‹ Histoire de la formation de la langue françaiseChapitre 6 sur 77 · PREFACE. XXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXV

une classe d'hommes qui concouraient aux divertisse* raents païens, qui se confondaient avec les mimes, les histrions, les faiseurs de tours, les danseurs de corde, l^s jongleurs aussi faisaient des tours de force, d'agilité, et en même temps ils chantaient et récitaient des vers. C*est du sein de cette classe d'hommes, dont l'existence tient étroitement à l'ancienne littérature païenne et principalement à la littérature dramatique dégénérée, que sortirent les troubadours. Les jongleurs, à Tapparilion des troubadours, furent relégués au second rang, surtout dans le Midi ; car, dans le Nord, où l'existence poétique fut moins systématiquement organisée, les jongleurs restèrent à peu près sur là même ligne que les trouvères. Les jongleurs conservèrent le double caractère inhérent à leur origine ; ils continuèrent à être a la fois des faiseurs de tours et des chanteurs : ainsi, à la bataille d'Bastings, on voit Taillefer qui entonne la Chanson de Roland ^ et qui, en même temps, divertit l'armée par les tours et les jeux d'adresse qu'il exécute avec sa lance.

Les troubadours et les trouvères, c'est-à-dire les poètes de la langue d'Oc et ceux de la langue d'Oïl, se partageaient la France actuelle ; leur double empire était séparé par une ligne qui n'est pas, comme on le dit, la Loire, mais qui, géographiquement parlant, forme la corde de Tare que la Loire décrit, et s'étend du lac Léman àVembouchure de la Sèvre. Les populations situées au midi de cette ligne furent soumises, dès l'origine, à des iofluences différentes de celles que subirent les habi* tanls du nord de la France ; ces populations du Midi avaient été, dans la plus haute antiquité, en partie ibé-

ennes, puis en partie grecques, elles furent dans un

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