‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 134 sur 168 · ANNEXION DE LA BELGIQUE A LA FRANCE · texte numérisé non relu

ANNEXION DE LA BELGIQUE A LA FRANCE

çais trouvèrent des auxiliaires dans le parti patriote, qui tenait à prendre sa revanche de sa défaite de 1787, et la résistance fut à peu près nulle : triste successeur de Guillaume le Taciturne et de Guillaume III, le stathouder héréditaire Guillaume V alla chercher un refuge en Angleterre (18 janvier 1793).

Le sort des Pays-Bas fut, dans le courant de l'année 1793, réglé par la France victorieuse, d'une façon fort différente pour leurs deux moitiés. Les Provinces-Unies, qu'on se glorifiait d'avoir délivrées d'un joug odieux, conservèrent, en apparence du moins, leur autonomie, sous le nouveau nom de République batave, et le traité de la Haye du 16 mai 1793 ne leur imposa que l'abandon de leurs avancées territoriales les plus méridionales, la Flandre hollandaise, Venlo, Maastricht et le Limbourg hollandais, plus la concession à la France du droit de garnison à Flessingue en Zéelande et la proclamation de la liberté de navigation illimitée sur l'Escaut, la Meuse et le Rhin; les Pays-Bas autrichiens au contraire, traités en pays conquis, furent purement et simplement changés en départements français (1^'' octobre 1793). Avec le Liégeois et les cessions hollandaises qu'on leur adjoignit, ils donnèrent neuf circonscriptions départementales, qui ne coïncidèrent que fort imparfaitement avec les anciennes provinces; en termes généraux cependant on peut dire que la Flandre tant belge que hollandaise fournit les départements de la Lys (chef-lieu Bruges) et de l'Escaut (chef-lieu Gand), et le Brabant autrichien, avec Anvers et Matines, ceux de la Dyle (chef-lieu Bruxelles) et des Deux-Nèthes (chef-lieu Anvers) ; que le Ilainaut fut représenté par le département de Jemmapes (chef-lieu Mous) ; que les trois départements de Sambre-et- Meuse (chef-lieu Namur), de l'Ourthe (chef-lieu Liège) et de la Meuse-Inférieure (chef-lieu Maastricht) se partagèrent le Namur, le Liégeois, le Luxembourg occidental, le Limbourg belge et hollandais et les territoires de Maastricht, de Roermonde et de Yenlo; que celui des Forêts (chef-lieu Luxembourg) enfin comprit la majeure partie du Luxembourg. T. n. 34-

Les provinces méridionales, auxquelles l'Aulriche renonça solennellement par les traités de Campo-Formio (1797) et de Lunéville (1801), se trouvèrent de la sorte incorporées à la France dès les premières années de Fépoque révolutionnaire. Les provinces du Nord au contraire eurent à parcourir une longue série de modifications constitutionnelles et territoriales, selon les impulsions qui leur venaient de Paris, avant d'arriver elles aussi à faire partie de l'Empire napoléonien, héritier de la République française.

Immédiatement après la proclamation de la République batave, il avait été décidé que dorénavant les citoyens de tous les cultes jouiraient des mêmes droits politiques et que les pays sujets et alliés, c'est-à-dire le Brabant septentrional et le Drentbe, seraient mis sur le pied d'égalité avec les Sept Provinces souveraines; mais quand il s'agit de déterminer la nature de la nouvelle constitution, il s'engagea, dans deux Conventions nationales successivement réunies, d'interminables débats entre le parti fédéraliste et le parti unitaire, et la question ne fut finalement tranchée dans le sens de celuici qu'après un coup d'État militaire, inspiré par le 18 Fructidor (mars 1798). Le contre-coup de cette décision fut une réorganisation territoriale calquée sur le modèle français; elle faisait complètement abstraction des anciennes divisions provinciales et leur substituait les huit départements de la Dommel (chet-lieu Bois-le-Duc), d'Escaut-el-Meuse (chef-lieu Middelbourg), de la Delft fchef-lieu Delft), du ïexel (chef-lieu Alkmaar), de l'Amstel (chef-lieu Amsterdam), du Rhin (cheflieu Arnheim), du Yieux-Yssel (chef-lieu Zwolle) et de l'Ems (chef-lieu Leeuwarden).

Mais ni la constitution de 1798 ni la circonscription départementale qu'elle avait introduite ne furent de longue durée; après l'établissement du Consulat en France, la première fut modifiée de façon à laisser une influence plus considérable aux assemblées provinciales (1801); et du même coup reparurent, sous le nom moderne de départements, les anciennes provinces avec leurs limites historiques. Il y en

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