LES PREMIERS WITTELSBACH
roiscs leur livra successivement le comté de Dachau sur TAmper (1182), les comtés de Riedenburg- et de Lengenfeld au confluent de FAllmulil, de la Naab et du Regen avec le Danube (1185), le margraviat de Cham dans la Forêt de Bavière et le comté de Yohburg sur le Danube (120U), le comté de Valley sur la Mangfall (1238), celui de Bogen sur le Danube (1242) et celui de Moosburg- sur Tlsar (1281); ils profitèrent aussi de la disparition des Andechs-Méranie (1248), dans la succession desquels ils eurent Schaerding- et d'autres possessions sur les bords de l'Inn; enfin si Ottocar 11 les empêcha de profiter de l'extinction des Babenberg- autrichiens (124G), l'héritage du dernier Hohenstaufen, Conradin de Souabe, enrichit ses oncles maternels, les ducs bavarois Louis II et Henri, de nombreux domaines dans la Souabe orientale et dans le Nordgau (1268). Comme, d'autre part, le peu qui restait de haute noblesse, la noblesse de second ordre et les villes furent rappelés au respect et à l'obéissance vis-à-vis de l'autorité ducale, que de bonnes places fortes, Landshut, Braunau, Straubing-, Ingolstadt, couvraient les lignes de l'isar, de l'Inn et du Danube, on peut dire que dès la fin du xni'^ siècle la Bavière était un des territoires les plus compacts et les mieux défendus de l'Allemagne.
C'était le contraire qui était vrai d'un autre ensemble de fiefs et d'alleux, que le fils et le petit-fils déjà d'Otton le Grand avaient acquis à leur maison, et qui est resté à travers les siècles, à côté de la Bavière, l'autre grand établissement territorial et politique de la dynastie des Wittelsbach; on devine que nous voulons parler du Palatinat du Rhin, de ses terres aussi disséminées que nombreuses et de sa dignité électorale.
Nous n'avons pas à entrer ici dans de longs détails sur ce qu'étaient les comtes palatins en général, et ceux du Rhin en particulier; il suffira d'indiquer que, primitivement officiers du palais et chefs de la cour royale, les comtes palatins apparaissent plus tard dans chacune des grandes circon-
scriplions du royaume avec la mission de rendre la justice, d'adminislrer les domaines royaux et de surveiller les ducs; que la plupart d'entre eux ne tardèrent pas à être réduits par ceux-ci à un simple titre honorifique; que seuls les comtes palatins du Rhin, dont il faut, à ce qu'il paraît, chercher Torig-ine au temps de l'empereur Otton I", non en Franconie comme on l'a cru longtemps, mais à Aix-la- Chapelle en Basse-Lorraine, conservèrent un rang- éminent dans l'empire, tout en acquérant avec le temps de belles terres dans les contrées rhénanes. La translation, en l'année 1155, de la dignité palatine du Rhin, du simple gentilhomme Hermann de Slahleck, qui venait d'être condamné à la peine infamante de porter des chiens pour avoir rompu la paix du roi, au propre frère de Frédéric I" Barherousse, Conrad de Hohenstaufen, lui donna à la fois un lustre plus grand et une puissance plus considérable, le nouveau comte ayant joint aux anciens domaines palatins ses nombreux alleux dans la Franconie rhénane, qui comprenaient principalement les restes de l'héritage salien, acquis aux Hohenstaufen en 1123, après la mort de l'empereur Henri V. A la mort de Conrad (119o), les anciennes et les nouvelles dépendances du Palatinat passèrent à un iils de Henri le Lion, Henri AVelf le Beau, le Long- ou rimpie, qui l'année précédente avait épousé sa fille Agnès malgré l'empereur Henri VI; puis celui-ci les abandonna (1211) à son fils Henri le Jeune, à la mort duquel, en 1214, elles arrivèrent aux Wittelsbach, à la fois par inféodation et par mariage. En etîet, le nouveau roi Frédéric H investit le fils d'Otton le Grand, Louis F"", du Palatinat du Rhin (1214); et en même temps le fils de Louis F"", Otton II l'Illustre, en se fiançant avec Agnès Welf, une des sœurs de Henri le Jeune, qu'il épousa en 1225, s'assura, de compte à demi avec Hermann V de Bade, le mari de l'autre sœur Ermengarde, Ja succession des alleux rhénans qui successivement avaient appartenu aux Saliens, aux Hohenstaufen et aux Guelfes.