XXXII PRÉFACE
flolle pour aller reconquérir son Irônc. A côté de celle histoire burlesque sont des histoires touchantes, comme la célèbre aventure de Cabestaing. Ce qu'elle offre de plus remarquable, ce qui peint le plus profondément la disposition des âmes à cette époque, c*est rexaltalion qui porte Marguerite, malgré les dangers qui menacent elle et son amant, à exiger de lui qu'il la désigne clairement dans ses vers pour qu'on ne doute pas que c'est à elle qu'ils sont adressés. Cette histoire et quelques autres sont à demi légendaires, ou le sont tout à fait.
Les trouvères offrent moins d'intérêt dans leurs biographies. Maison doit parler de Thibaut, comte de Champagne, et de Coênes de Bélhune dont M. Piiris a fait connaître la biographie. Quant au sire de Coucy, auquel on a prèle l'horrible dénoûment des aventures de Cabestaing, le héros de celle tragique histoire, qui certainement ne s'est pas reproduite deux fois, est bien plutôt Cabestaing que Coucy. Ce récit, auquel la tragédie de Gabriel deVergyadonné une grande popularité, n'était probablement pas plus vrai de l'un que de l'autre, et n'était peut-être qu'une dernière version de l'antique festin d'Âtrée, version dans laquelle étaient entrés des sentiments chevaleresques et des incidents de la vie moderne. Ce qui peut faire pencher vers cette opinion, c'est de voir la même histoire se reproduire encore une fois en se multipliant, dans le lai bizarre d'Ignaurès, où douze chevaliers font manger à douze femmes coupables le cœur d'un rival heureux.
Ici se placent quelques considérations touchant Tin fluence que les troubadours et les trouvères ont exercée sur les différents pays de l'Europe. Le conlact des troubadours avec l'Italie s'explique facilement, car un grand