‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 107 sur 168 · HISTOIRE ANCIENNE DU TERRITOIRE SUISSE · texte numérisé non relu

HISTOIRE ANCIENNE DU TERRITOIRE SUISSE

a retrouvé les pieux, entourés d'ustensiles en pierre, en corne, en terre, et aussi en bronze, sur les bords des lacs de Constance, de Zurich, de Bienne, deNeuchâtel, de Genève; peutêtre étaient-ce des Finnois, peut-être déjà des Celtes. A l'époque de la conquête romaine en tout cas, le pays entier, ou du moins la majeure partie du pays, appartenait à la race celtique : les Helvètes qui occupaient la haute plaine entre le Jura et les Alpes suisses, étaient, de môme que les petites peuplades des Alpes Pennines, incontestablement des Celtes, que les progrès des Germains avaient refoulés depuis la région du Mein et du Danube jusqu'au delà du Rhin supérieur; quant à leurs voisins plus orientaux, les Rhétiens, qui étaient établis aux environs du lac de Constance et dans les hautes vallées du Rhin et de l'Inn, ils étaient probablement de même origine, quoiqu'une vieille tradition fasse d'eux les descendants des Rasènes étrusques ou toscans expulsés de l'Italie par les Gaulois six siècles avant notre ère, et rattache à cette filiation mythique, dans la vallée du Rhin postérieur, les noms de Thusis {Tusaun, Tuscia)^ de Réalta [Rhsetia alla) et de Rhœzuns {Rhselia ima), en les mettant en rapport avec le peuple toscan et le héros éponyme Rhœtus. Qu'ils fussent des peuples frères ou qu'ils fussent d'origine différente, les Helvètes et les Rhétiens eurent à peu d'intervalle le même sort; ils furent les uns et les autres incorporés à l'empire romain, les premiers par César, les seconds, du temps d'Auguste, par Tibère et par Drusus. Mais la vieille division en Helvélie et en Rhétie se maintint après la conquête, l'un des deux pays comptant avec la Gaule et l'autre avec l'Italie; deux localités du nom de Pfyn {Ad Fines), l'une en Thurgovie au nord-est de Frauenfeld, l'autre dans le Valais entre Sierre et Leuk, conservent le souvenir de l'antique ligne de démarcation.

La civilisation romaine ne tarda pas à prendre possession de toute la région des Alpes Helvétiques et Rhétiques, ainsi que de la vallée du Rhône supérieur, au pied septentrional des Alpes Pennines, que César avait également conquise. La Suisse antérieure et même les hautes Alpes furent sillonnées

de routes, dont il subsiste des vestiges ou des souvenirs au Grand-Saint-Bernard, au Simplon, au Bernardin, au Splugen, au Septimer, au Julier, ainsi qu'à la fameuse Pierre-Perluis dans le Jura bernois ; sur le plateau antérieur et dans les grandes vallées du Rbin et du Rhône s'élevèrent des villes florissantes, ornées de temples, de théâtres et de bains. Nous ne nommerons que celles qui ont été, lors du triomphe du , christianisme, des sièges épiscopaux : ce sont, dans le bassin du Rhône, Geneva (Genève), à l'extrémité occidentale du lac Léman, et Octodurus ou Octodurum (Martigny), au grand coude du fleuve dans son cours supérieur; dans le bassin du Rhin, Aventicum (Avenches), au sud du lac deMorat, Augusta Rmiracorum (Augst), à l'endroit où le Rhin reçoit l'Ergolz, Vindonissa (Windisch), au confluent de l'Aar, de la Reuss et de la Limmat, et enfin Ciiria Rhsetorum (Coire), en aval de la jonction des difTérentes branches originaires du Rhin.

Vint l'invasion des Barbares. Les contrées qu'on a depuis appelées la Suisse furent successivement envahies par trois peuples germaniques, les AUemans, les Bourgondes et les Ostrogolhs, en attendant qu'un quatrième, celui des Francs, y rétablit l'unité de domination. Les Allemans en conquirent tout d'abord la portion nord-est, depuis le lac de Constance jusqu'au lac de Tiiun, et ils pénétrèrent ensuite peu à peu dans les hautes vallées alpestres qui correspondent à ce terrain; les Bourgondes s'établirent à l'ouest, dans le Jura, sur le Léman, sur le haut Rhône, en s'avançant jusqu'à l'Aar inférieure; les Ostrogoths ne firent que réunir momentanément à leur royaume la région du sud-est, c'està-dire les bassins supérieurs du Tessin, du Rhin, de la Limmat et de la Reuss jusqu'aux lacs de Lucerne et de Wallenstadt. Aussi leur conquête passagère n'a-t-elle pas laissé de trace; le versant méridional des Alpes est devenu, à l'instar do la plaine du Pô, pays de langue italienne; aux sources du Rhin et de l'Inn se maintient jusqu'aujourd'hui un dialecte corrompu de la vieille langue latine, la langue romane. Il n'en a pas été de même des contrées occupées

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