‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 114 sur 168 · LES CINQ NOUVEAUX CONFÉDÉRÉS · texte numérisé non relu

LES CINQ NOUVEAUX CONFÉDÉRÉS

depuis, qui s'étendait le long- de l'Aar depuis Grenchen et Buchegg' jusqu'au delà d'Olten, et, dans la direction du nord, franchissait le Jura par Balsthal et Thierstein, pour ne s'arrêter qu'à Dorneck, à peu de distance de Bâle. L'histoire de Fribourg- était plus accidentée. Bâtie en 1176 par le duc de Zœhringon Berthold lY, sur un promontoire de roc contourné par la Sarine, dans ce qu'on appelait l'Uechtland ou désert helvélien {Oedland, eremus Ilelveliorum), elle avait été comblée par son fondateur de privilèges à la hauteur de son nom de Freiburg, c'est-à-dire la ville franche. Elle passa en 1218 aux Kybourg, qui la transmirent aux Habsbourg; mais, quoiqu'elle ne portât pas le titre de ville d'empire, elle en eut dès lors à peu près tous les droits, et prit une part active aux guerres du xni% du xiv'' et du xv'^ siècle dans la Suisse occidentale, quelquefois comme alliée de Berne, plus souvent dans les rangs de ses adversaires : car elle jalousait la fortune plus brillante de sa ville-sœur. En 14o2, abandonnée par l'Autriche, elle se mit sous la protection de la Savoie; s'en repentit bientôt, et reprit en 1478, avec l'aide des Bernois, sa complète indépendance. A ce moment elle possédait déjà, depuis plus ou moins longtemps, une banlieue fort étendue, ce qu'on a appelé depuis le vieux domaine de Fribourg-; la guerre de Bourgogne venait en outre de lui valoir, en 1473, les bailliages d'Ilens et de PlafTeyen, et la copropriété avec Berne de ceux de Morat, de Grandson, d'Orbe et d'Echallens; celui de Schwarzenburg était commun aux deux villes depuis la première moitié du siècle. Fribourg ne s'en est pas tenue là : à l'exemple de Borne, quoique en de moindres proportions que la république voisine, elle continua, après son admission dans l'alliance helvétique, à s'étendre dans la direction du lac de Genève ; acquit successivement les seigneuries de Montagny (Montenach), Farvagny (Favernach), Vuippens (Wippingen) et Yauruz (Thalbach); enleva dans la guerre de Yaud de 1536 Rue (Ruw) à l'évêque de Lausanne, Estavayer (Staeffis), Romont, Bull (Boll) et Château-Saint-Denis à la maison de Savoie ; et eut

pour sa part dans la dépouille de la maison de Gruyères, Corbière (Gorbers) el Gruyères (Greyerz).

L'introduction des deux villes de Fribourg et de Soleure dans la ligue des huit cantons ne se fît pas sans difficulté. Lorsque, au lendemain de la guerre de Bourgogne, Berne demanda leur admission de concert avec Zurich et Lucerne, les cantons de paysans refusèrent d'y consentir, pour ne pas augmenter encore l'influence déjà prépondérante des cantons de villes dans l'association. La véhémence des uns à maintenir leur proposition, Topiniâtreté des autres à la repousser manquèrent occasionner la rupture de la Confédération : elle fut empêchée par l'éloquence du saint ermite frère ^Nicolas de Flue, et le 22 décembre 1481 la diète de Stanz recevait les deux nouveaux cantons, quoique dans un rang un peu inférieur à celui des huit anciens membres de l'alliance.

L'admission en loOl des deux villes rhénanes do Bâle et de SchafThouse ne provoqua pas de discussions analogues ; la Confédération entière leur était reconnaissante des services qu'elles lui avaient rendus dans la guerre de Souabe, suscitée à la ligue par l'empereur Maximilien P"" ; elles furent à l'unanimité agrégées à l'alliance dans les mêmes conditions que Fribourg et Soleure; Bâle dut même à son titre de ville épiscopale et à son université, fondée en 1439, de prendre rang avant ces deux villes. Bàle, placée au grand coude du Rhin, avait dès le xni'= siècle secoué le joug de ses évêques et tenait depuis lors une place distinguée parmi les villes libres du saint-empire; son alliance avec les cantons remontait au xiv'^ siècle. SchafThouse, sise sur le fleuve en amont de la chute à laquelle elle donne son nom, avait un passé plus modeste. D'abord soumise à l'autorité de son abbaye de Tousles-Saints, elle était devenue ville impériale en 1218; mais en 1330 l'empereur Louis le Bavarois l'avait engagée à la maison d'Autriche. La mise au ban de l'empire du duc Frédéric le Vieux en 141o lui rendit son immédiateté; elle l'avait gardée depuis lors, en la plaçant sous la protection des ligues suisses, et l'archiduc Sigismond avait solennellement

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