a souvent varié ; il est actuellement de quarante-sept, et celui des gardes cantonniers de quatorze.
L'uniforme redev int vert et argent, mais cessa d'être donné gratuitement.
Les traitements étaient alors de 4,000 à 6,000 fr. pour * les inspecteurs, de 2,700 à 3,200 fr. pour les sous-inspecteurs, de 1,800 à 2,200 fr. pour les gardes-généraux, de 1,200 fr. pour les gardes-généraux adjoints, de 600 à 800 fr. pour les brigadiers, de 500 fr. pour les gardes.
Un décret du 29 avril 1862 retira à l'administration des eaux et forêts (depuis lors des forêts) la surveillance et la police des canaux, rivières, ruisseaux et cours d'eau.
Par décret du 15 août 1870, tout le personnel forestier du centre, dans lequel étaient compris les agents et préposés des deux inspections de la forêt d'Orléans, fut mis à la disposition du ministère de la guerre. Le 30 août, trente préposés, avec le sous-inspecteur, chef de la commission chargée alors de l'aménagement de la forêt, et le
garde-général, chef du cantonnement de Châteauneuf, furent envoyés à Paris et incorporés dans un régiment formé de douze cents forestiers, venus de tous les points de la France, qui resta, pendant le siège, cantonné à Auteuil et affecté au service du sixième secteur. La garde et la défense des portes, le soutien des avant-postes, des ponts de Sèvres et de Saint-Cloud, la surveillance du Boisde-Boulogne, telle fut l'occupation spéciale dé ce corps de troupes, jusqu'à l'armistice. Le 5 mars 1871, le régiment fut licencié, et les forestiers d'Orléans vinrent reprendre le marteau, échangé depuis plus de six mois contre le fusil chassepot. Un garde, cependant, manquait à l'appel, le pauvre Jousselin, qui s'était offert pour traverser les lignes ennemies avec des dépêches, avait été arrêté et fusillé par les Prussiens. Deux brigadiers et dix-sept gardes avaient été, par ordre du général commandant l'état de siège dans le Loiret, tenir garnison à Orléans, où ils restèrent jusqu'au 13 octobre ; ils furent employés à servir de guides et d'éclaireurs soit aux francs-tireurs, soit aux troupes régulières, qui traversèrent plusieurs fois la forêt, puis à faire exécuter, dans celle-ci, par les habitants du pays, requis pour cela, des travaux de défense : tranchées avec épaulements, chevaux de frise, etc.
Un décret du 2 avril 1875 fit entrer régulièrement l'administration des forêts dans la composition des forces militaires du pays. Les agents d'un grade inférieur à celui d'inspecteur et les préposés furent organisés, par conservation, en compagnies de chasseurs forestiers; ils furent armés et astreints à certains exercices; ils doivent être mis à la disposition du ministre de la guerre, pour seconder