‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 111 sur 168 · ACCROISSEMENT DES HUIT ANCIENS CANTONS · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DES HUIT ANCIENS CANTONS

bourg-, Soleure et Schaffhouse. Elles possédèrent en outre, depuis 1483, en participation avec Zurich et Lucerne, le comté de Sargans, compris entre le lac de Wallenstadt et le Rhin (avec Sargans, Rag-atz, Pfieffers, Wallenstadt), que leur vendit le comte de Werdenberg-; et elles y ajoutèrent en 1490, dans les mêmes conditions de cosouveraineté de Zurich et de Lucerne, le Rheinihal proprement dit, c'està-dire la rive gauche du Rhin depuis la hauteur de Feldkirch jusqu'au lac de Constance (avec Rheineck comme chef-lieu) : c'était également une ancienne possession des comtes de Werdenberg qui, après avoir passé par bien des mains dans le courant du xv° siècle, avait été achetée en 1460 par les gens d'Appenzell; les sept cantons la leur enlevèrent en 1490, sauf à les admettre dix ans plus tard comme copropriétaires.

Voilà pour les possessions où tous les cinq cantons étaient intéressés; mais de plus, sans compter la ville de Rapperschwyl et les avoueries italiennes de Riviera, Bellinzona et Val-Blegno, qui relevaient, ainsi qu'il a été dit précédemment, l'une d'Uri, Schwitz, Unterwalden et Glaris, les autres d'Uri, Schwitz et Unterwalden nid dem Wald, les deux républiques de Schwilz et de Glaris acquirent en 1438, des héritiers de Toggenburg- et de la maison d'Autriche, les deux pays d'Utznach (avec Utznach et Schmerikon) et de Gaster (avec Schaniis et Wesen), qui de l'autre côté de la Linth avoisinaient leurs frontières respectives; elles y ajoutèrent en 1497 le petit pays de Gams dans le Rheinthal supérieur (avec Gams), ancienne dépendance de la seigneurie de Sax, qui s'était rachetée de ses maîtres et qui se donna librement à eux; enfin en 1317 Glaris seul acheta aux barons de Hewen le comté de Werdenberg (avec Werdenberg), qui continuait au sud le bailliage précédent, en s'interposant entre le Toggenburg, le comté de Sargans et le Rhin.

L'agrandissement des trois cantons de villes, Lucerne, Zurich et Berne, s'est fait dans d'autres conditions. Sans doute, nous venons de le rappeler, ils ont pris leur part dans la conquête et dans le gouvernement des bailliages communs

de l'Argovie, de la Thurg-ovie, de la vallée du Rhin et des pays italiens; mais ils ont accru leur puissance dans des proportions beaucoup plus considérables en adjoignant au corps du canton des comtés, des seigneuries, des villes, des terres de toute espèce, qui se trouvaient à leur portée. Une politique de ce genre n'était guère praticable pour les cantons alpestres, limitrophes entre eux et naturellement délimités par leurs montagnes; eussent-ils pu la suivre, ils s'en seraient abstenus, parce qu'ils étaient trop jaloux de leur vieille liberté pour se soucier d'y associer des sujets de la veille, et trop prudents pour faire entrer dans leurs communautés un grand nombre de vassaux ou de sujets. Tout autre était la situation de leurs alliés de la plaine : aucun obstacle naturel ne limitait leur ambilion, et chaque nouvelle acquisition augmentait la force militaire et les revenus de l'État, sans diminuer en rien les droits et privilèg-es de la population citadine, seule investie de la souveraineté.

Quelques lignes suffiront pour caractériser les progrès territoriaux des cantons de Lucerne et de Zurich, tous les deux agrandis presque exclusivement aux dépens de la maison d'Autriche. Lucerne acquit dans le dernier quart du xix" siècle, à l'est Weggis, de l'autre côté du lac, au pied du Rigi, au nord-ouest Rothenburg, Munster et, à égale distance de ces deux villes, Sempach, qui conserva le titre et les droits de ville libre, à l'ouest et au sud-ouest enfin Willisau et la riche vallée alpestre de l'Entlibuch; puis dans la guerre de 1413 elle se donna ses frontières définitives, en s'incorporant, au delà du lac de Sempach et jusque dans le voisinage de l'Aar, Sursée, Wikon et l'abbaye de Saint-Urbain : de même que Sempach, Sursée fut maintenu dans ses vieilles franchises. Tout comme Lucerne, Zurich fit de grandes et nombreuses acquisitions à la fin du xiv'' et au commencement du xv" siècle, où elle étendit sa domination à la fois au sud, sur les bourgs riverains de son lac, Kussnacht, Meilen, SUefa et Ilorgen, à l'est et au sud-est sur Greifensée et Gruningen, au nord, c'est-à-dire dans la direction du Rhin, sur Regensberg

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