ACQUISITION DE LA PÛMÉRANIE ORIENTALE
été forcées au tribut par le roi de Pologne Boleslas 111, reçurent sur sa demande le baptême des mains de Tévêque de Bamberg Otton, qui vint à deux reprises (1124.1127) leur prêcher l'évang-ile, et leurs princes indigènes, bientôt passés de la suzeraineté polonaise sous celle de Henri le Lion, puis reconnus comme ducs et princes d'empire par Frédéric 1" Barberousse après la chute du puissant duc de Saxe (1181), se firent à leur tour les propagateurs armés du christianisme, ce qui leur permit d'incorporer à leur domination, en les convertissant, les peuplades maritimes païennes à la gauche de l'Oder. En Pomcrellie, au contraire, la résistance du paganisme fut plus longue ; le christianisme n'y fut définitivement établi qu'au commencement du xm" siècle par ses princes slaves, qui, de même que leurs cousins de la Poméranie occidentale, se firent les vassaux des margraves ascaniens de Brandebourg, mais dont la succession, ouverte en 1295, échappa à ceux-ci pour passer, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, à l'ordre Teutonique d'abord (1309), à la Pologne ensuite (1466). Enfin l'île de Rugen, qu'avait conquise et convertie dès l'année 1 168 le roi danois Waldemar P', fut en l'année 1323, à l'extinction de ses princes indigènes, annexée, avec le consentement du Danemark, à la Poméranie occidentale, citérieure, nouvelle, en face de laquelle ses roches crayeuses émergent de la Baltique.
La frontière septentrionale, maritime, de la Poméranie se trouva de la sorte arrêtée, à l'ouest, c'est-à-dire du côté du Mecklembourg, à la Recknitz, à l'est, c'est-à-dire du côté de la Pomerellie, à la Léba; elle resta plus longtemps incertaine dans la direction de l'intérieur des terres. Les margraves ascaniens de Brandebourg usurpèrent sur leurs voisins poméraniens la Marche uckéranienne et la Nouvelle-Marche, portèrent même plus au nord encore leurs empiétements des deux côtés de l'Oder; mais leurs successeurs bavarois du xiv° siècle reperdirent la majeure partie de leurs conquêtes septentrionales, et TUckermark redevint en bonne partie poméranienne; ce ne fut qu'au xv^ siècle que
les premiers électeurs brandebourgeois de la maison de HohenzoUern délimitèrent définitivement de ce côté aussi la Poméranie, par la reprise de la Marche uckéranienne et de quelques parcelles de territoire limitrophes.
A ce moment la Poméranie était depuis longtemps un pays à peu près complètement allemand, non seulement par les liens politiques, mais aussi par les mœurs et le langage; comme dans le Mecklembourg voisin, la dynastie et le peuple. Slaves d'origine, s'étaient peu à peu germanisés. Comme dans le Mecklembourg aussi, de nombreux princes se partageaient le plus souvent le pays, et le gouvernaient conjointement avec leurs Etats; leurs obscures querelles de famille et les virements de leurs territoires ne méritent pas que nous nous y arrêtions; il suffira de dire qiie l'extinction de la ligne de Stettin, arrivée en 1464, permit à Bogislas le Grand, de la ligne de Wolgast, de réunir en 1478 la Poméranie entière, que ses deux fils George et Barnim y introduisirent la confession luthérienne, que le premier seul fit souche, et que son arrière-petit-fils Bogislas XIV, resté seul duc poméranien en 1623 par la mort sans enfants de ses frères, oncles et cousins, mourut à son tour le 10 mars 1637 sans laisser d'héritiers à la vieille dynastie wende.
Le droit de succession de la maison de Brandebouro- au duché de Poméranie était incontestable, et ne fut jamais juridiquement contesté. Les électeurs ascaniens de la Marche avaient fait reconnaître leur suzeraineté aux princes poméraniens au lendemain de la bataille de Bornhoevde (1227), qui les avait soustraits au joug danois, et lorsque au xiv® siècle leurs successeurs bavarois s'étaient vus obligés de les délier du serment féodal et de les rendre à leur immédiatelé d'empire, ils avaient formellement maintenu leur droit de succession éventuelle (1338). Ce droit avait passé, avec Télectorat lui-même, auxllohenzollern; il avait été maintes fois reconnu par les empereurs, par les ducs poméraniens, par leurs états; pour mieux le constater, le traité de Grimnitz en Uckermark avait, en 1S29, stipulé la coinvestiture impériale et le serment