‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 137 sur 168 · LE ROYAUME DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

LE ROYAUME DES PAYS-BAS

Midi, où l'on maiiilint les circonscriptions départementales introduites en n9o, les noms de Flandre occidentale, Flandre orientale, Brabant méridional, Anvers, Hainaut, Namur, Liège, Limbourg et Luxembourg ne se trouvèrent fondés en vérité que pour autant que les départements de la Lys, de l'Escaut, de la Dyle, des Deux-Nèthes, de Jemmapes , de Sambre-et-Meuse, de l'Ourtbe, de la Meuse-Inférieure et des Forêts répondaient eux-mêmes aux anciennes provinces dont ils prenaient les noms.

Parmi les dix-huit provinces que nous venons d'énumérer, il y en a une, celle de Luxembourg, à laquelle les traités de Vienne firent une situation singulièrement complexe, en l'érigeant en grand-duché assigné à titre personnel au roi Guillaume I", et en la déclarant partie intégrante de la Confédération germanique. A cela il y avait une double raison, l'une dynastique, l'autre militaire. D'une part, on voulait faire du Luxembourg l'équivalent des possessions patrimoniales allemandes abandonnées par la ligne cadette de Nassau-Orange et en assurer la réversibilité à la ligne aînée de Nassau-Nassau : voilà pourquoi on ne le supposa adjoint au royaume des Pays-Bas que par une union personnelle, tellement personnelle même, qu'on autorisa le roi à le transmettre à un quelconque de ses fils. D'autre part, l'admirable position militaire de la ville de Luxembourg l'avait fait désigner pour devenir une des forteresses fédérales destinées à couvrir la Confédération germanique contre de nouvelles agressions françaises : elle dut donc, avec la province entière dont elle était la capitale, faire partie du nouveau corps germanique. Les conventions supplémentaires conclues à Francfort-sur-ie-Mein entre les quatre grandes puissances naguère coalisées contre Napo-léon I" et le roi des Pays-Bas, le 8 novembre 1816 et le d2 mars 1817, réglèrent la situation de la ville, placée militairement sous les ordres d'un gouverneur et d'un commandant prussiens et occupée par une garnison aux trois quarts prussienne, le tout d'ailleurs sans préjudice de la souveraineté territoriale du roi grand-duc; quant à la province, en

dépit des liens purement personnels qui l'unissaient au chef de la dynastie néerlandaise, elle fit en fait partie du royaume des Pays-Bas, dont la constitution lui fut appliquée et aux Étals généraux duquel elle envova ses députés.

Un mot aussi sur le rétablissement du domaine colonial hollandais que l'union, puis l'incorporation de la République balave à la France, avait fait passer tout entier entre les mains de l'Angleterre. Celle-ci consentit à en restituer la plus grande partie, les îles de la Malaisie; mais, en échange de la part active qu'elle prenait à ce moment même à la réunion des provinces belges à la Hollande, elle se fît céder par son ancienne rivale plusieurs autres établissements coloniaux de grande importance. En effet, la convention de Londres du 13 août 1814, non seulement ne restitua pas aux Pays-Bas la grande île de Ceylan, abandonnée par eux dès le traité d'Amiens (25 mars 1802), mais leur imposa de plus la cession du cap de Bonne-Espérance et celle d'une partie des belles plantations néerlandaises de la Guyane. La jalousie maritime du gouvernement britannique fit en outre insérer dans le premier traité de Paris, du 30 mai 1814, un avîicle qui condamnait Anvers à n'être jamais un port militaire.

En fondant en un seul royaume, avec une constitution commune et des droits complètement égaux, les provinces septentrionales et les provinces méridionales des Pays-Bas, les diplomates de la coalition avaient eu avant tout en vue la création d'une première barrière opposée à la France; mais ils étaient de bonne foi en pensant que les deux moitiés des anciens pays bourguignons et habsbourgeois, qui, à l'exception des provinces wallonnes, étaient de même race et de même langue, se souderaient de nouveau ensemble sans trop de difficulté. Les faits cependant vinrent presque immédiatement donner un démenti éclatant à ces espérances sanguines; entre les anciennes Provinces-Unies et les Pays- Bas méridionaux, il y avait, par suite du développement

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