‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 65 sur 168 · BRANCHE DE BRUNSWICK-WOLFENBUTTEL · texte numérisé non relu

BRANCHE DE BRUNSWICK-WOLFENBUTTEL

Brimswick-Wolfenbuttel acquirent la souveraineté complète sur la célèbre abbaye de femmes de Gandersheim, qu'avait fondée au ix" siècle Ludolfe, Taïeul de la maison impériale de Saxe, et sur laquelle depuis la Réforme les Welfs exerçaient, sous le nom d'avouerie, la quasi-souveraineté, bien que l'abbesse fût restée princesse d'empire. Après la bataille d'Iéna, tous leurs États furent confisqués par Napoléon I" et incorporés au royaume de Westphalie dès sa création (18 août 1807); le duc Frédéric-Guillaume ne conserva que le duché silésien d'Oels, iief prussien, qu'un sien oncle avait acquis par mariage en 1792. Mais il ne désespéra pas, prit solennellement possession de Brunswick pendant la seule journée qu'il y passa dans son aventureuse campagne de 1809 (31 juillet 1809), et y rentra en effet triomphalement au lendemain de la bataille de Leipzig-, le 23 décembre 1813. Depuis lors le patrimoine peu considérable, mais riche et fertile, de la ligne aînée des Guelfes, dont les traités de 1813 n'ont en rien modifié l'assiette, a successivement fait partie de la Confédération germanique, de l'union du Nord et du nouvel empire allemand. Le recensement de 1890 lui attribue 404 000 habitants sur 3 690 kilomètres carrés : ils se répartissent entre le duché de Brunswick proprement dit, la principauté de Blankenburg et les districts du llarz et du AVeser, dont les parcelles, grandes et petites, sont toutes des enclaves prussiennes depuis que la Prusse s'est incorporé le Hanovre.

Voilà pour les territoires. Deux mots maintenant sur la dynastie, dont le nom revient souvent dans l'histoire des cent cinquante dernières années et dont la succession préoccupe aujourd'hui les esprits en Allemagne. Et d'abord elle a manqué au dernier siècle devenir impériale en Russie : Iwan VI, qui fut proclamé tsar au berceau (1740), détrôné quelques mois plus tard par Elisabeth (1741), et assassiné par ordre de Catherine II (1764), était un prince de Brunswick-AVolfenbuttel, que sa descendance d'Iwan Vpar sa mère Anne-Carlowna de Mecklembourg et par sa grand'mère

Catherine-Iwanowna avait momentanément appelé au trône de Russie. Elle a fourni ensuite des hommes de g-uerre célèbres : le prince Ferdinand, et son neveu, le prince héréditaire, puis duc régnant, Charles-Guillaume-Ferdinand, comptent parmi les meilleurs lieutenants de Frédéric II, et si la réputation militaire du second, déjà compromise par la campagne de France de 1792, s'évanouit dans la campag-ne de Prusse de 180G, la fin tragique du vieillard, mortellement blessé à la bataille d'Auerstacdt et dépouillé sur son lit de mort par le vainqueur, est faite pour inspirer la pitié. Quant à son fils, le duc Frédéric-Guillaume, son histoire est presque une légende : inspiré par sa haine contre le spoliateur de sa famille, il prit part en 1809 à la guerre de l'Autriche contre Napoléon I"" avec un corps franc qu'il avait appelé la lérjion noire ou le corps de la vengeance, refusa d'accepter l'armistice de Znaïm signé par l'archiduc Charles, traversa toute l'Allemagne du Nord au milieu d'armées ennemies et, plus heureux que Scliill, réussit à s'embarquer à Elsfleth avec les restes de sa lég-ion; puis, rentré en possession de son héritage par la chute du royaume de Westphalie, il scella de son sang- la victoire définitive de la coalition européenne sur la France impériale, en tombant à la bataille de Quatrebras (16 juin 1815). Des deux fils mineurs qu'il laissait en mourant, l'aîné, Charles, qui lui succéda en 1815, fut chassé en septembre 1830 par son peuple révolté, et officiellement déclaré incapable de régner par la diète g'ermanique : il est mort en 1873, sans avoir contracté alliance. Le cadet, Guillaume, appelé à lui succéder, ne s'est pas marié non plus , et avec sa mort à soixante-dix-huit ans, arrivée le 18 octobre 1884, s'est éteinte la branche aînée, brunswickoise, des Guelfes, qu'il restait seul à représenter.

Avant les événements de 186G son héritage brunswickois (Oels retournant à la Prusse comme fief silésien) paraissait devoir nécessairement revenir à la branche cadette, hano-

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