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CHAPITRE III

Dès 1318, une ordonnance empêchait, à moins de lettrespatentes, de faire des cendres dans les forêts ; c'était alors un moyen de tirer parti des bois encore sans valeur.

En 1453, le fait d'allumer du feu, dans la forêt d'Orléans, au pied d'un chêne, était puni d'une amende de 5 sous parisis si l'arbre était sec, et de 15 sous parisis quand il était vert (1).

Les ordonnances de 1518, mai 1520, 9 novembre 1547, 12 février 1566, confirmèrent la première de 1318.

Celle de 1669 défendit d'allumer du feu dans n'importe quel bois, à peine de punitions corporelles, énoncées dans une déclaration du roi du 13 novembre 1714. C'étaient, pour la première fois, le fouet ; pour la deuxième, les galères. Celui qui avait agi par malice encourait la peine de mort. Cette déclaration punit de la même manière l'action d'allumer du feu dans l'espace d'un quart de lieue des forêts, landes et bruyères (2).

Dès les premières concessions de pâturage, on en privait les usagers qui n'avaient pas porté secours dans un incendie et n'étaient pas accourus au cri donné par le maître de la Garde, comme l'on disait (3). Puis, nous trouvons, dans la plupart des titres, l'interdiction absolue de pâturage- dans les parties incendiées depuis un certain temps. Un arrêté du Conseil de 1719 étendit cette défense à un délai de dix ans (4).

Malgré ces précautions prises, du reste, à peu près les mêmes pour presque toutes les anciennes forêts royales,

(4) Ar. F. Lorris.

une partie, du moins, de celle d'Orléans, la Garde da Chaumontois, parait avoir été, depuis longtemps, désolée par les incendies.

Dans la liste que nous avons dressée des vieux noms forestiers, il s'en trouve quatre, pour cette Garde, exprimant l'idée de bois brûlés : le Brulardin, les Grands- Brûlis, les BruUs-du-Bouleau, la Bruyère-des-Feux ; tandis qu'on n'en rencontre qu'un seul pour chacune des Gardes du Milieu et de Vitry, deux pour chacune de celles de Courcy et de Neuville, pas du tout pour celle de Goumast.

Au siècle dernier, le canton de la Fontenelle, au milieu du Chaumontois, était si souvent réduit en cendres que Plinguet en prescrit, pour cette raison, l'exploitation à vingt ans, ajoutant que les incendies y sont tellement fréquents qu'on doit s'attendre à voir, rarement les bois atteindre l'époque de cette révolution, sans qu'on soit obligé de les recéper (i).

Enfin, nous avons relevé, dans les archives des deux inspections du département, les années où la forêt a été le plus éprouvée par ce fléau, depuis le milieu du XVIIe siècle :

1683. Incendies nombreux et importants.

1685. Un incendie parcourt 700 arpents de bois, dans le Chaumontois.

1690. Nombreux incendies.

1691. Nombreux incendies.

1693. Nombreux incendies.

1707 (mai). Un incendie parcourt 5,000 arpents compre-

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