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régime féodal elles développaient le commerce et l'industrie, créaient le capital comme puissance rivale de la propriété foncière, et fondaient l'économie politique et la science du g-ouvernement; quant à la seconde, elle a été, avec la Compagnie anglaise des Indes Orientales, la corporation de marchands la plus puissante dont l'histoire universelle fasse mention, et elle a, il y a cinq cents ans, donné à l'Allemagne ce que de nos jours elle ambitionne de nouveau avec tant d'ardeur, une (lotte de guerre et de commerce de premier ordre.
Nous ne pouvons jeter qu'un coup d'oeil rapide sur l'origine, la splendeur et la décadence des villes libres impériales aux temps du saint-empire romain de nation germanique.
Comme pour les républiques municipales analogues de la France et de rilalie, on a voulu les rattacher aux anciens municipes romains, et cela avec d'autant plus d'apparence de raison que ce sont incontestablement les villes d'origine romaine du Rhin et du Danube qui ont d'abord aspiré à l'autonomie; néanmoins on est aujourd'hui assez généralement revenu de cette opinion, du moins en ce qui concerne l'Allemagne. Si les antiques cités rhénanes ont précédé toutes les autres villes allemandes dans la voie de la liberté, c'est qu'elles ont été longtemps les agglomérations urbaines les plus importantes, tout comme le Rhin lui-même était le centre de gravité de l'empire, et la cause principale de leurs progrès économiques d'abord, de leurs progrès politiques ensuite, doit être cherchée dans la domination épiscopale, que les Otton et les Henri établirent dans leurs pays tant allemands qu'italiens et qui réunit tous les habitants de chaque siège d'évêque sous une seule et même juridiction exempte. Entourées de murs et de fossés, assurées d'une sécurité plus grande par la protection de la crosse épiscopale, agrandies par des immigrations du plat pays, certaines d'entre elles purent de bonne heure acquérir par le commerce et l'industrie une richesse considérable pour le temps, et, par une conséquence logique, elles ne tardèrent pas à vouloir mettre
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leur fortune acquise sous la garantie d'un droit coutumier certain et d'immunités fiscales. Les guerres intestines que suscita la querelle des investitures leur vinrent en aide : grâce à leurs murailles, qui étaient presque inexpugnables pour l'art militaire du temps, elles jouèrent plus d'une fois, malgré leur peu de liberté légale, un rôle important dans les luttes des derniers empereurs franconiens contre les princes et les évêques du parti pontifical, et, en échange de leurs services, elles obtinrent de Henri lY et de Henri V les premiers privilèges royaux, que multiplièrent et étendirent leurs successeurs souabes.
En même temps s'accentuait de plus en plus dans leur sein, pendant tout le cours du xn*" siècle, le mouvement qui tendait à réunir en une seule et même corporation les deux classes qui s'y partageaient la propriété foncière, c'est-à-dire les vieux libres ou patriciens et les vassaux ou ministeriales épiscopaux : par suite de cette union purent se constituer, soit en opposition avec l'évêque, soit de concert avec lui, des conseils de ville ou sénats; et ces organes officiels des corporations urbaines acquirent peu à peu, avec l'assentiment impérial, la majeure partie des droits régaliens des évoques. C'est ainsi que Ratisbonne, la vieille cité danubienne, et les grandes villes rhénanes de Bàle, Strasbourg, Spire, AVorms, Mavence, Cologne, auxquelles on peut ajouter ïrèves-sur-la- Moselle, Wurzbourg-sur-le-Mein et Magdebourg-sur-l'Elbe, prirent ou achetèrent successivement à leurs seigneurs épiscopaux les péages, tailles et impots, la monnaie et la voirie, la justice et la garde militaire; et dès le commencement du xni^ siècle les bannières et sceaux particuliers des nouvelles républiques municipales, avec l'image du patron ou de la patronne de leur église, sont autant de symboles de la révolulion politique qui insensiblement avait fait, de cités épiscopalcs, des villes plus ou moins complètement libres, sous la protection de l'empereur.
Pour suivre jusqu'au bout la glorieuse initiative des républiques lombardes et toscanes, deux choses restaient à faire
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aux villes libres allemandes : supprimer dans leurs murs les derniers restes de la souveraineté épiscopale, et étendre leur autorité sur le plat pays environnant, de façon à devenir, de corporations municipales qu'elles étaient, de vraies républiques territoriales; mais elles n'en arrivèrent pas là, et leur essor, enravé dans la première moitié du xni" siècle par la législation de Frédéric II, ne parvint jamais à franchir ce double obstacle. Ce prince en effet, qui pendant toute la durée de son long règne sacrifia constamment les intérêts de l'Allemagne à sa politique italienne, non content de sanctionner la déchéance de l'autorité royale en Germanie, en reconnaissant la souveraineté territoriale des princes ecclésiastiques et laïques allemands, s'efforça de mieux encore se concilier les premiers, en prenant fait et cause pour eux contre leurs cités épiscopales, tant par des décisions rendues dans une foule de querelles particulières que par les édits généraux de 1220, de 1231 et de 1232 : pris au pied de la lettre, ceux-ci auraient tout simplement ramené la situation de toutes les villes à ce qu'elle était un siècle auparavant; car ils condamnaient leurs associations ou fraternités, ils leur défendaient de faire participer à leurs franchises tout ce qui était en dehors de leur banlieue, ils allaient jusqu'à leur interdire l'élection d'une autorité municipale quelconque sans le concours de l'évêque. Sans doute ces lois ne furent pas strictement exécutées : les villes sauvegardèrent en général leur quasi-autonomie et leurs relations immédiates avec l'empire; mais leurs progrès hors de leurs murs se trouvèrent brusquement arrêtés, et obligées de lutter sans cesse pour leur droit à un gouvernement indépendant, qui sans cesse était remis en question, elles durent se juger trop heureuses de pouvoir maintenir les résultats acquis : leurs querelles séculaires avec leurs évêques, qui devinrent fatales à plusieurs d'enlre elles avant même la fin du moyen âge, n'ont finalement profité qu'aux adversaires communs des deux parties, les princes laïques.
Pendant que les cités épiscopales, devenues des villes libres,
tenaient tète à leurs anciens maîtres qui voulaient le redevenir, s'élevaient, à côté et même à certains égards au-dessus d'elles, des républiques municipales d'origine différente, qui fort longtemps leur avaient été de beaucoup inférieures : ce sont les villes impériales ou villes d'empire proprement dites. Aussi longtemps que l'empire avait été une unité politique soumise à l'empereur, ce nom n'avait eu aucune autre significalion que celle de villes non aliénées à un seigneur particulier; mais lorsque Frédéric II eût accordé à ses vassaux les droits souverains, que l'empereur ne fut plus que la tète d'un corps dont les princes étaient les membres, qu'on commença à opposer l'empire à l'empereur, la désignation d'un État quelconque comme étant d'empire prit un sens politique tout dilTérent, et on appela plus particulièrement villes impériales celles qui, restées sous l'autorité directe des empereurs, avaient peu à peu obtenu d'eux le droit de se gouverner elles-mêmes.
En effet, parmi les anciennes villes palaliales, appartenant au domaine royal, les plus importantes s'étaient élevées par des concessions impériales successives à une autonomie presque complète, et se trouvaient vis-à-vis de l'empereur dans une position assez analog-ue à celle de ses vassaux ecclésiastiques et laïques; elles étaient de vrais membres de l'empire, nostrœ et imperii cioitates, comme disaient les privilèges impériaux. Dans le nombre, Francfort-sur-le-Mein, Nuremberg', Aix-la-Cbapelle, Ulm, Lubeck, Goslar tiennent le premier rang-; on peut y ajouter jusqu'à un certain point les villes d'Augsbourg- et de Constance, sièges épiscopaux, il est vrai, mais où les rois de Germanie avaient gardé par devers eux l'exercice de la justice, qu'ils cédèrent ensuite directement aux corporations municipales, sans interposition d'une période transitoire de domination ecclésiastique. Ces villes et bien d'autres de moindre notoriété arrivèrent, principalement depuis le règne du grand protecteur des villes, l'empereur Louis le Bavarois, à se donner un gouvernement politique presque indépendant de toute ingérence étrarîgère,
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même impériale, et de ce côté elles étaient supérieures aux villes libres proprement dites, primitivement épiscopales, où les prélats avaient conservé certains droits, où surtout ils faisaient toujours peser sur la communauté la menace d'une contre-révolution au prolit de leur autorité princière; par contre, les villes impériales continuaient à avoir certaines obligations, principalement financières, vis-à-vis de l'empereur, tandis que les villes libres n'avaient aucun service personnel à rendre, aucun impôt annuel à payer à la personne du chef de l'empire.
La distinction entre les deux espèces de villes, assez marquée encore, en droit et en fait, au commencement du xv^ siècle, alla d'ailleurs en s'efîaçant de plus en plus depuis lors, à mesure qu'elles devenaient les unes et les autres, au milieu du naufrage complet de l'unité de l'empire, des Etats à peu près également souverains. On s'habitua à les appeler indistinctement villes libres ou villes d'empire, ou mieux encore villes libres d'empire; elles siégeaient en commun à la diète, et le principal vestige de leur origine différente se réduisit à la présence de l'aigle impériale dans les armoiries des villes impériales proprement dites, à son absence dans celles des villes d'origine épiscopale.
Dans les deux catégories de républiques municipales allemandes, alors soigneusement distinguées, le xiv" siècle vit éclater une multitude de mouvements révolutionnaires motivés par les prétentions au pouvoir des classes inférieures, à l'exclusion desquelles le patriciat avait jusque-là seul recruté les sénats urbains; après des luttes longues et acharnées, non seulement les artisans s'élevèrent partout au rang de citoyens actifs, mais, dans la majeure partie des cas, les métiers prirent, sinon l'autorité complète, du moins la part prépondérante dans le gouvernement, et de nouvelles constitutions, fondées sur la prédominance des corporations, remplacèrent l'organisation aristocratique qui avait été la forme politique première des cités autonomes de l'empire. C'est après ce renouvellement démocratique qu'à la fin du
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XIV® siècle elles firent dans les contrées de la haute Allemagne danubienne et rhénane, où elles étaient extrêmement nombreuses, et où, de plus, la résistance victorieuse des paysans et des bourgeois suisses aux mêmes ennemis, princiers et nobles, leur servait à la fois d'exemple et d'encouragement, un dernier grand effort collectif pour faire triompher, dans l'organisation générale de la société, l'élément citadin sur l'élément féodal. La vieille question des Pfahlburger et des Ushurger, c'est-à-dire des citoyens du dehors, que les villes prétendaient couvrir de leur protection au milieu des territoires voisins, fut agitée pendant un quart de siècle, les armes à la main, entre les ligues de villes d'un côté, les princes et les assuciations de seigneurs de l'autre; l'empereur AVenceslas se tenait à l'écart; secrètement cependant il penchait da côté des villes. Il y eut un moment, au lendemain de la bataille de Sempach (1386), où l'on put croire que la haute Allemagne entière deviendrait, à l'imitation de la Suisse, une république fédérative : électrisées par la victoire des confédérés helvétiques sur le duc Léopold et sa chevalerie, les villes de la Souabe et du Rhin se levèrent en masse pour en finir, elles aussi, avec les princes et les nobles. Mais le sort des armes en décida autrement; en Souabe, sur le Rhin, en Wettéravie, elles éprouvèrent défaite sur défaite, et alors Wenceslas, sortant de sa réserve calculée, publia la paix publique d'Éger (1389) qui, en interdisant les Pfahlburger, et en établissant des tribunaux d'arbitrage, arrêta l'effusion du sang, mais scella du même coup le temps d'arrêt déflnitif, c'est-à-dire la décadence prochaine du mouvement communal allemand; l'état de trêve armée dans lequel les républiques urbaines vécurent à partir de ce moment avec leurs voisins féodaux, fut entièrement à leur désavantage, parce qu'il permit à leurs adversaires princiers de concentrer des forces qui étaient bien supérieures aux leurs.
La grande majorité d'entre elles maintint néanmoins victorieusement son autonomie contre des embûches journa-
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Hères; bien plus, elles la constatèrent plus catégoriquement que jamais, en faisant reconnaître officiellement leur immédiateté. Elles avaient aussi longtemps que possible tenu à l'ancienne idée de Tempire, dont, comme le disait tristement l'empereur Sigismond, elles étaient le seul reste; mais leur prétention d'être exclusivement avec et dans tempire était à la longue devenue insoutenable, l'unité de l'empire ayant fini par s'évanouir complètement. De tous côtés entourées de territoires souverains, elles durent, quoi qu'elles en eussent, se gérer également en corporations souveraines, et se résigner à ne plus être que des membres de la fédération germanique, qui s'était substituée à la monarchie impériale. C'est vers le milieu du xv'' siècle que les anciennes villes libres et les anciennes villes impériales commencèrent, les unes et les autres, à se considérer elles-mêmes, et à se faire admettre universellement comme des Etats immédiats de l'empire, aux diètes duquel elles prenaient part depuis longtemps, quoique dans un collège particulier subordonné à ceux des électeurs et des princes. Un certain nombre de celles que nous avons nommées plus haut ne sont pas arrivées cependant à cette immédiateté légale, ou du moins n'en ont pas joui longtemps : Trêves et Wurzbourg étaient déjà précédemment redevenues des villes épiscopales ; Mayence fut traîtreusement asservie par son archevêque en 1462, et Magdebourg eut un sort analogue en 1486.
Depuis cette évolution, qui fut comme la momification des républiques citadines, elles n'influèrent plus qu'une seule fois sensiblement sur le développement historique de l'Allemagne : ce fut lors de la Réforme, qu'elles adoptèrent toutes, à l'exception de quelques petites villes souabes et de la sainte cité de Cologne, la ville des trois rois mages et des onze mille vierges. Quelques-unes d'entre elles firent encore pondant un certain laps de temps quelque figure dans l'empire par leur commerce, leur banque, leurs arsenaux, leur habileté diplomatique, et, au xvi" siècle encore, le dicton populaire allemand :
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Venediger Macht, Augsbiirger Pracht, Nurnberger Witz, Strassburger Geschufz, Und Ulmer Geld, Bezicingt die Welt,
mettait sur la même ligne la puissance de Venise, la magnificence d'Augsbourg, l'esprit inventif de Nuremberg, l'artillerie de Strasbourg et l'argent d'Ulm, comme moyens de conquérir le monde; mais déjà elles commençaient toutes à être atteintes dans l'essence même de leur puissance, dans leur prospérité industrielle, commerciale et financière, par la concurrence des villes princières, en même temps que leur importance politique diminuait à vue d'oeil, à mesure que les territoires dvnastiques s'arrondissaient et se consolidaient par une administration plus rationnelle.
Les trois et surtout les deux derniers siècles de l'existence du saint-empire ne furent, en réalité, pour elles qu'une longue agonie; comme leurs dépenses pour l'entretien de leurs murailles, la solde de leurs mercenaires, les traitements de leurs magistrats et de leurs ambassadeurs allaient graduellement en augmentant, tandis que leurs ressources diminuaient, les impositions devenaient de plus en plus écrasantes, les dettes s'ajoutaient aux dettes; les maisons et les rues se dépeuplaient; au dedans régnaient de petites oligarchies tyranniques et prévaricatrices; au dehors, les princes abusaient insolemment de leur puissance pour les molester. On est presque tenté de regarder comme une amère ironie, en présence de cette décrépitude de plus en plus manifeste des villes libres, la dignité supérieure accordée officiellement par la paix de Weslphalie à leur collège en diète, qui alors seulement eut voix délibérative, à coté des deux collèges des électeurs et des princes; aussi ne se firent-elles pas illusion à cet égard, et, poussant à ses dernières limites leur vieux système de se faire représenter par les plus puissantes d'entre elles, presque toutes déléguèrent leurs pouvoirs aux séna-
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leurs de Ratisbonne, où se tenait la diète; il fallut les plaintes des autres envoyés pour qu'elles se décidassent à y avoir des plénipotentiaires particuliers.
Au moment où la Révolution française vint mettre fin au vieil empire germanique, on comptait encore cinquante et une villes libres d'empire. Leur liste avait subi bien des modifications dans la suite des siècles, comme on peut s'en convaincre en comparant entre elles les matricules d'empire et les actes des diètes aux différentes époques. La plus ancienne matricule, celle qui fut confectionnée à Nuremberg- en 1422 à propos de la guerre contre les Ilussites, indique soixante-quinze villes immédiates; celle de Worms de l'an lo21, qui est restée la norme fondamentale pour les services militaires des membres du corps germanique aussi longtemps que celui-ci a duré, en énumère quatre-vingtquatre; mais, sans parler des erreurs et omissions qu'elle contenait tout d'abord, il faut tenir compte du changement qui s'était opéré dans la situation politique de beaucoup de villes depuis le commencement du xvi" siècle : il y en avait qui avaient été annexées à la France ou à la Confédération helvétique, comme Metz, Strasbourg, Bàle; il y en avait d'autres qui, comme Constance et Donauwœrlh, avaient élé incorporées à des territ'oires princiers voisins; et ainsi leur nombre était finalement descendu au chiffre indiqué plus haut. Nous avons donné ailleurs leur rang officiel en diète, selon leurs deux bancs, rhénan et souabe, qui en comptaient respectivement quatorze et trente-sept, et nous avons en même temps noté la confession religieuse de chacune; nous allons les énumérer ici selon leur importance et leur groupement géographique.
Les cercles habsbouraeois de Bourooane et d'Autriche et les cercles électoraux du Bas-Rhin et de Haute-Saxe n'en contenaient aucune; ceux de Basse-Saxe, de Weslphalie et du Haut-Rhin étaient respectivement représentés sur le banc rhénan par six, trois et cinq villes; enfin ceux de Bavière, de Franconie et de Souabe contenaient les villes libres du
banc souabe, à raison de une, cinq et trente et une villes par cercle.
Quoique beaucoup moins nombreuses, les villes d'empire du banc rhénan dépassaient en importance celles du banc souabe : en effet, les villes saxonnes de Lubeck, Hambourg-, Brème, Goslar, Nordhausen-sur-la-Helme et Muhlhausen-surrUnslrut, les villes westphaliennes de Cologne, Aix-la-Chapelle et Dortmund, et les villes rhénanes de Worms, Spire, Francfort-sur-le-Mein, Friedberg-en-Weltéravie et Wetzlarsur-la-Lahn appartenaient, à peu d'exceptions près, aux cités grandes ou moyennes de l'Aile magne, tandis que parmi les autres il n'y en avait que quatre qui pussent prétendre au même rang-, à savoir l'unique ville bavaroise de Ralisbonne, la ville franconienne principale de Nuremberg' et les deux chefs-villes souabes d'Augsbourg et d'Ulm. Les quatre petites villes libres du cercle de Franconie, Schweinfurt-sur-le-Mein, AVindsheim-sur-l'Aisch, Rolhenburg-sur-la-Tauber et Weissenburg-im-Nordgau, ainsi que leurs vingt-neuf similaires du cercle de Souabe, Dinkelsbuhl-sur-la-Wernitz, Bopfingen et Nœrdlingue dans le Ries, Giengen-sur-la-Brenz, Kaufbeuernsur-la-Wertach, Kemplen, Memmingen et Leutkirchen dans la vallée de l'Iller, Biberach-sur-la-Riss, Buchau près du Federsée, Pfullendorf dans le Ilégau, Isny et AVangen sur l'Argen, Ravensburg-sur-la-Schussen, Lindau, Buchhorn (aujourd'hui Friedrichshafen) et Ueberlingen sur le lac de Constance, Gengenbach et Offenbourg sur la Kinzig, Zell-surle-Hammersbach, Weil-sur-la-AVurm, Rottweil, Reutlingen, Esslingen, Ileilbronn et Wimpfen dans la vallée du Neckar, Schwa^bisch-Gmund sur la Rems, Aalen et Sch-^'aebisch-Hall sur la Kocher, étaient presque sans exception des communautés urbaines fort insigniliantes, quelques-unes même à peine des bourgs.
Quelle que fût leur importance relative, les villes libres d'empire en tant que corporations politiques autonomes disparurent toutes dans l'espace de quelques années à la fin du xvin'' et au commencement du xix" siècle.
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La réorg-anisation territoriale du corps germanique après le traité de Lunéville, qui supprima aussi les principautés ecclésiastiques d'où elles étaient en partie sorties, mit tout d'abord fin à l'existence politique particulière de la grande majorité d'entre elles. La République française s'était incorporé les quatre villes de Cologne, Aix-la-Chapelle, Worms et Spire, situées sur la rive gauche du Rhin : elles lui furent solennellement cédées (1801). Les trois électeurs de l'Allemagne méridionale se partagèrent trente et une républiques urbaines, celui de Bavière en prenant quinze (Schweinfurt, Windsheim, Rothenburg-, Weissenburg-im-Nordgau, Dinkelsbuhl, Bopfingen, Nœrdlingue, Ulm, Kaufbeuern, Kempten, Memmingen, Leutkirchen, AVangen, Ravensburg-, Buchhorn), celui de AVurtemberg- neuf (Giengon, Aalen, Schwa'bisch-Hall, Schwa^bisch-Gmund, Rottweil, Reutlingen, Esslingen, Heilbronn, Weil), et celui de Bade sept (Biberach, Pfullendorf, Ueberlingen, Otîenbourg-, Gengenbach, Zell, Wimpfen). Dix autres furent attribuées à différents souverains : Goslar, Nordhausen et Muhlhausen passèrent à la Prusse, Friedberg- au landgrave de Hesse-Darmstadt, Dortmund à la lig-ne cadette ou oranienne de Nassau; Ratisbonne et Welzlar furent assignées à l'électeur-archicliancelier, et Lindau, Isny et Bucbau aux princes ou comtes de Bretzenheim, de Quadt et de Tour-et-Taxis (1803).
Cette hécatombe de villes libres n'en laissait subsister que six, des plus importantes il est vrai; c'étaient Aug^sbourg-, Lubeck, Nuremberg, Francfort, Brème et Hambourg, qui furent déclarées neutres et exemptes de toutes charges militaires. Mais elles ne jouirent pas longtemps de cette position privilégiée : la paix de Presbourg livra Augsbourg à la Bavière (1805); l'acte de la Confédération du Rhin (1806) lui donna en outre Nuremberg, dont elle possédait déjà depuis plusieurs mois l'ancien territoire, incorporé en 1798 par le roi de Prusse à la principaulé d'Anspach; par le même acte, Francfort devint la capitale de l'archichancelier, transformé en prince-primat; enfin les trois dernières villes libres
impériales, Lubeck, Brème et Hambourg, qui seules avaient survécu à la chute du saint-empire, furent incorporées à l'empire français par le sénatus-consulte du 13 décembre 1810. L'absorption de petites républiques municipales du moyen âge par les Etats monarchiques voisins était trop conforme aux tendances générales du siècle pour que le Congrès de Vienne fut tenté de les rappeler à la vie; à l'exception de quatre d'entre elles, elles continuèrent à faire partie des territoires auxquels les avaient adjointes les remaniements continuels de l'époque napoléonienne, ou bien encore elles furent assignées à de nouveaux maîtres. Des cinquante et une anciennes villes libres, quatorze firent dorénavant partie du royaume de Bavière (Schweinfurt, AVindsheim, Rothenburg-, Weissenburg-im-Nordgau, Nuremberg, Ratisbonne, Dinkelsbuhl, Noerdlingue, Augsbourg, Kaufbeuern, Kempten, Memmingen, Lindau, Spire), dix-huit du royaume de Wurtemberg (Bopfingen, Giengen, Aalen, Schwa^bisch-Hall, Schwsebisch-Gmund, Rottweil, Reutlingen, Esslingen, Heilbronn, Weil, Ulm, Biberach, Buchau, Leutkirchen, Isny, Wangen, Ravensburg, Buchhorn), cinq du grand-duché de Bade (PfuUendorf, Ueberlingcn, . Offenbourg, Gengenbach, Zell), trois du grand-duché de Hesse-Darmstadt (Wimpfen, Worms, Friedberg), six du royaume de Prusse (Aix-la-Chapelle, Cologne, Dortmund, Wetzlar, Muhlhausen, Nordhausen), et une du royaume de Hanovre (Goslar); seules les quatre villes de Lubeck, Francfort, Brème et Hambourg furent relevées de leur déchéance politique , et admises comme États souverains dans la Confédération germanique (1815). Elles y ont figuré aussi longtemps qu'elle a existé elle-même, c'est-à-dire pendant un demi-siècle; puis la guerre allemande de 1866 a fait de Francfort une ville prussienne. Quant aux trois autres, elles ont survécu à cette nouvelle tourmente et, après avoir fait partie de l'union de l'Allemagne du Nord, elles continuent à représenter dans le nouvel empire allemand les anciennes villes libres d'empire. Lubeck est un vrai type de ville impériale proprement dite; Ham-