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LA DÉLIMITATION ENTRE LA HOLLANDE ET LA BELGIQUE

roi des Pays-Bas, resté détculeur des deux chefs-lieux, et en attribuait la partie occidentale à la Belgique. Les Belges, qui venaient d'être battus, donnèrent leur assenlimenl dès le 13 novembre; mais Guillaume I", qui se sentait appuyé par les sympathies non dissimulées de la Russie, delà Prusse et de l'Autriche, se refusa à toute concession, et, fidèle à la vieille devise de sa maison « Je maintiendrai », il prélendit, à force d'obstination, faire revivre le protocole primitif du 20 janvier 1831; en attendant, une garnison hollandaise continuait à occuper la citadelle d'Anvers.

Comme l'opposition des trois grandes puissances du Nord ne permettait pas l'emploi de mesures de coercition au nom de la Conférence, la France et l'Angleterre, fatiguées à la long'ue de cet état de choses qui n'était ni la paix ni la guerre, signèrent le 22 octobre 1832 une convention particulière, en vertu de laquelle une nouvelle armée française entra en Belgique et délivra iVnvers de son incommode voisinage (24 décembre 1832). Cet acte énergique, qui détermina les autres grandes puissances à ajouter leurs efîorts en faveur de la paix à ceux des deux puissances occidentales, amena la suspension définitive des hostilités, stipulée par la convention du 21 mai 1833 entre la Hollande, la France et l'Angleterre; mais en droit rien ne fut conclu, le roi Guillaume continuant à protester obstinément contre le traité des 24 articles. La Belgique en profita pour se maintenir en possession du Luxembourg et du Limbourg presque entiers.

Enfin, quand on commençait presque à oublier le différend belge-batave, le roi des Pays-Bas se déclara tout à coup prêt à souscrire à la décision arbitrale de la Conférence de Londres, c'est-à-dire aux 24 articles (14 mars 1838). Ce fut alors à la Belgique, qui était en train de s'assurer les deux provinces par voie de prescription, à refuser de s'exécuter. Mais ses protestations diplomatiques et ses armements furent également inutiles; les grandes puissances, qui avaient à cœur d'en finir, ne consentirent en sa faveur qu'à quelques concessions financières, inscrites dans un dernier protocole, celui

du 22 janvier 1839, et les 24 articles ainsi modifiés devinrent, après tant de péripéties, un arrangement définitif, par la double signature des deux royaumes néerlandais, apposées, celle de la Hollande le 4 février, celle de la Belgique le 19 avril 1839. Le Luxembourg et le Limbourg, qui depuis plus de huit ans avaient, sauf le double rayon de Luxembourg et de Maastricht, fait partie du nouvel État belge, ne lui restèrent que pour leur moitié occidentale, la plus considérable, il est vrai; les cantons orientaux, voisins de la frontière prussienne, firent retour au roi des Pays-Bas.

Les frontières ainsi fixées n'ont pas varié jusqu'à nos jours ; mais la position hybride que les traités de 1815 avaient faite au grand-duché de Luxembourg a pendant longtemps encore causé des embarras à la diplomatie et a, à un certain moment, menacé d'un danger imminent la paix de l'Europe.

Il fut convenu en 1839, lors du départagement de la province luxembourgeoise entre les deux royaumes, que la moitié belge du pays cesserait de faire partie de la Confédération germanique, et que celle-ci serait dédommagée de cette perte par l'annexion au territoire fédéral du Limbourg hollandais, à l'exception toutefois des forteresses de Maastricht et de Yenlo, que le traité du 16 août 1839 maintint , exclusivement aux Pays-Bas sans nul partage de souveraineté; aussi voit-on jusqu'en 1866 les deux provinces hollandaises du Luxembourg et du Limbourg figurer sur les tableaux statistiques officiels de la Confédération germanique, où le dernier recensement fédéral les porta, à la date du 3 décembre 186i, pour 4 760 kilomètres carrés et 428 000 âmes, dont 2 360 kilomètres carrés et 206 000 habitants au compte du Luxembourg, 2 200 kilomètres carrés et 222 000 habitants à celui du Limbourg. De fait cependant le Limbourg hollandais resta toujours complètement étranger à l'Allemagne, et fut purement et simplement réincorporé au royaume des Pays-Bas; le Luxembourg hollandais, au contraire, qui se trouvait dorénavant séparé du territoire néer-

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