MAISON D ANHALT
mand. Ensemble les deux princes régnants de Schwarzbourgg-ouvernent, d'après le recensement de 1890, 162 000 sujets, répartis sur i 802 kilomètres carrés; celui de Sondershausen en a 76 000 sur 8()2 kilomètres carrés, celui de Rudolsladt 86 000 sur 940 kilomètres carrés. Leurs possessions comprennent deux groupes de terres, partagés l'un et l'autre entre les deux branches : la seigneurie supérieure, avec x\rnstadt et Kaefernburg- d'une part, Rudolstadt et Schwarzbourg- de l'autre, est située au centre de la Saxe thuringienne; la seigneurie inférieure, avec Sondershausen d'un côté, Frankenhausen de l'autre, est une enclave de la province prussienne de Saxe.
Pour en finir avec les petits États que nous avons groupés autour de la Saxe, il ne nous reste à parler que de la maison d'Anhalt, le seul rameau survivant de l'illustre souche des Ascaniens, qui au moyen âge a possédé les deux électorals de Brandebourg et de Saxe, et qu'à ce double titre nous avons déjà deux fois rencontrée sur notre chemin. Son origine est rattachée par la tradition à la race mythique des Béringer, alliés de Dagobert et ennemis de Gharlemagne; l'histoire la connaît depuis le xi^ siècle. A cette époque en efîet, on commence à rencontrer aux confins de la Saxe et de la Thuringe, à Anhalt, à Ballenstedt, à Aschersleben {Ascai^ia, Ascania), une famille de seigneurs qui porte indistinctement ces trois noms et domine sur les pentes orientales du Harz, dans l'ancien Schoabengau thuringien. Dès le xif siècle, elle s'éleva au premier rang; nous avons raconté, à propos de l'histoire territoriale de la Prusse, comment le fils du comte d'Anhalt Otlon le Riche et de l'héritière billungienne Eilike, Albert l'Ours, devint le fondateur de la marche de Brandebourg, et par suite de la monarchie prussienne; il a été dit dans les premières pages de ce chapitre comment, tandis que l'aîné des fils d'Albert, Otton, continuait les margraves de Brandebourg anciens, le cadet Bernard, comte d'Anhalt et marquis de la marche de l'Est dans l'héritage paternel, fut T. n. 15
créé duc de Saxe à la chute de Henri le Lion et devint par son second fils, Albert, l'aïeul à la fois des ducs de Saxe- Wittenberg- et des ducs de Saxe-Lauenbourg. La descendance de son fils aîné, Henri le Gras ou le Yieux, ne parvint jamais à jouer un rôle bien considérable; mais elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours comme dynastie comtale, puis princière, finalement ducale, et elle a droit par suite aux quelques lignes, dans lesquelles peut facilement se résumer son histoire territoriale et dynastique.
Henri le Gras, qui en 1212 succéda à son père Bernard dans le patrimoine primitif de la maison ascanienne, possédait déjà à peu près toutes les terres aujourd'hui anhaltines, Ballenstedt, Bernbourg, Kœthen, Dessau, Zerbst; il avait même en plus le comté d'Aschersleben, dont l'un de ses descendants, l'évêque de Halbersladt Albert, frustra les siens au profit de son église (1318), et qui, avec colle-ci, passa aux électeurs de Brandebourg lors du traité de Westphalie, sans que des réclamations continuées jusqu'en 1815 aient valu à sa famille autre chose qu'un droit de succession éventuelle, consenti en 1681 par le grand-électeur pour le cas d'extinction des HohenzoUern. Cette perte aurait été fort peu de chose, si la maison d'An hait eût réussi à se mettre en possession d'un seul des trois grands héritages auxquels elle se trouva tour à tour appelée par les droits du sang, à l'extinction successive des autres lignes issues d'Albert l'Ours; mais la triple succession de l'électoral de Brandebourg en 1320, de la Saxe électorale en 1422 et du duché de Saxe-Lauenbourg en 1689 fut chaque fois enlevée aux héritiers légitimes par des compétiteurs plus heureux, parce qu'ils étaient plus puissants, et la seule acquisition digne de mention que les Anhalt aient faite du xni'' au xix*" siècle est celle de la seigneurie frisonne de Jever, qui passa en 1667 à la branche de Zerbst en vertu du testament du comte d'Oldenbourg, Antoine- Gunther. Encore Jever n'est-il pas resté à la maison; car, lorsque le dernier prince de Zerbst mourut en 1793, sa sœur, l'impératrice Catherine H, le revendiqua comme étant un