CHAPITRE IV
leurs domaines les habitants qui n'auraient pu y vivre si on n'avait laissé à leur disposition des pâturages pour leurs bestiaux, du bois pour bâtir leurs maisons et pour se chauffer. Puis, ces tolérances étaient fort peu onéreuses, car le bois pourrissait sur place faute de quelqu'un pour l'enlever, et les plaines couvertes de bruyères n'étaient pas rares.
Les premiers documents, sur ce point, dont la trace soit venue jusqu'à nous, remontent à Philippe l^^ et concernent l'abbaye de Saint-Mesmin (diplôme de 1022), et les prieuré et village de Saint-Laurent-des-Orgerils (1).
Mais c'est à partir de Louis-le-Gros que les actes, soit primordiaux, soit, beaucoup plus souvent, récognitifs, des ducs et surtout des rois, commencent à apparaître en grand nombre.
En 1493, cent soixante-neuf collectivités d'habitants ou personnes. déterminées jouissaient de droits d'usage dans la forêt d'Orléans, savoir: quarante-quatre paroisses entières ; soixante-douze maisons ou lieux particuliers ; seize seigneuries ; vingt-trois établissements religieux ; quatorze individus, à cause de leurs fonctions religieuses ou laïques. Une seule autorisation était valable pour toute la forêt ; seize pour les climats de Mont-de-Brenne et Cour-
syloahabeat poiestatem, neque ah illo, cujus sylva est, repellatur Si guis vero quemquam de jacentlbus et non fructifères arhoribus lignum uslbus suis necessat lum prœsumere fartasse non permlserlt, ac si et plgnora tulerlt, restitutls In triplum pignorlbus, inférât muletce nomlne soUdos seoo.
(l) Nous avons puisé les renseignements qui suivent sur les divers droits d'usage, sauf indication contraire, dans le Lwre des usages de la forêt d'Orléans (Ar. D., A. 2049), puis dans les chapitres lor et ii^ de la II*-* partie de E. C, F,
- cambon (Petite-Forêt-de-Saint-Benoît) ; vingt-cinq pour le reste du Ghaumontois ; vingt-deux pour les Gardes du Milieu et de Vitry ; quarante-trois pour celles du Milieu, de Vitry et de Courcy ; trente et une pour celle de Vitry ; trente et une pour celles de Neuville et de Goumast. Les actes de concession ou de confirmation datent, surtout, des règnes de Philippe-le-Bel, Philippe VI de Valois, Charles V, et tout particulièrement Charles VI. Ces usages s'exerçaient non seulement sur les bois royaux, mais sur les bois en gruerie, où, de bonne heure, les propriétaires ne possédaient même pas pour eux de droit qui n'ait été autorisé par le souverain.
Il existe, cependant, un petit nombre d'actes fort anciens, émanant des tréfonciers. On en mentionne huit des évêques d'Orléans et du chapitre, en faveur : de l'abbaye de la Cour- Dieu, du prieuré de Saint-Nicolas-des-Landes, de celui du Gué-de-l'Orme, de la cure de Chilleurs, de la seigneurie de Tréfontaines (Chilleurs), de celle de Chamerolles, de la mairie d'Ingrannes, de l'hôtel de Mont-Poulin (Mareau) ; w(\ ( l\?^^"^ ^®^ abbés et du chapitre de Saint-Benoît, en faveur : de la seigneurie de Ljflârf(Neuville-aux-Bois), des mairies du Mesnil-Brétonneux (Bouzy), d'Aluran, de Châtenoy et de Vieilles-Maisons ; un de Thibaut Gaudin ou Gaudigny, chevalier, en faveur de la paroisse de Gidy ; un enfin de Condard de Berges, seigneur de Marigny, et de sa femme Gillette, en faveur de la paroisse de Marigny. Tous sont antérieurs au XVe siècle.
Un certain nombre de droits d'usage furent inféodés et concédés en plein fief, à charge de porter foi et hommage au seigneur suzerain, presque toujours le roi. Les nobles devaient les divers services féodaux, qui étaient remplacés,