‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 62 sur 168 · BRANCHE DE BRUNSWICK-LUXEBOURG-HANOVRE · texte numérisé non relu

BRANCHE DE BRUNSWICK-LUXEBOURG-HANOVRE

et Calenberg; puis la déshérence des ducs de Harboure (1642) grossit ses domaines de ce côté aussi; enfin la ligne aînée lui rétrocéda Dannenberg (1G71). La paix de Westphalie (1648), sans l'agrandir directement, l'avantagea en stipulant que l'évèché-princier d'Osnabruck serait occupé alternativement par un prélat catholique et par un administrateur protestant, et que ce dernier serait invariablement choisi dans son sein. Enfin lorsque en 1689 vint à s'éteindre la maison de Saxe-Lauenbourg dans la personne du duc Jules-François, George-Guillaume de Lunebourg-Celle, sans égard pour les prétentions diverses tant des maisons de Saxe, d'Anhalt, de Mecklembourg, de Brandebourg, que des deux filles du défunt, mit le séquestre sur son héritage, du droit de Henri le Lion, corroboré par un accord de succession éventuelle de l'an 1369, et se maintint en possession du duché de Lauenbourg et du comté de Ratzebourg-, qui en dépendait depuis 1226, en en chassant les troupes saxonnes; le droit de la maison de Brunswick sur les deux pays ne fut définitivement reconnu par l'empereur qu'en 1716, mais de fait ils se trouvèrent à partir de 1690 annexés aux territoires lunebourgeois, en face desquels ils s'étendent sur l'autre rive de l'Elbe.

Presque au même moment le frère de George-Guillaume de Lunebourg-Celle, le duc de Lunebourg-Hanovre Ernest- Auguste, dont les régiments venaient d'aider Morosini dans la conquête de la Morée, achetait de l'empereur Léopold I", au prix de son concours armé contre la France et la Turquie^ le titre électoral (9 décembre 4692). L'empire refusa d'abord de reconnaître cette dignité, décernée sans son concours; mais en 1708 elle fut universellement sanctionnée, en même temps que Joseph I" attribuait au nouvel électoral le titre d'architrésorier de l'empire, devenu vacant par la restitution de celui d'archiécuyer-tranchant à la ligne palatine des Wittelsbach. Lorsque en 1714 les électeurs palatins durent rétrocéder cette dernière dignité aux électeurs de Bavière, le Hanovre garda l'architrésorerie concurremment avec le Pala-

tinat, jusqu'à ce qu'en 1777 la fusion des deux branches de la maison de Wittelsbacli la lui abandonnât sans partage.

Un litre beaucoup plus élevé et une position tout autrement considérable tombèrent en partage quelques années plus tard au second électeur hanovéran George-Louis, dont la mort de son oncle George-Guillaume avait fait l'unique prince régnant de la branche de Brunswick-Lunebourg. 11 fut appelé en 1714, en vertu du bill pour la succession p7-otestante du 23 juin 1701, à succéder à son arrière-cousine la reine Anne Stuart, dans les trois royaumes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande. Sans doute il descendait en droite ligne du roi Jacques P"", par sa fille Elisabeth Stuart, qui avait épousé l'électeur palatin et roi de Bohème de triste mémoire Frédéric V, et dont sa propre mère Sophie était la fille; mais si l'on n'avait eu égard qu'à la proximité du sang, une multitude de princes et de princesses, à commencer par le propre frère de la reine défunte, auraient dû avoir le pas sur lui. C'était la confession protestante de la maison de Hanovre qui avait motivé l'acte du parlement de 17(11, par lequel était désignée comme héritière de la couronne d'Angleterre sa mère, la palatine Sophie; ce fut par horreur pour le catholicisme qu'après la mort de la reine Anne (12 août 1714) la nation anglaise laissa proclamer George I" à défaut de la vieille éleclrice-douairière décédée deux mois auparavant à l'âge de quatre-vingt-quatre ans (8 juin 1714), et qu'elle le maintint sur le trône malgré les intrigues et les révoltes des partisans des Stuarts. Quant à l'afTection entre le nouveau monarque et ses nouveaux sujets, elle fut toujours plus que médiocre; même à la seconde génération encore, George II, qui pourtant parlait l'anglais qu'ignorait son père, n'était et ne voulait être pour son compte personnel qu'un prince allemand; ce n'est qu'avec George III que les Guelfes se sont enfin franchement acclimatés en Angleterre.

Cette prédilection des deux premiers rois britanniques de la maison de Hanovre pour leur pays d'origine, qu'ils ne pouvaient s'empêcher de regarder comme un refuge en cas

Page 1