‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 104 sur 168 · LES VILLES HANSÉATIQUES · texte numérisé non relu

LES VILLES HANSÉATIQUES

princier, le comte Christophe d'Oldenbourg-, sous le prétexte de rétablir sur son trône le roi Christian II, que la ligue avait elle-même aidé à renverser, mais en réalité dans le but peu déguisé de démembrer la monarchie danoise. Le succès couronna les premières entreprises de Taudacieux tribun; on prit Copenhague, on conquit la Norvège; mais alors les Suédois et les Hollandais, jaloux des Ilanséates, vinrent en aide aux Danois; les Lubeckois, battus sur terre et sur mer et abandonnés par les autres villes, durent en 1536 demander la paix et livrer au bourreau les chefs de leur turbulente démocratie. Depuis lors la Hanse ne se mêla plus de politique et rede-vint exclusivement commerciale; mais ses beaux .jours étaient passés sans retour, et malg-ré tous les efforts elle ne cessa de dépérir. La diète de Lubeck de 1579 tenta de réorganiser l'association, qui était encore censée comprendre soixante-six villes; mais le nouveau pacte ne fut signé que par les plénipotentiaires de treize d'entre elles, à savoir Lubeck, Hambourg, Brème, Brunswick, Wismar, Rostock, Stralsund, Danzick, Kœnigsberg et quatre villes secondaires; les ambassades hanséates en Russie, en Espagne, aux Pays- Bas dans les premières années du xvn" siècle aboutirent à peu de chose; le grand projet de Wallenstein de transporter le commerce du monde d'Amsterdam à Hambourg, reçu d'ailleurs sans grand enthousiasme par la diète de Lubeck de 4627, s'évanouit promptement en face de la résistance victorieuse que Stralsund opposa au généralissime de la maison d'Autriche; en 1630, la plupart des villes dénoncèrent officiellement l'union; enfin un dernier Hansetarj réuni à Lubeck en 1669 et où figurèrent encore les représentants des neuf villes de Lubeck, Hambourg, Brème, Cologne, Osnabruck, Minden, Brunswick, Rostock et Danzick, se sépara sans avoir réussi à raviver l'antique Hanse, qui de ce jour se trouva définitivement condamnée.

Cependant une nouvelle ligue hanséatique s'était déjà formée à ce moment, sur un pied beaucoup plus modeste il est vrai. Dans la même année 1630, où tant de membres T. II. 24

avaient fait savoir qu'ils ne pouvaient plus continuer l'alliance, les trois villes de Hambourg, Brème et Lubeck avaient conclu, à côté de l'association générale, une ligue particulière, qu'elles renouvelèrent en 1641 : c'est cette hanse restreinte, image fort affaiblie de la grande Hanse teutonique du moyen âge, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Il a été dit plus haut que les trois cités, admises toutes les trois à des époques différentes parmi les villes libres d'empire, avaient échappé à la médiatisation de l'année 1803 et étaient devenues complètement autonomes lors de la fin du saint-empire en 1806; qu'en 1810 elles avaient été momentanément incorporées à l'empire français, mais que, rendues à la liberté en 1813 et en 1814 (Hambourg au prix des plus cruelles épreuves), elles avaient formé avec Francfort les quatre villes libres de la Confédération germanique de 1813; qu'enfin, plus heureuses que la Aille du Mein, elles avaient traversé sans encombre les événements de 1866, et étaient entrées, comme républiques urbaines, dans l'union du Nord et dans le nouvel empire allemand : il ne nous reste par conséquent qu'à ajouter quelques mots sur leur état territorial et sur leur rôle politique et économique dans le temps présent.

Les trois États hanséatiques n'ont que des territoires peu considérables, car leur superficie, qui est de 414 kilomètres carrés pour Hambourg, de 299 pour Lubeck et de 236 pour Brème, se chiffre au total à 970 kilomètres carrés seulement, sur lesquels le recensement du l*"" décembre 1890 a compté près de 900 000 habitants, dont 623 000 pour Hambourg, 180 000 pour Brème et "6 000 pour Lubeck. Ils se composent presque exclusivement des villes elles-mêmes et de leurs banlieues; cependant, dès le moyen âge, comme les trois cités sont toutes situées plus ou moins loin dans l'intérieur des terres, leurs bourgeois s'étaient assuré, plus à proximité de l'embouchure de leurs fleuves respectifs, des avant-ports ou ports d'allège, les Lubeckois à ïravemunde, les Ilambourgeois à Cuxhafen et les Brèmois à Vegesack : ils les possèdent encore, et les Brèmois ont même ajouté depuis 1828 à

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