‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 63 sur 168 · BRANCHE DE BRUNSWICK-LUNEBOURG-HANOVRE · texte numérisé non relu

BRANCHE DE BRUNSWICK-LUNEBOURG-HANOVRE

de révolutions nouvelles sur le sol anglais, favorisa Tarrondissement de l'électoral de Brunswick-Lunebourg- pendant la première moitié du xvni' siècle. George r-' et George II profitèrent du lustre tout nouveau que la couronne du Royaume-Uni jetait sur la dynastie guelfe pour consolider et étendre leurs possessions héréditaires en Allemagne. La nation anglaise était loin de partager l'intérêt qu'ils portaient à leur patrimoine continental; la politique et l'or de la Grande-Bretagne n'en furent pas moins mis au service des combinaisons territoriales des électeurs-rois.

La première et la plus importante de ces acquisitions fut celle du duché de Brème et de la principauté de Verden, qui arrondit admirablement le Hanovre le long du Weser inférieur et dans le voisinaee de la mer d'Allemaene. Les deux pays étaient d'origine ecclésiastique : comme à peu près tous leurs confrères du saint-empire, les prélats de Brème et de Verden étaient devenus au xni" siècle princes souverains, et les archevêques de Brème-Hambourg surtout avaient acquis à leur église de beaux et vastes domaines; s'ils avaient été obligés de reconnaître l'indépendance presque absolue des deux villes hanséaliques qui donnaient à leur diocèse son double nom, ils avaient soumis à leur domination le grand comté de Stade, la noblesse du plat pays entre les embouchures de l'Elbe et du Weser, et une partie des communautés frisonnes le long de la côte maritime correspondante. Au xvi'' siècle la Réformation avait substitué aux évêques catholiques des administrateurs protestants; puis la paix de Westphalie avait fait des deux principautés définitivement sécularisées une part de l'indemnité de la couronne de Suède (1648). Celte attribution avait vivement lésé la maison de Brunswick, qui espérait se les approprier tôt ou tard; elle fit une première tentative pour s'en emparer pendant la guerre de Hollande, de concert avec les Danois et le belliqueux évêque de Munster, Christophe-Bernard de Galen (1675-1676) ; mais au congrès de Nimègue la protection de Louis XIV les fit restituer au roi de Suède Charles XI, sauf quelques vil-

lages attribués au duché de Lunebourg (1679). Les malheurs de Charles XII dans la seconde moitié de la grande guerre du Nord offrirent enfin à George P'' l'occasion d'acquérir les deux provinces depuis si longtemps convoitées : sous prétexte de garantir ses États contre l'invasion de la peste, il y fit entrer ses troupes à la suite des Danois qui en avaient chassé les Suédois; bientôt le roi do Danemark lui céda (1715) ses droits issus de la conquête conlre une forte somme d'argent et la garantie anglaise pour son usurpation de la part gottorpienne du Schleswick; puis la paix de Stockholm de 1719 légitima l'annexion, en lui abandonnant Brème et Verden au prix d'un autre million d'écus payés à la Suède.

George II y ajouta en 1731 le pays maritime de Hadeln, ancienne dépendance du duché de Saxe-Lauenbourg enclavée dans le duché de Brème, qui avait été mise sous le séquestre impérial à la mort du dernier duc (1689) et qu'il se fit adjuger par Charles YI en récompense de ses promesses en faveur de la Pragmatique sanction. Une autre acquisition de George II, temporaire quant à la forme, mais délinilive quant au fond, fut celle du comté de Bentheim, situé sur la haute Vechle le long de la frontière néerlandaise : il lui fut engagé pour trente ans par son souverain en 1753, et suivit depuis lors les destinées du Hanovre. Par contre il échoua dans son projet d'annexer à l'électorat la principauté d'Ostfrise à l'extinction de la dynastie de Greetsyhl (4744); au mépris du pacte de confraternité qui avait été conclu en 1691 entre les maisons de Lunebourg et d'Ostfrise, Frédéric 11 la réunit au royaume de Prusse; le procès que le Hanovre intenta à ce sujet à la Prusse devant les tribunaux d'empire, n'arriva pas à être jugé avant la fin du saint-empire; mais, comme nous allons le voir, l'Ostfrise lui fut attribuée par les traités de

La seconde moitié du xvni" siècle s'écoula pour l'électorat guelfe sans modification territoriale aucune; mais il exerça brillamment sa part d'influence sur la science et la littérature allemandes par son université de Gœttingue, fondée en 1734

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