‹ Histoire de la forêt de SoigneChapitre 6 sur 27 · bonnlersenl · texte numérisé non relu

bonnlersenl

RValuation fantaisiste.

CartedeG.DeWauller:

traversée par le Cassy-wegh leydende naer Groenendael, Au delà de la parlie de terres à enlever (aftesnyden parieye aerdeiverckjf s'étendent, en une délicate perspective, les mamelons sylvestres, couronnés d*arbres verdoyants.

Chose assurément curieuse et qui démontre que la superficie du domaine fut en général établie de manière assez fantaisiste, sous la domination française la forêt semble conserver ses proportions anciennes. Bien que des coupes désastreuses y aient été pratiquées, bien que des parties énormes aient été défrichées et livrées à ragriculture, les documents contemporains fournissent les anciens chiffres.

Voici ce que nous lisons, en effet, dans la Statistique du Département de la Dylo pour Tannée 1800 : « La presque totalité du département est cultivée, mais on y remarque encore la belle forêt de Soignes (i), reste de cette vaste forêt des Ardennes, qui couvrait Tancieune Belgique. Elle contient 8,263 bonniers (ancienne mesure du pays), 16 526 arpents de Paris, environ 7,296 hectares carrés. La forêt de Soignes s'étend à l'orient jusqu'à Yssehe, à l'occideut jusqu'à Buyssinghen, au midi jusqu'à Ransbeck, et au nord jusqu'à Saint-Piene-Woluw e, en s'approchant à un kilomètre de Bruxelles. Le terrain que cette forêt occupe est inégal, et présente une grande variété de sites.d'où l'on découvre alternativement, et quelquefois ensemble, des hameaux, des vallons, des étangs et de petites plaines cultivées, des collines et des ruisseaux (2). »

Il suffit d'ailleurs de considérer les limites données par l'opuscule officiel pour être convaincu que l'auteur comprend dans la forêt de Soigne tous les bois périphériques, tous les bois voisins. Dans ces circonstances, l'évaluation exacte devenait difficile. D'autant plus que la forêt, naguère propriété ducale, avait été morcelée par les envahisseurs. Son territoire, essentiellement particulier durant des siècles, fut réuni aux communes adjacentes (3). C'est encore la situation actuelle.

La première en date des cartes de la forêt de Soigne exécutées au XIX® siècle fut levée par G. De Wautier, « ci-devant du corps d'artillerie autrichien ». J.-B. Jouvenel la grava en l'an 1810. Cette « carte topographique de Bruxelles et de ses environs », comme l'auteur l'intitule, est « dédiée à Monsieur le Sénateur d'Arenberg, comte de l'Empire, chevalier de la Couronne de fer et de la Légion d'honneur ». Malheureuse-

(i) C'est la deuxième fois que Soignes s'orthographie de cette façon.

(2) Page 37.

(3) Alphonse Wauters : Histoire des Environs de Bruxelles, vol. III, p. 37a.

ment» la forêt^ qui occupe environ le quart de la planche, est coupée par le cadre à hauteur de Hoolaert et de la Petite-Espinette. Le vieux domaine ducal est indiqué par une épaisse ligne noire. Sa superficie est à peu près identique à celle de la carte de Ferraris. Un petit bois, devant l'abbaye de la Cambre, prolonge le massif jusqu'aux étangs d'Ixelles.

Depuis la route de Boendael jusqu'à la chaussée de Louvaiu, une avenue de gros arbres, formant à peu près un angle droit à hauteur de ten Bemely tranche en deux le bois de Linthout, encore très vaste et qui s'étend d'Ouderghem à Saint-Josse-ten- Noode, par les deux Woluwe et Boodenbeke. Au nord du tronçon de bois bordant Ixelles, à droite de la chaussée de- Wavre, en face d'un moulin à vent, dont aujourd'hui subsiste la maçonnerie, est la Chasse, actuellement la Chasse Royale. Le pavillon élégant que le prince de Lorraine y avait construit a été démoli il y a un quart de siècle à peine. Vers l'est, les arbres s'avancent jusqu'à Stockel, après avoir limité ten Boven Berg, sur la rive droite de la Woluwe.

A proximité de Tervuercn -près de l'orée, non loin du chemin menant à Ophem, quelques hachures montrent la place du a château Charle Démoli », endroit où poussait, au x vu® siècle, le superbe arbre de Hochvorst. Ce castel, qui ne figure pas encore sur la carte de Ferraris, eut une existence éphémère. Près d'Ophem, au milieu de la route allant à Tervueren, nous apercevons «l'Epine», un bel arbre majestueux. Près de Duysbourg, le classique Schooneii Boom élève toujours sa grosse tête chevelue vers le ciel, comme au temps de l'archer Van Werden et de Lucas Vorstermans, junior.

G. De Wauthier a, lui aussi, divisé le domaine en «senglcs» : LaHeeghde, Cortenbosch^ Ossenbuck, les Bonniers, laViiylbeke, Dieperick, le Reigeren, le Caiidael (Vallée froide, qui, appelée* longtemps Coedael ou Vallée des Vaches, retrouve son nom véritable). Les étangs : De 3 Flosschen^ subsistent. Quant au couvent des Capucins, il a déjà complètement disparu. On voit les pelouses régulières et symétriques de son admirable parc. Les deux fragments de la forêt à l'ouest de la chaussée de Waterloo, l'un entre la première Heeghde défrichée, Bootendael et Langevelt, l'autre entre ce hameau et Carloo dit Saint-Job et Vivier-d'Oye, n'ont pas été entamés par la cognée des bûcherons. Et Cortenbosch (le Bois court), qui donne un suprême démenti à son nom, avance aussi jusqu'à Glatzbeek, à 5oo mètres à peine de la chaussée d'Alsembergh.

Le même géographe, qui habitait, à Forest, une belle maison de campagne située au sud de l'ancienne abbaye, non loin de la rive droite de la Senne, a laissé des environs de Bruxelles une

La Chosse Royale.

Le cbftteau Charle.

Sengles.

Grande carte de Wautier.

Limites ouest.

Sablonnière.

Pilori.

énorme carte manuscrite, infiniment féconde en renfieignements et qui permet, par exemple, d'étudier la forêt de Soigne dans ses moindres détails. Ce merveilleux document, conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale, a été exécuté peu de temps après la bataille de Waterloo. Les levées auront certainement réclamé plusieurs années de labeur infatigable.

La forêt naît à Touest de Tabbaye des Cisterciennes, qui est précédée du « bois de la Cambre ». La limite depuis la maison de (c un Maréchal », jusqu'au delà de la « ci-devant Couronne d, reste à droite de la chaussée, si nous regardons vers le nord. Puis, de l'autre côté du pavé, elle va jusqu'à proximité de la petite ferme dite Koeyvoet (pied de la Vache), et d'où, par Leykstraete (rue du Cadavre (i), on gagne les « ci-devant Récollets de Boitendael, à M. Tiberghem ». Revenant à l'est, la forêt passe derrière la chaussée, découvrant le hameau de Langeveld. Repassant la grand'route, le bois s'arrête au chemin de Saint- Job à Forest. Mais le domaine proprement dit cesse au tiers de l'étendue : le reste est formé par den Dicken Bosch (le Gros Bois), et Grooten Bosch (le Grand Bois). Jusqu'au Vivier-d'Oye, les bornes suivent une pépinière et Cluys-bosch (bois de l'Ermitage).

La forêt contourne le hameau de Vivier-d'Oye, dessine un rectangle sous l'amorce de l'actuelle drèveMu Maréchal. A cet endroit, dans le haut nous trouvons une sablonnière, dans le bas un «ci -de vaut Etang». Maintenant, franchissant une deuxième fois la chaussée, la limite au niveau du Castel de Carloo, « au Prince de Ligne », descend presque en ligne droite, puis remonte obliquement jusqu'à l'entrée du hameau de Glatzbeek. La forêt redescend vers le sud-est, longe le Rommeleer (Tapageur), Bremenbosch (le bois des Genêts), Jouffrouwen bosch (le bois des Jeunes filles), Ellenboghe (le Coude), SchlageSj Krechtenbroecky Lansrode; à hauteur des Vyvers van ter Caemer, à Torée de la forêt, est la chapelle Sainte-Anne, au sud de la venelle conduisant à 1' « anciennement Cauters Hut^ actuellement GrandeEspinette». L'abornement décrit bientôt un feston horizontal, fait une pointe autour du chemin allant à la censé Ingendor et à gauche duquel se dresse un pilori. A partir de cet endroit la futaie pousse un rameau jusqu'au bois de Hal, en

(i) Selon M. Léon Yanderkindere la leykstraete ou le lykweg sont considérés comme des voies ayant un caractère public : ce sont les chemins des cortèges funéraires. En Ostfrise, nous apprend l'éminent historien, le nothweg (équivalent du leichweg) devait être assez large pour permettre que la voiture ponant le corps pût passer, sans qu'une fiancée ou une autre femme revêtue d'une mante fût froissée. — Deux notes à propos d*UccU, pp. i3et 14.

bordant ElderiDge, la « Bruière dit Croot Heyde, hameau Boas Tourneppe », et la pro\ince de HaiDaut.

Remontant, à peu près parallèlement à la route de Wautier- Braine au « ei-devant Prieuré de Sept Fontaines», la lisière suit les prairies des coQBes de Ilam, d'Audegin et le Tuliso. Un large golfe, entre la Chapelle : « Notre-Dame d'Haï » et le Culot et la route allant à l'ancien Pasttiers Plas, dégage la censé et le hameau l'Ermite, « anciennement Fermier Gobbe ». A quelques cent mètres au sud nous lisons ces mots, tracés au crayon à côté d'un plan de ferme : « Censé d'Abeiche, ou le Prince d'Orauge fut porté blessé ». Marchant vers l'est, nous trouvons une seconde crique, sur le territoire de le Clienois ou Revelinge.

La forêt fait une avancée et redescend en peute légère jusqu'à Waterloo, dont les maisons sont ombragées par les arbres de l'orée. Celle-ci encadre, à gauche de ta chaussée, la «Grande Chapelle bàtio eu i685 par Charles II, gouverneur général dos Pays-Bas, prince Espagnol».

Plus bas, en dehors du massif, à la bifurcation du

La Prison Je Trois Fonlolnps «t sa. onvlr.,us. cii tm. chemîu meuantau

Mil du plan Inidll d. la ^luHHie d-AuJ.rfLon II jMU^Ky.k. .«mvilê p.r , ■ ,

tumua A.-D. Bciiin. (AiciiLt» (iuùriiH du lui.umc. t Bniiciici). « reste de la censé

de Waterloo depuis la bataille de i8i5 », se dresse le « vieux Château du général Jaco, bâti eu i6g8, où il est mort ». A droite de la chaussée, les principale» constructions du village suut indiquées par des fanions : <( Le petit Paris, le Cheval Blanc, le Soleil, Jean de Nivelles, l'ancien Hôtel de Ligne, le duc de Wellington, prince de Waterloo, où a été porté le prince d'Orange blessé. »

La futaie creuse un vide, repasse la chaussée près du château du généraIJaco, et enveloppe la grand'route jusqu'au chemin de Sar-Monlin, hameau de Joly-Bois. Au Roussart se détachent deux fragments de taillis qui s'arrêtent à la censé de Tierle Haye. De là jusqu'au « Bois dit le Mot, dépendance de la forêt de Soigne >, l'aboruement eu général rectiligne est indiqué par Galmar, La Ramée, Longue-Queue : « château et chapelle». Ici, profond cul de-sac, encadrant la chaîne des

trois étaDgs de la Levers Beeck. La Sylver Beeck (Ruisseau d'Argent), qui continue à faire tourner le « Moulin délaissé cidevant du Prieuré », limite la forêt jusqu'au chemin de l'Hessc, par La Hulpe.

Ayant pour centre le chemin de Nivelles à Louvain, la forêt La Hiiipe. crée sur le territoire de cette commune de La Hulpe un frag-

ment quasi carré, vaste presqu'île qu'un bras peu large relie au massif épais entre la route de la Croix-Lorraine et la route des Petits-Etangs. Les bois, passant au-dessus de cette dernière, sont traversés par la route des 3 Bonniers et la chaussée de ïloolaert à La Hulpe. Ils envelopi^ent, en demi-cercle, Nille- Velt, den Paloker et Ter heyde. De Hoeylaert à la ferme Terrest et à la chaussée de Wavre, le domaine précise successivement, en lignes absolument drDites, le « Champ dit V Siekes », le « champ dit den Caudael », le « hameau dit Vlierheek », le « bois dit V Rosieboscli », le « champ dit den Coûter van Terrest ». Ce sont là les anciennces terres de la princesse douairière de Salm-Kirbourg.

Limites nord-est. Au nord de la chaussée, la foret s'arrête, au bord de la

feuille, en une ligne horizontale longeant le Terrest Velt et descendant de manière oblique, jusqu'à het Nieuwhiiys. Nous retrouvons la limite plus haut, près de Tervueren. Tout d'abord dentelée, elle passe derrière les jardins et les labours de Revesteyn, suit, jusqu'à la chaussée d'Ouwerghem, la droite du chemin; au delà, elle enveloppe la route de Stockcl, fléchit, revient vers la chaussée, contourne les anciennes propriétés de Rouge-Cloître. Tout ce tronçon est serré par les bois épais de Hoogvorst et de Rouge-Cloître. La forêt ceint alors les terres du prieuré supprimé, j usqu'au « chant des Grenouilles », à droite de la chaussée de Wavre. Elle redescend sur le territoire de Boitsfort jusqu'à la Cr/ppe/is Belle, avance et encadre les six étangs alimentés par la Viiylbeek. Puis les bornes remontent jusqu'à la chaussée de La Hulpe.

A l'angle de la forêt, près d'une venelle allant en ligne droite à Boendael, nous voyons la « ruine de l'Edifice dit S* Heeren Huys ». De cet endroit, en courbe, la futaie s'approche du Le iHrirtff. Diewegy dessine deux dentelures à angle droit, draj)e vérita-

blement la route d'IxelleS à Boendael, et finit, en nouvel angle droit, en face d'une carrière ouverte au milieu des labours de la Cambre.

Il y a quelques mois à peine, M. Léon Vanderkindere a consacré à ce Dieiveg une fort attachante étude (i). Le célèbre his-

(i) Deux notes à propos d'Uccle, p. 3 à i5. Extrait des Bulletins de VAcademie royale de Belgique, décembre iî;o4

torieii constate que, sur le territoire d'Ixelles, le chemin a conservé son nom primitif, depuis son point de départ, c'est-àdiro depuis le hameau de Boendael; il ajoute qu'à Uccle il est parvenu à le lui restituer dans sa plus grande partie, car, il y a quelques années, on l'avait décoré du titre d'avenue de l'Observatoire. M. Vanderkindere établit, de façon admirablement claire et judicieuse, rét3'mologie de cette appellation, auparavant assez obscure pour beaucoup : ce Dietveg est l'abréviation de Diet'Wegy Died-weg, c'est-à dire la via populi, via publica. » En effet, le sens du mot diet : popiiluSy est bien connu. « De Diet, peuple, est venu dietsch, la langue populaire (le flamand)... » Le {/leu^eg* est donc un chemin public; on le retrouve, sous des formes ortographiques différentes, dans le Limbourg, en Saxe, en Westphalie, en Scandinavie. L'éminent auteur que nous citons remarque, en terminant, que « l'existence d'un dieweg à Uccle est un témoignage frappant de l'antiquité de la localité ».

Tout autour de la forêt sont des parties boisées qui ont été récemment livrées à l'agriculture. Wautier de Beren, comme il s'appelle lui-même sur la carte, les a levées soigneusement. De la chaussée de Waterloo, Vleurgat, et le chemin menant a la porte de Hal, jusqu'au delà de la chaussée d'Alsembergh, le bois « dit Seven Blinder », le Spytigen Diivel, par het Katte ivye (Prairie du Chat) et de Moetier (champ de la Mère), ce sont les « terres défrichées de la Ileeghde » et le « bois dérodé de Berckendael ». Au hameau de Langeveld, entre la forêt de Soigne, la chaussée de Waterloo et la ferme du Pied de Vache (Koeyvoet), autre bois dérodé. Quatrième partie défrichée, entre la forêt et le chemin de Boendael, à proximité de\aS*HeerenHuys. Entre la Cambre et la chaussée de Wavre, une notable superficie du Sol bosch a été dérodée en 1802. Trois parcelles de Soigne, absolument détachées, sont perdues, comme des îlots, sur le territoire de Boitsfort, au nord de la chaussée de La Hulpe.

L'ancien officier autrichien devait avoir longtemps hanté la forêt; il l'aimait d'une affection profonde. Car il a orné sa carte de remarques topiques au sujet des lieux les moins connus et des voies de communication les plus délaissées Dans le massif de la Heyde ou Heeghde, il indique une sablonnière au coin du chemin unissant la chaussée de Waterloo au Diewegy chemin qu'il dit « très fréquenté ». La longue avenue, aujourd'hui la drèvo du Caporal, naissant à la Cambre et suivant parallèlement la drève de Lorraine jusqu'au Ossen Biick, est « peu fréquentée ». Au carrefour de la chaussée de La Hulpe et du cliemin allant de « lanciennement Kesselaere Pleyn » à Hoeylaert, on

Parcelles labourées.

Lieux peu connus.

rencontre, à droite un a Pin planté dans un bac », à gaucbe un « Ban de Repos ».

Un petit chemin, parallèle aussi à la chaussée de La Hulpe, et s'amorçant à la route vers NotreDame-au-Bois, n*est « pas fréquenté ». Un chemin da Caudael, traversant sur toute sa longueur, du nord-est au sud-ouest, le fragment borné par le bois des Rosiers, est « impraticable ». La route, aujourd'hui si mouvementée de Notre-Dame-au-Bois vors Duysbourg, est, elle aussi, ce peu fréquentée », tout comme un méandreux chemin qui la coupe, dans la direction de Tervueren. Quant à la route conduisant à la barrière de ce dernier village, c'est tout simplement un « mauvais chemin ». Une autre, plus orientale, vers Owergem, est « difficile ».

Eungs et ruisseaux. Bcaucoup d'étangs et de ruisseaux, aujourd'hui disparus,

paraissent encore sur la merveilleuse carte de Wautier de Beren. D'autres, que nous ne découvrons sur aucune carte antérieure, même parmi les plus anciennes, sont portés à notre connaissance. Dans l'enceinte de l'ancien prieuré de la Cambre, il y a deux grandes pièces d'eau, s'unissant en angle droit. Dans le coin ouest septentrional de la « Sengle de la Heeghde », à la naissance de l'actuelle drève du Maréchal, il y a un « ci-devant étang ». A l'angle obtus que fait la chaussée de Waterloo entre le « ci-devant Fort Jaco » et le « ci-devant Saint-Hubert, actuellement la Petite-Epinette », un filet vert précédé d'une croix, signale la « Source ci-devant dite de Nonne Borre » Sous la Petite-Espinette, dans les fourrés de la « Sengle le second Kortenbosch », est « l'anciennement Cassel Plas » : Mare de Cassel. Plus bas, à gauche de la chaussée, est « l'anciennement Mempleck, eau ».

A peu de distance de la Croix des Veneurs, bordant le chemin qui vient de la Grande-Espinette, jadis Cauter Hut, la Naille Plas^ « ci devant eau », coupe la chaussée comme un large cimeterre effilé. Avant d'arriver à la route de Waterloo, tout au sud du domaine, est « l'anciennement Pastiiers plas ». Contre la route de la Meute et le chemin de Groenendael à Longue- Queue, au bout de la venelle allant à la Sylver Beeck, en passant i)rès du (c ci-devant Relais do Chasse », est « l'anciennement Eynden Plas ». Au fond de la crique labourée d'où part, vers Malayse, la route des Petits-Etangs, nous retrouvons Les Fioos. Reiikeloos Borre (la Source impétueuse). Les « Trois Floos »

subsistent toujours, intacts, avec le rivelet qui les unit aux étangs de Rouge-Cloître. Sous Notre-Dame-au-Bois, un carré montre la ])lace du Ciiypers Waefer (Eau des Tonneliers), avec le minuscule ruisseau qui ralimentait jadis, passant sous le chemin de Hoeylaert. Au nord do la route de Boitsfort à la cha-

pelle de Wellrieken^ de chaque côté d'un chemin de traverse, 8*é tendent encore deux pièces d'eau : a Anciennement le grand et le petit Cruys Plan ». Le Blonten Vyoer (Etang blond) aussi existe, tout comme Wolfoyuer (Etang du Loup), presque à hauteur de la Croix de Hoolaert. A l'ouest du chemin de l'Epinette à Boitsfort, à courte distance de Het Rood Stocxken (le Bâtonnet Pourri devenu le Bâtonnet Rouge), est la source de la Viiylbeek (le Ruisseau Sale). ^

Celui-ci va vers le nord, alimente les étangs de Boitsfort, La VuyUjeek.

après avoir confondu une première fois son filet liquide absolument clair en dépit de son nom, avec le flot d'un grand lac sylvestre, le seul de la série située sur le territoire de cette dernière commune qui soit dans la forêt même. Le double étang des Enfants Noyés est déjà à sec. Ils sont appelés désormais a ci-devant ». Du plus grand, celui du midi, surgit un ruisseau qui a sn source près de la drève de Lorraine, à loo verges plus bas : c'est Wollen Borre (la Source laineuse). Presque au même endroit, venant do la gauche de la drève, est un second ruisseau, ayant deux sources. Il disparaît sous terre au bord du petit vallon dont le coteau septentrional est encore couronné par le vénérable et majestueux Ossen Bueck (le Hêtre aux Bœufs). C'est VHeylich Bloet (le Sang Sacré).

Wautier de Beren, qui fut incontestablement l'homme de son Endrous non arborés. époque le plus familiarisé avec les détours de la forêt, et auquel rien du caractère ni du pittoresque de Soigne n'a échappé, a scrupuleusement enregisti*é sur sa carte les endroits non arborés. Après la bataille de Waterloo il y avait encore dans l'ancien domaine des plaines nombreuses, traces d'iœpitoyables coupes de jadis, et que depuis lors on a replantées complètement Le géographe fournit aussi des indications sur les essences de certains massifs. Tout un tronçon à l'ouest de la chaussée de Waterloo, cerné par les bois du Frondroy ou Fronrode, le Rommeleer et le Bremenbosch, n'est que sapin. Au nord une importante superficie est ce vague ». En face de la Memplecky à droite du pavé vers Bruxelles, se dresse la « haute futaye ».

Dans le massif où se trouve Sept-Fontaines, nous trouvons deux larges places « vagues », au bas du triangle formé par les routes allant d'Alsembergh à l'Ermite, ancien hameau de ter Claysen, et vers le prieuré aboli. Vers Elderinge, autre espace vague. Au carrefour des deux voies en question est une « pépinière en sapin ». Près de la censé de l'Ermite, à droite de la chaussée vers Alsembergh, est une « pépinière d'hêtres ». Sous la crique où se serrent les bâtiments du monastère de Seuen Borren, on rencontre un vaste trapèze dénudé; il en est

— Sade même de la pointe sylvestre au-dessus da chemin de Braînel'AIleud, où ne croissent, dans le bas, que des sftpiuB. Au nord des deux premiers étnngs de Groenendael, près de lu lisière, il existe également des bosquets de sapins. A peu près à mi-chemiu de la cbapeUe do Welriecken à Notre-Dame nu-Bois commence une gros&e bande «viigue», qui s'étend jusqu'au centre du Caudael, au delà de la route de Hoeylaert.

Troni^oni incuit». A gaucho de la

route de Welriecken, et la bordant, est un second ruban « vague » continuant le premier, en un arc de cercle, jusqu'au chemin vers Awergora et vers la chaussée de Tervueren. XJn parcelle arrondie, commandant la première chjune des étangs de la Vuyl- &eeft (Ruisseau Sale), nom de la Woluwe sous la futaie domaniale, et une autre parcelle qui la prolonge dans la direction de Boitafort, sont: «non Soigne».

Des deux côtés du chemin de Groenendael à Boendael nu- W rorfl ne soigne en n«, dessus du premier D'.r.rài i» • onr nsn^unir» jim =..Tii-i.n. Jt Brmtij^ ., dràuD i»r étang de la Vuylbeek, avant d'arriver aux anciens étangs des Enfants-Noyés, on voit deux bandes de terrain n cultivé en 1807 ». Au-dessus de ces étangs disparus, au nord du ruisseau qui les unissait aux étangs de Boitsfort, nouveau parallélogramme « non Soigne ». Tout un lot du Epelaer, an nord du chemin do Notre-Dame au-Bois vers Duysbourg, est également « vague ». Lo dernier fragment

septentrional défriché se trouve à hauteur de la Cambre, à droite de la chaussée de Boondael à Ixelles.

La forêt a gardé eutre i8i5 et 1820 beaucoup de ses noms anciens. Nous en avons déjà cité un grand nombre à propos de la carte de Wautier, Voici les autres : Ossen Pleyn (Plaine aux Bœufs); la CroixKouge; le Chêne des Epagnols, a à gauche du vieux chemin »; le Chêne Sainte- Gertru de; le Chêne Saint- Hubert; Geplanten Bueck; Wandclle et Loock Belle, vallons indiqués par unpoîutillé; de^Sc/iacfe/i; PiittersBiiyckeiCruyS' kens Biiyck, qui, par une singulière corruption, deviennent de : Hêtre du Puisatier, et de : Hêtre des Petites-Croix, le Ventre du Puisatier et le Ventre des Petites Croix; Bruyère des Loups; Raes Eyck; Wolfs appelaer et Dieperick.

Il est quelques noms inédits : « Ancienuement Cassel Plas », dans le massif qu'orne l'eau du Mempleck ; Bornken (la Petite Source), entre la Ossen Pleyn et la Croix-Rouge, à gauche de la chaussée de Waterloo à Bruxelles; la Fontaine de Ticton, juste à l'angle que décrit la route de Lorraine, à l'extrémité de la foret, pour gagner le hameau de Jol^'^-Bois, sous Waterloo. Ce n'e<^t cependant pas la première apparition de cette source sur une carte. Elle n'est autre, en effet, que l'ancienne Source noire (Zloertenborre). C'est aussi la source du ruisseau d'Argent, la délicieuse Syluerbeeckj affluent de la belle Lasne, romantique ruban limpide de La Hulpo; le ruisseau d'Argent court vers Galmar, parallèlement à quatre étangs alimentés par un petit bras naissant à hauteur de cette censé fameuse.

Dans le fond du golfe creusé entre la chaussée d'Alscmberg et le chemin vers Waterloo, est de Wenael Eyck, chêne inconnu avant cette époque. La forêt est encore énorme. Le massif ouest est intact. Le domaine est pins profondément paisible. Tout le long de la chaussée de Waterloo, les habitations ne sont pas beaucoup plus nombreuses que cent années auparavant. C'est à peine si le hameau de. Hoolaert compte quelques chaumières neuves. La forêt est même moins peuplée que jadis : les couvents supprimés par Joseph II sont déserts. Au lieu de centaines de moines et de religieuses, les gothiques bâtiments abritent des particuliers et leurs familles. Certains monastères sont déjà détruits en partie. Leur disparition totale se prépare. Et derrière ce qui subsiste de l'abbaye de Groenendael, nous lisons : ce Ci-devant Haras, ruines ». .

L'œuvre destructive qui anéantira tous les monuments antiques a commencé. Bientôt des murs seuls, des fragments infimes des vénérables cloîtres se dresseront lamentablement sous la haute futaie chantante. Quelques années après, sur la carte de M°^® Monborne, « lithographiée à la plume par les

Entre 1815 et 1820.

Noms liiod ils.

Le Tlcton.

Forêt moi us {leuplce.

Kulnes des monastères.

Carte de M"* Monborne ; 18Î5.

La Société Générale

Cession de la forêt.

frères Willaumo, à Bruxelles.», parue en iSaS, le territoire forestier conserve sa superficie ancienne. Mais c'est la fin de sa véritable splendeur. La Société Générale pour favoriser l'industrie nationale, qui s'est efforcée principalement de se favoriser elle-même, s'empressera de réduire en un rien de temps cette superficie de moitié ! Les trois étangs du Flos existent toujours, tout comme celui formant un triangle au nord du couvent des Capucins. Il en est do même du petit lac parallélogramme a gauche de la route vers Tervueren, à la limite de la forêt, au-dessus de la route de la Surprise.

Par contre, trois des étangs de l'ancienne abbaye de Rouge- Cloître, et qui prolongeaient ceux du Flos en une chaîne majestueuse jusqu'au prieuré, sont desséchés. «Notre-Dame-au-Bois» a le titre de hameau; il met dans la large tache émeraude de Soigne une grosse virgule jaune. Pour la première fois nous rencontrons la « Chapelle du Bellekens Gat », au sud du parc de Tervueren, à cinquante mètres de l'orée, vers les terres de la censé de Terschueren. Près de Duysbourg, « l'arbre dit le Beau » continue à pousser au milieu du carrefour en étoile.

L'année 1822 avait été une date fatale dans l'histoire de la forêt de Soigne. C'est, en effet, le 28 août de cette année que l^arut l'arrêté royal relatif à la création de la Société anonyme en faveur du développement de l'industrie, dont la gestion devait être pour le domaine boisé un véritable désastre (i). Le but de cette compagnie, essentiellement financière d'ailleurs, était de « favoriser les intérêts de l'agriculture, des fabriques et du commerce, et d'avancer en tout temps, à un intérêt modéré, les sommes nécessaires pour alimenter et étendre ces branches importantes de l'industrie nationale » ('i). Les statuts stipulaient que le fonds de la Société se composerait de 5o millions de florins, dont les « domaines en nature que le roi a assignés, évalués à 20 millions ». Et cela contre un revenu net de 5oo,ooo florins, à servir au monarque.

La Société Générale des Pays-Bas, comme on l'appelait officiellement, avait la libre administration des domaines; elle en perçut les revenus et les produits à compter du i"' janvier 1828 inclus, et en supporta aussi les charges, qui ne furent, semble-t-il, pas bien lourdes. L'arrêté du roi Guillaume-Frédéric d'Orange- Nassau laissait toute latitude pour l'aliénation de ces propriétés, ainsi que pour la fixation des époques, la forme et les conditions des aliénations; la compagnie tiendrait cependant en réserve un

(i) L'arrêté, daté du château du Loo, fut imprimé dans lo n^ 245 (lundi 2 septembre) du Journal de Bruxelles ^ partie officielle. (2) Pasinomie, 1822-1824, p. 123.

tiers de la forêt de Soigne. Ce tiers, designé par le roi, ne pouvait être aliéné qu'après que tous les autres biens l'auraient été. Encore ne serait-ce que dans les deux cas suivants : s'il arrivait que le produit des aliénations des autres domaines n'atteignît pas la somme de 20 millions de florins; si, quoique la somme fût atteinte, le roi autorisait l'aliénation sur la proposition du Conseil général.

Dans le premier de ces deux cas, le projet d'aliénation serait porté préalablement à la connaissance du roi, par la direction de la Société, qui lui soumettrait en même temps un tableau des capitaux provenus des aliénations des autres biens. Toutes les parties des domaines dont il était fait mention, sans en excepter le tiers de la forêt de Soigne, qui, à la dissolution de la Société, n'auraient pas pu être réalisées, devenaient la propriété des actionnaires.

Jusqu'au payement de 20 millions de florins constituant le prix des biens nationaux, il serait payé au roi à titre d'intérêts, le 3i décembre de chaque année, depuis 1823, jusqu'à la fin de 1849, une somme de 5oo,ooo florins. La Société était tenue d'observer quelques autres obligations secondaires. Parvenue à l'époque de sa dissolution, elle avait à verser dans la caisse de l'Etat, pour prix intégral de tous les domaines a et pour en tenir lieu », une somme capitale de 20 millions de florins.

Dans Pasinomie (i), nous trouvons en note,* au sujet de cette cession, le mémoire adressé au Congrès national de Belgique, le 16 février j83i, par M. de Stappers, inspecteur de l'administration forestière sous le gouvernement hollandais. L'auteur s'est attaché à démontrer que les domaines cédés au roi Guillaume et rétrocédés bientôt par celui-ci à la Société Générale dans les conditions que nous avons énumérées, valaient réellement 38 millions de florins, alors qu'on les évaluait à seulement 10 millions. Selon ce haut fonctionnaire, la magnifique forêt de Soignies, contenant 11,718 bonniers métriques, avait été évaluée à raison de 468 florins le bonnier, fonds et superficie.

Un calcul rapide permet d'établir qu'en abattant dix arbres de 5o florins par bonnier, — ce qui n'est pas excessif — la forêt était payée complètement. Le gouvernement, questionné par la première section de la deuxième Chambre des Etats généraux à propos des bases sur lesquelles les plantations avaient été évaluées, répondit que l'évaluation des bois « est faite d'après les produits des coupes ordinaires et annuelles dans chaque forêt et le taux moyen des dernières années ». Des députés avaient remarqrié cependant que les évaluations des arbres des

Drott d'aliénation.

Privilèges des actionnaires.

Le rot Guillaume.

Mauvaise é valuation.

(i) Deuxième série, n<>7, pp. 116 et suiv.

10,010 bonniers.

Dissolution de la Soclélo : 1842.

Nouvelle chaussée

de Mont-Salnt-Jean :

Droit de la ramille d'Arenberg.

La Torêt rô luite de moitié.

domaines à céder ne comprenaient pas la haute futaie. Et la forêt de Soigne en possédait abondamment. En vérité, elle ne contenait pas 11,718 bonniers, ainsi que l'affirmait M. de Stappers, mais bien 10,010 bonniers, 26 perches, 60 aunes, en y comprenant 1,671 bonaiers de bois détachés et périphériques; ce sont les chiffres de la carte de l'arpenteur forestier De Roy, conservée aux archives de l'administration des eaux et forêts.

La Société Générale des Pays-Bas n'accomplit pas sa durée légale de vingt-sept années. Elle fut dissoute en 1842, comme en fait foi la couventiou conclue avec le gouvernement belge. Eu vertu de ce traité, daté du 4 novembre, et approuvé par la loi du 3 février 1843, la Compagnie anonyme abandonnait à l'Etat tous ses biens situés sur territoire néerlandais, ce En déduction de la somme de 32 millions de florins des Pa^'^s-Bas due par la Société Générale, il sera tenu compte par le gouvernement belge à la dite Société d'une somme de i6,5oo,ooo florins. »

La somme de i5,5oo,ooo florins, dont le groupe financier demeurait débiteur, fut soldée par la Société au gouvernement de Léopold P'' de cette manière : elle cédait la forêt de Soigne, dans laquelle on comprenait toutes les routes et chemins qui la traversent, et notamment la chaussée de Mont- Saint-Jean à Tervueren, — exécutée en i832 et i833, — pour une somme de 8,100,000 florins, et s'engageait à effectuer plusieurs versements annuels en numéraire. La cession était faite « avec garantie contre tout trouble et éviction, et la forêt livrée exempte de toute hypothèque et tous privilèges, à l'exception toutefois des servitudes et droits d'usage dont elle est grevée eu ce moment et qui consistent, notamment, dans le droit qu'a la maison d'Arenberg à la délivrance annuelle de 191 mesures i/3 de bois de chauffage, dans un libre passage en faveur de MM. le comte de Meeus, le comte de Bethune, Baesen et M™® Xeef » (i).

Remarquons que le comte de Meeus était à ce moment gouverneur de la Société Générale. La forêt ne comptait plus alors que ce au-delà de 4»3oo hectares », selon le texte de la convention de 1842. Pendant la seule période qui s'écoule de 1827 à i836, les aliénations portèrent sur plus de 7,021 hectares, pour la somme de i6 millions de francs. 6,000 hectares environ furent convertis en terres agricoles. Une partie, rachetée depuis, a été reboisée, notamment sur le territoire de La Hulpe. 1,000 hectares étaient restés à l'état de bois; ils furent dans la suite convertis en futaie sur taillis et en sapinière.

Au sujet du droit d'usage dont jouissait la famille d'Arenberg jusqu'en ces dernières années, nous trouvons quelques détails

(i) Paainomief i843, p. 35.

curieux dans le rapport inédit de la Commission d'Aménagement de la forêt de Soigne, commission iDStituée, en 1900, par M. le baron von der Bniggen, ministre de l'Agriculture. Aucun document en possession de l'administration n'est de nature à éclaircir sur l'origine de ce droit, qui paraît remonter à noe époque très reculée, car il est déjà trfice de conteslalions éle- Tées à propos de son étendue, dès le commencement du xvr siècle. Autrefois, cette servitude comportait :

i35 mesures de bois à brûler, lao sacs de charbon, 700 fagots. Elle a été convertie de commun accord, à partir de i83o, eu une délivrance annuelle de 95 stères, dont 67 p. c.

de bois de chauffage. Ce droit a été racheté, le 29 juin 1899, pour la somme de 28,697 ^^- i^)-

En 1840, sur la carte CtrlsdBVindimuBlen: topograpbique des environs de Bruxelles, à l'échelle de 10, 000, gravée par Ph, Vandermaeleu, tout le massif ouest de la forêt a déjà disparu; il ne reste plus un arbre debout à gauche de la H chaussée de Charleroy et de Xamur à Bruxelles ».

iord-(.uoBl de In forél-i]eS..lgiie. Milieu ilusvrii-siiVIr. LeS boîs de Frondroy et

1» mal» nonnllfintDl inctn lout Ir gouicrnemci.) ■uiri<^l,lcn \q (Jroot BoSch mêmCS Ont

été dérodés. Non seulement les bûcherons de la Société Générale ont abattu la futaie vers Uccle et Alsembergh, mais aussi à droite de la chaussée, entre la drève du Caporal, le chemin de Boendael et la chaussée de Boitsfort. Tout autour du hameau du « Verd Chasseur », il y a uu grand vide; le hameau de Langeveld aussi est totalement dégogé de tous côtés. La partie nord de la forêt, de la chaussée de Boitsfort au tronçon méridional de la drève de Lorraine, s'appelle le triage de Fleurgat. Nous y retrouvons la « drève des Cochons» qui

(1) Loi dn 5 octobre 189g, Moniteur du C octobre 189g.

Carte de De Roy

Propriétés pa rtlcuUères.

Domaine privé du Roi.

devient la drève de Lorraine à hauteur du Repos des Chasseurs. Depuis le cabaret « La Couronne », tout le bois a été sacrifié en ligne droite jusqu'aux propriétés de i& Cauibre. L'autre fragment situé au nord de la chaussée de Boitsfort, qui aujourd'hui sépare la forêt de Soigne du bois de la Cambre, est un tronçon du Triage de Boendael.

La carte de 1842, représentant la forêt « telle qu'elle a été cédée par la Société Générale au gouvernement belge, ainsi qu'il résulte du traité du 5 novembre », nous fournit des renseignements complets au sujet de la division du domaine sous le gouvernement de la Compagnie anonj'me. Au bas de la planche, gravée sur pierre par J. Del fosse, nous lisons : « Je soussigné, Géomètre Forestier, domicilié à Bruxelles, déclare qu'à l'intervention de M. le comte de Mêeus, gouverneur de la Société Générale pour favoriser Tludustrie nationale, j'ai dressé le présent plan de la forêt de Soignes (i), contenant quatre mille trois cent quatre-vingt-six hectares, y compris la nouvelle route de Tervueren à Waterloo. De tout quoi j'ai rédigé le présent procèsverbal. A Bruxelles, le 24 janvier 1843. J.-B. De Roy. »

Les bois sont partagés en seize triages : Fleurgat, Boondael, l'Infante, Saint-Hubert, la Grande-Espinette,leTicton, la Belle- Etoile, Groenendael, le Fond Saint-Michel, la Pépinière, Boitsfort, le Tambour, Rouge-Cloître, Therrest, Notre-Dame-au- Bois, Tervueren. La Société Générale ne s'était pas contentée de défricher des lots considérables de la merveilleuse forêt. Elle en avait aussi vendu de vastes parcelles. Sur le plan de J.-B. De Roy uous rencontrons des propriétés particulières enclavées dans la futaie. Une large bande aliénée va de la nouvelle chaussée de Tervueren à MontSaint-Jean, jusqu'à la drève de la Meute, en croisant la drève dite Pont-de-Pierre et la drève des Croisades — deux noms nouveaux du Triage de Groenendael. Vers Hoeylaert, devant l'ancien prieuré, est un bien de la baronne de Blondel. Cotte dame de l'aristocratie a acquis, en outre, une parcelle énorme au nord du monastère. A l'ouest de la chaussée de Wavre à Bruxelles, a Monsieur De graef » possède une langue sylvestre parallèle à la drève du Relais des Dames, et croisant le chemin d'Auderghem à Blankendelle, Enfin, au bord de la chaussée de Wavre, dans l'angle de la route vers Rouge- Cloître, est la propriété de a M. Duchaîne ».

Entre le Triage de Notre-Dame-au-Bois et le parc et le village de Tervueren est a le domaine privé de Sa Majesté le Roi des Belges », dans lequel est compris l'ancien couvent des Capucins.

(i) C'est la première fois que, sur une carte officielle, Soignes s'orthographie de cette façon.

C'est le tiers de la forêt que s'était réservé le roi Guillaume, en vertu de la conventioxi du 28 août 1822. Au delà de la nouvelle chaussée de Tervueren à Mont- Saint- Jean, la forêt ne va plus que jusqu'au hameau de Notre-Dame- aa-Bois; seuls l'ombragent les arbres du Triage d'Isques, à l'est. D'ici à la chapelle de Bonne-Odeur, la limite est indiquée par la drève de Welriekende. Sur une longueur de 800 mètres la chaussée nouvelle est tout à fait découverte; elle descend alors au midi, en perpendiculaire, va à l'ouesf, suit la drève dite Haeken Staeken (les Perches, ressouvenir des Zeven Schachten, les Sept-Perches), et borde, jusqu'à la drève de la Meute, la chaussée de Bruxelles à Boitsf ort et à La Hulpe*

A 200 mètres passé la route de la Longue- Queue, seconde perpendiculaire vers le sud. La lisière, formant angle droit, rattrape la route de Mont-Saint- Jean, après avoir décrit une petite courbe; en plein champ, désormais, la vieille drève du Chasseur s'aperçoit à une courte distance. Les bornes reculent alors le long du pavé jusqu'à la barrière et se prolongent jusqu'au hameau de la Grande-Espinettc, en ne quittant pas la droite de la nouvelle drève de Brassine. Le village de Waterloo, autour duquel, vingt années auparavant, la futaie s'arrondissait encore, créant une clairière au milieu de laquelle se dressait la rustique agglomération, est lui aussi isolé. Ses premières maisons sont à une demi-lieue de la lisière.

On constate que les ravages sont incalculables. En dix-sept années, l'exploitation de la forêt par la Société Générale a réduit de moitié le territoire du domaine national. Des chemins nombreux, créés en général sans nécessité absolue, ont encore augmenté la superficie défrichée ; dansle Triage de laPépinière, par exemple, s'amorce à la chaussée de La Hulpe, en face de la drève du Relais des Dames, un réseau de trois routes en éventail. Ces routes se divisent bientôt, avant de s'unir à un embranchement de la drève de l'Infante, en dix voies, qui embrassent une surface maxima d'au moins 5oo mètres. Même singularité dans les Triages de la Belle-Etoile et de la Grande-Espinette. Treize routes parallèles et monotonement semblabes relient l'avenue de Groenendael, la drève de Saint- Corneille et la drève de Lorraine à la nouvelle drève de Brassine.

Voici une carte de l'Etablissement géographique fondé par Ph. Vander Maeleu, due à J. Juvenne, dessinateur topographe. Elle aura été exécutée vers 1860, car la nouvelle route de Waterloo à Tervueren et le tracé de l'aqueduc souterrain des eaux de la ville de Bruxelles y figurent; nous y remarquons aussi l'avenue du Bois de la Cambre, plus tard l'avenue Louise.

Rocul des lisières.

Waterloo dégagé.

Ravages organisés.

Multiplicité des chemins.

Carte de Juvenne :

Etings de BoitsforU

Disparition du Flos.

Le bols de la Cambre.

110 hectares détachés.

Antithèse pittoresque.

Le bois de Tabbaye des Cisterciennes supprimée, devenue le dépôt de mendicité, n'existe pas encore comme promenade. Ou n*a pus commencé la transformation de cette partie de la forêt de Soigne, qui est toujours le Triage de Vleurgat, cette fois jusqu'à la route de Boitsfort. Déjà, depuis le chemin de Boeudael, la limite de la forêt recule jusqu'à l'avenue des Gendarmes, qu'elle suit jusqu'à l'avenue du Fort-Jaco. Ici elle recule davantage et continue vers le nord, à droite de l'avenue de Lorraine.

Les cinq petits étangs sylvestres de Boitsfort, alimentés par l'ancienne Vuylbeecke, sont appelés le Vyvers bron. De la barrière du chemin de Boitsfort à Auderghem, à la chaussée de Wavre, et du chemin dit du Relais des Dames, les bois sont défrichés. Les ruines du castel des Trois-Fontaines, si longtemps cachées par les hauts feuillages, sont à l'entrée d'uue plaine déserte. Les trois étangs du Flos sont effacés de la carte; le petit étang, qui précédait les deux grands lacs situés au sudest de rancieu prieuré de Rouge-Cloître et qui subsistent actuellement, n'est plus visible. Leur disparition est donc récente, puisqu'ils figurent sur la carte de M"**^ Mouborne, parue en 1825. Au nord de la chaussée de Bruxelles à Auderghem et Tervueren, la forêt ne s'étend plus que jusqu'à uae distance de 400 mètres environ, en ligne horizontale, à partir de la route de Stockel. Quant au bois périphérique de Linthout, il suffit de lire le texte de la carte pour ne plus douter de sa disparition totale : Plaine de Linthout. Le Solbosch.a partagé sa destinée.

Pendant une vingtaine d années, les massifs de la forêt ne subissent aucun assaut. Elle a depuis lors conservé sa superficie presque intacte, si l'on estime que le bois de la Cambre continue à faire corps avec elle. C'est le i3 mai 1861 que M. Frère-Orban, alors ministre des finances, déposa sur le bureau de la Chambre un projet de loi autorisant l'Etat à concéder à la ville de Bruxelles la partie de la forêt de Soigne destinée à devenir le bois de la Cambre. Cette a sengle » avait une contenance de iio hectares, le Triage de Fleurgat tout entier La loi fut votée peu de temps après. Pour transformer la futaie sauvage en promenade publique, les magistrats communaux firent appel à des architectes. Ils confièrent le travail à M. Keilig, auteur des plans de l'admirable parc dont s'enorgueillit la capitale et dont la disposition voulue, l'arrangement peut-être trop régulier mais de superbe allure, forment avec la forêt de Soigne toute proche une antithèse si charmante. Ici c'est le taillis presque impénétrable et la broussaille, là ce sont le jardin, les parterres, le gazon et les fleurs exquises ceinturant un étang circulaire. Les premiers attirent le rêveur et

l'amant de la nature inviolée ; les seconds plaisent aox'promeneurs et servent de cadre aux élégances les plus ravissantes de lu société mondaine dont les équipages y circulent. Si les vieilles routes comme le chemin des Cochons et le Dieweg, allant vers Uccle, ont on bien disparu, ou bien subi des moditi cation s sensibles, par contre de larges voies macadamisées, des avenues cavalières, se croisent en tous sens. Elles n'ont point le pittoresque charmeur et farouche des venelles d'antan, perdues sous les frondaisons et serpentant à travers la futaie vierge ; mais elles offrent des perspectives majestueuses et vastes, imposantes et orgueilleuses. La végétatioQ depuis quarante années a poussé dans le bois de la Cambre avec une si hixuriante diversité, que ce parc trop ordonné au début a acquis aujourd'hui un caractère somptueux. On lui pardonnevolontiersde n'être qu'un tronçon arraché à ^^__ . l'auguste forêt sacrée; car

sa beauté grandissante

NUKSiraonl-ouestdelalOritile.SuigneauxvNi-slùrLc. nOUS prOCUre Une joie

rnci dallniiir Jtt rouui eonilruil» psr l« g<ra.crii™eiil lulrichl.ii. profonde, Ct Sa poéwie

<ArvbiTH UnéralH iln Ronnmp, h BniK-JIvi). , , . ,

vespérale surtout, dons le silence du recueillement, est intense et inoubliable.

Aujourd'hui la forêt de Soigne a exactement une contenance de 4.083 hectares 90 ares 18 centiares. Depuis sa rétrocession à l'Etat par la Société Générale, elle avait dii subir des amputations nombreuses. On y tailla tout d'abord un large ruban, où courent à présent les voies du chemin de fer du Luxembourg. Les hippodromes de Boitsfort et de Groenendael et le réservoir des eaux du Bocq, sur le territoire de cette première commune,

Dernière emprise. ont eiicore réduit Bon territoire boisé. La dernière emprîse fut

faite pour permettre la coustruction de la merveilleuse avenue de Tervueren, voie large et aristocratique, digne complément de cet admirable et antique domaine; et n'est-elle pas un agréable trait d'union entre la capitale et la haute futaie, qu'elle a appris à beaucoup de citadins à chérir et à respecter? La nouvelle issue décrétée vers la route royale de Mont-Saint-Jean à Malines, par la drève de Welriekende^ en reliant à la villr: une des parties les plus pittoresques de cette magnifique promenade, familiarisera davantage la population avec les beautés d'une forêt que les principales capitales de l'Europe, Paris, Londres et Vienne, par exemple, nous envient à juste titre.

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