FORMES GRAMMATICALES
Les cas du plariel se forment comme ceux du singulier et par les mêmes prépositions. En italien, en espagnol» en portugais, en roumancbe, en provençal, en français, le génitif pluriel se forme en mettant la particule avant le nominatif. On a ainsi de gli, de lo»^ dos, diU ; le provençal et le vieux français deU semble supposer un els primitif analogue à Vils roumanche (a). G*est ce dds qui, par contraction, a fait le français de$. En valaque, le génitif pluriel masculin est a lor; a est là p<mr<if par unede ces confusions fréquentes dans ce dialecte; brest. au reste, un signe convenable du génitif pluriel, car il vient d'iUorum. A cet égard, le valaque est plus rationnel qu'ancon des autres idiomes néo-latins.
Le datif pluriel, pour tous les idiomes néo-latins, excepté le valaque, se forme, comme le génitif, en mettant à au lieu de de devant le nominatif pluriel. I^e valaque forme son datif pluriel autrement que les autres dialectes néo-latins, il emploie encore ici /or, cette fois non précédé par a, par suite de la confusion dont j'ai parlé, et qui enlève au datif l'a, signe de Tattribution, pour le donner au génitif. Lor, qui vient à'Ulorum, est ici moins à sa place qu'au génitif, mais il faut se rappeler que nous-mêmes désignons aussi un datif par ce iQot, dont un génitif est Torigine, quand nous disons : Je leur anmmce, il leur est agréable. Dans ce dernier cas, les Italiens, plus conséquents que les Valaques et les Français, disent : Graio a hro.
Revenons au datif pluriel de Tarticle.
Au lieu d'à It, l'ancien français nous présente als et ets K
^EU D'est indiqué par M. Raynouard, psjrmi les formes du datif pluriel provençal, ou flraDcais, ni dans sa Grammaire romane (Yoy. p. 14), ni dans <a Qrammairt ean^ktrée (Yoy . p. i et 3) ; mais il en reconnaît l'existence par une note, Grammaire comparée, p. %.^IEU est provençaU la forme correspondante est en fk-ançais es (bachelier es lettres); le premier est contndé de €11 Im, le second àeenles; ils ne peuvent donc être considérés axone des datife, ce sont plutôt des locatifs, comme il est dit plus bas.-* Quot à oit, Une répond point à a 2i, mais à à le§.]
(a) [Dels est provençal plutôt que français ; il est contracté de de hs.]
44 FORMATION BE LA LAVGIFB FKAltÇAISE.
LepETOvençal avait aussi ces dem formas, qvi font sorppoaer' cmune cette 4m génitif deb, un els perdu.
Mi, ou, par contractien, a», èt«it le dartifplmel ordinaire dans l'aneien français. Ali a fait aux (a), en Tsriu de eette même pemintation qu'on reftrovre dans ehe^ai, chevaux; vaJy vmnx, etc.
lÀ reis de Sirie out cumand as trente-deus princes de son ûst.
Les Rouf p. 313.
l.e roi de SNrie coin.nanda aux trente-deux princes de son armée,
EU furaàt avoir eu, au plnriely le sens du locatif oonme e/, au singulier ; il se coutraele efi èê.
Rollans reguardet es munz e es lariz.
Chanson de Roland, p. 72.
Roland regarde par les montagnes et par les landes.
Ki alt«ls li reis Bzécbias Ad abatus es nous.
Les Rois, 9. 408.
Dont le roi Eeéchias a renversé les autels sur les mantayMBS.
De là la locution conservée jusqu'à nos jours : Maître è$ arts, bachelier es lettres.
L'accusatif pluriel masculin est semblable au nominatif dans tous les dialectes néO'lalins, à Texception de Tancien français, qui a plus souvent li au nominatif pluriel {d*ittî) et fes à l'accusatif (d*i7 los) (b).
^1n appela kâ eves^es ée France.
Chanson de RoL^ p. 154.
Il appela les évêques de France.
(a) [Mao ^ «Mc» mais au»; la foome mtx est psatérieura; de JBème chetiaus, «aw, etc.]
(b) (L'accwatU mascolîn plori^ eaL JcvenCraoçais et fos en imaMnfi. tanAis ^|tte le nominatif «st ii dans l'une et l'autre iaagne. C'est eKoqplioBnaUfiMent, ei pnncq»alenMnl dans le cUalecle igto iwrmaaA, qiiliWBt k quatoriième siècle on rencontre les comme noann. maac. plor. Sa réaMté, rarUoie ramn (tençais et preweDcal] n'a que deaxoa, lenaraiiuCîf et IV
FaBNES GRAMHATICALES. 45
CepeuiaDl on trouva Ui au aomUiaiif :
fja ftindenieia Itarent fiiiz par tut de riches pierres.
Los H&tê, p. M7.
I^ fQfldeoKDts forent fiiits entièrement ëe fortes pierres.
Dont li larmenâ In oib.
Chron. de J. FantoBnm^ ▼. iêOS.
Dont les yeux lui pleurent.
La déclinaison de Tarticle pluriel féminin est beaucoup plus semblable dans les différentes langues néo-latines, et beaucoup plus régulière que la déclinaison de Tarticle pluriel masculin.
L'article pluriel féminin est, en italien et en valaque, le (d'i/te); en espagnol, en reiMMHiehe et en provençal /a«, et «n portugais m (d'U-l-as).
Les caa du pluriel féminin se forment régulièrement et ^ générai sans contraction S par Tapposilion de a, de ou ^devant l'article.
Dans l'ancien français, le pluriel féminin était en général i^ydes, a» ou ah; il se confondait avec le pluriel masculin*
Furent les tables juintes el afermées.
Les RoUy p. 247.
Les planches furent jointes et affermies.
eusalil, et pour le masculin seulement, le féminin n'ayant qu'une seule forme. Si maintenant on Teut donner le nom de cas à chaque combinaison ^ Taitide avec les prépositions, on obtiendra le tableau ci-aprés :
SniCVUBB ■ASCULOI. PLURtEL MASCITL» ET F^VINH.
de le = del, dou, du; de les = (dels), des;
à le = al, au; à les = als, aus;
en le ^ enl, el, eu, ou, u; en les =- (els), es.
U proTençal a de plus la combinaison de :
per lo = pel, au pluriel pcr los = pels. Au fémhûn singulier ces oombinaisons n'ont point lieu, et on Mit : fh ia, à la, en la.] * Il faut excepter le portugais a$, qui fait as pour a û«, dàt pour de as.
Le$ féminin est formé de la dernière syllabe d'il-lœ, a?ec Vs, qui, en latin, ne parait pas au nominatif pluriel, mais qui se trouve dans tous les autres cas, excepté au génitif, dans illiSr illas, aussi bien que dans illis, illas (a).
[a] [Il esl plus simple de supposer que le fém. les [en prov. las) est formé de l'accusât, illas.]