‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 54 sur 168 · LA SAXE ANCIENNE · texte numérisé non relu

LA SAXE ANCIENNE

sent plus que jamais menacées parles Slaves, en même temps que l'autorité ducale s'était en grande partie évanouie.

L'ancienne Saxe devait cependant voir encore une fois de beaux jours et, à la veille d'être complètement morcelée, acquérir de nouvelles provinces. Le comte Lothaire de Supplingenbourg-, qui succéda comme duc à Magnus et continua pendant tout le règne de fleuri V le rôle de chef d'opposition que ses prédécesseurs avaient joué du temps de Henri IV, finit par obtenir la couronne royale à la mort sans postérité de son adversaire (1 125). Son gendre, le Welf Henri le Superbe, duc de Bavière, auquel il inféoda la Saxe en 1136, une année avant sa mort, ne réussit pas il est vrai à lui succéder dans la royauté, sa puissance déjà trop grande lui ayant fait préférer par les princes allemands le Hohenstaufen Conrad; il fut même par celui-ci déposé de sa double dignité ducale (1138), et mourut l'année suivante au ban de l'empire (1139); mais Conrad III ne fut pas de force à mettre en possession de la Saxe le marquis de la marche du Nord, Albert l'Ours, à qui il l'avait attribuée; le jeune fds du défunt, Henri le Lion, s'y maintint victorieusement (1142), il y ajouta de nouveau la Bavière (1 134) après l'avènement de Frédéric I" Barberousse, et surtout il lui donna un lustre nouveau par ses victoires et ses conquêtes sur les populations wendes établies entre l'Elbe et l'Oder inférieures. Tout un royaume de Slavonie fut, le long de la Baltique, momentanément annexé au duché de Saxe; des évêchés et des villes y furent fondés ou rétablis pour le gagner définitivement à la religion chrétienne et à la nationalité germanique.

Ce double but a été atteint, nous l'avons dit ailleurs; mais ni les Welfs, ni même le duché de Saxe n'en ont tiré grand profit. Henri le Lion fut le dernier duc national de la Saxe, tout comme il le fut de la Bavière; son duché septentrional fut même, au moment de sa chute en 1180, bien plus complètement démembré que le duché bavarois : la chasse au Lion y fut d'autant plus acharnée qu'il y était plus puissant par ses possessions patrimoniales, et qu'il y lit une résistance

plus désespérée. Immédiatement après la déposition de son orgueilleux vassal, Frédéric P' avait créé un nouveau duc de Saxe en la personne de l'Ascanien Bernard, comte d'Anhalt et marquis de la marche de l'Est [Ostmark), fils cadet de cet Albert l'Ours qui déjà avait porté le titre ducal de 1138 à 1142; mais prélats et comtes profitèrent de l'occasion pour se débarrasser à jamais de l'autorité ducale, dans la presque totalité de la région comprise ent^^e le Rhin et l'Elbe; l'archevêque de Cologne prit le titre de duc d'Angrie et de Westphalie, le landgrave de Thuringe celui de comte palatin de Saxe; il ne resta guère au prince ascanien, dans la dépouille de Henri le Lion, que la partie du pays slave, récemment conquis sur la basse Elbe, qui avoisinait Lauenbourg, plus le nom de duc de Saxe, qui se fixa dès lors à la fois sur ce pays de Lauenbourg et sur les territoires que possédait Bernard, en sa qualité de margrave de l'Est, le long de l'Elbe moyenne, avec Wittenberg comme ville principale.

La puissance des ducs de Saxe ascaniens, peu considérable dès le début, s'affaiblit encore par suite de partages. Dès la mort de Bernard, arrivée en 1212, son second fils Albert P'", qui continua la série ducale, dut laisser le patrimoine primitif de la maison à son frère aîné, Henri le Gras ou le Vieux, l'aïeul de la maison d'Anhalt encore régnante. On alla plus loin, à la mort d'Albert P'" en 1260 : les duchés euxmêmes n'étant plus que de simples tenures féodales, on appliqua au duché de Saxe la règle des fîefs, en partageant entre ses deux fils les territoires qui en portaient encore le nom : l'aîné, Albert II, fut duc de Haute-Saxe à Wittenberg, le cadet, Jean I", duc de Basse-Saxe à Lauenbourg, et aussi à Ratzebourg, qui y avait été rattaché en 1226. Les deux branches issues des deux frères se disputèrent pendant près d'un siècle l'électoral et la dignité d'archimaréchal de l'empire; enfin la Bulle d'or de 1336 et une bulle particulière à la Saxe de l'an 1376 donnèrent gain de cause à la ligne aînée, en fixant l'électoral sur le cercle de Wittenberg, qu'on appela depuis lors le cercle électoral. Dans l'intervalle un riche héri-

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