XVIII PRÉFACE
rissable. Eîle- vient au secours de toutes les misères, et le sentiment qu'on a de l'inépuisable tendresse du cœur de Marie s'exprime quelquefois par des légendes dont la naïveté fait sourire. Ainsi la Vierge guérit de son lait un moine qui Timplore. Elle remplace pendant de longues années une religieuse qui avait fui son couvent pour vivre dans le désordre; elle soutient de ses blanches mains les pieds du larron suspendu au gibet.
Outre les légendes qui ont la Vierge pour objet, il en est un grand nombre consacrées à l'histoire des saints ou à d'autres récits édifiants. La légende, qui a toujours été dans les siècles précédents s'éloignant davantage de la candeur de son origine, admettant de plus en plus rintervention et les ornements de la fantaisie, devient tout à fait œuvre d'imaginalion; on la voit se mêler aux divers genres littéraires du moyen âge. Elle admet la satire comme dans l'histoire de sainte Léocadie et d'ildéfense; elle tourne au roman de chevalerie, comme dans la Vie de saint Georges; elle emprunte l'allure vive et familière du fabliau, et s'en sert quelquefois pour exprimer un sentiment sublime, comme dans le Chevalier an barizel.
Ici finit tout ce qui concerne la littérature religieuse du moyen âge; en regard de la littérature religieuse, et souvent en contraste avec elle, est celle qu'on peut appeler littérature didactique; elle a plusieurs parties : elle est ou morale, ou philosophique, ou scientifique : sous ces trois aspects, elle offre ce caractère commun et constant, de contenir une tendance, plus ou moins voilée, mais réelle, à une certaine indépendance et souvent à une certaine hostilité contre Tautorité religieuse, il n'y a pas beaucoup à s'étendre sur la littérature phi-