‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 51 sur 168 · L'ÉLEGTORAT DE PALATINAT-BAVIÈRE · texte numérisé non relu

L'ÉLEGTORAT DE PALATINAT-BAVIÈRE

réclamait, de même que tous les autres princes dépossédés sur la rive droite du fleuve. Les modifications, aussi nombreuses qu'importantes, que les guerres et les traités de la République et de l'Empire ont apportées à l'assiette territoriale de l'Etat bavarois et qui finalement lui ont donné sa configuration géographique actuelle, appartiennent entièrement au règne de son successeur, l'électeur puis roi Maximilien-Joseph (1799-1823), avec lequel monta sur le trône un nouveau rameau de la dynastie palatine, celui de Deux-Ponts- Birkenfeld-Bischweiler, qui lui aussi était rentré dans le giron de l'Eglise catholique, dans le cours du xvni'' siècle. Mais, avant d'entamer le récit des virements territoriaux qui, de l'électoral de Palatinat-Bavière d'il y a un siècle, ont fait le royaume de Bavière actuel, nous allons, pour pouvoir mieux les apprécier, analyser en quelques mots la composition du patrimoine de la dynastie de Wittelsbach à la veille de la Révolution française.

A ce moment, l'électorat de Palatinat-Bavière disputait à l'électorat de Saxe le premier rang parmi les États secondaires de l'Allemagne, et figurait avec lui, quoique à une grande distance, immédiatement après la monarchie prussienne. On l'évaluait en effet à environ 36 000 kilomètres carrés et à près de 2 100 000 habitants; en y ajoutant les possessions de la branche de Deux-Ponts, qui dans un avenir rapproché étaient destinées à y être réunies, on arrivait même aux chiffres de 39 000 kilomètres carrés et de plus de 2 200 000 habitants. Sa masse territoriale de beaucoup la plus compacte était formée, principalement au sud mais aussi au nord du Danube, par les provinces contiguës de la Haute- Bavière, de la Basse-Bavière, du Palatinat supérieur, du Jeune Palatinat (Neuourg et Sulzbach) et de leurs annexes (Hohenwaldeck, Haag, Leuchtenberg, Obersulzburg, Breiteneck, Staufenehrenfels, etc.), qui constituaient presque à elles seules le cercle de Bavière et étaient évaluées à 1150 000 âmes. Venaient ensuite des deux côtés du Rhin, dans les cercles du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Westphalie,

de nombreux territoires, presque tous riches, peuplés, industrieux, mais dont les uns étaient assez considérables, comme étendue continue, tandis que les autres s'enchevêtraient de la façon la plus bizarre avec les Etats d'une multitude de princes ecclésiastiques et laïques : à la première catégorie appartenaient les deux duchés de Juliers et de Berg-, avec un demi-million dames; les possessions palatines proprement dites, Palatinat du Rhin, principautés de Lautern, de Lautereck, de Simmern, de Yeldenz, de Deux-Ponts, copropriété du comté de Sponheim, figuraient dans la seconde, avec une population un peu inférieure. Enfin quelques seigneuries ou comtés isolés compris dans les cercles de Souabe et de Franconie ou situés en Alsace et dans les Pays-Bas (Wiesensteig, Mindelheim; Erbach en partie; la Petite-Pierre ou Lutzelstein, Bischweiler, Ribeaupierre ou Rappoltstein; Ravenstein, Bergen- op- Zoom, Wynnendal, Saint-Michel- Gestel) complétaient l'état territorial de la maison de Wittelsbach en 1789.

Les événements des vingt-cinq années suivantes changèrent singulièrement ce lotissement, tout en agrandissant l'Etat bavarois dans des proportions considérables; la protection constante du premier consul, puis de l'empereur Napoléon 1", lui permirent en effet de s'arrondir et de s'accroître assez pour que son étendue et sa population se rapprochassent sensiblement de celles de la Prusse démembrée à Tilsit. Le souvenir de l'alliance séculaire des électeurs de Bavière avec la France bourbonienne a pu être pour quelque chose dans cette ligne de conduite du fondateur du nouvel empire français; mais il n'en fut certainement pas la raison déterminante. En agissant comme il le fit, Napoléon P"" eut surtout pour but de créer dans l'Allemagne méridionale une puissance de second ordre capable de contenir, avec l'aide de la France, la monarchie autrichienne. De son côté, la Bavière, après avoir profité de son mieux de la bienveillance du grand conquérant, dont les combinaisons territoriales bouleversaient incessamment l'ordre de choses établi en

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