‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 67 sur 168 · LA FAMILLE D'OLDENBOURG · texte numérisé non relu

LA FAMILLE D'OLDENBOURG

toires allemands cis el trans-alijins, Oldenbourg-, Holstein et Lauenbourg', auxquels il faut nécessairement ajouter le duebé danois de Scbleswick, depuis cinq cents ans uni au Holstein, forment à elles seules un cbapitre extrêmement compliqué de géographie historique et de généalog-ie princier e.

Gomme tant d'autres dynasties allemandes, les Oldenbourg ont été rattachés par leurs historiographes au grand Wittikind de Saxe; historiquement on peut poursuivre leurs origines jusqu'au commencement du xn' siècle. A cette époque on commence à les rencontrer, comme comtes d'Ammerland ou d'Ammergau, dans le pays frison de la Jahde, où un peu plus lard la ville d'Oldenbourg- fut par eux bâtie sur la Hunle, le dernier affluent de gauche du Weser. Devenus immédiats après la chute de Henri le Lion (1180), ils soutinrent pendant la période suivante de longues luttes avec les libres communautés frisonnes et avec les puissants archevêques de Brème, s'étendirent aux dépens des pays frisons de Sledingen et de Buljading-en, et acquirent à l'ouest de Brème le comté de Delmenhorst dans le Leergau; mais jusqu'au milieu du xv" siècle ils ne se distinguèrent en rien de leurs nombreux voisins de rang- comtal. Le mariage du comte Thierry le Fortuné, mort en 1440, avec Hedwige de Schauenbourg-Holstein les appela alors sur un théâtre beaucoup plus vaste : tandis que l'aîné des hls issus de cette union, Gérard, continuait sur les bords de la Hunte, pour deux siècles encore, des comtes d'Oldenbourg- et de Delmenhorst aussi inconnus de l'histoire que l'avaient été leurs prédécesseurs, le cadet Christian arrivait, du droit de sa mère, à la possession du Holstein et du Schleswick et, par la libre élection des Danois, des Norvégiens et des Suédois, aux trois couronnes Scandinaves.

La maison de Schauenbourg-, dont les Oldenbourg- devinrent ainsi les représentants territoriaux, sinon uniques, du moins principaux, était de bonne race saxonne. Leur châ-

teau originaire de Schauenboiirg (et non de Schaumbourg: comme on écrit d'habitude aujourd'hui) s'élevait depuis la première moitié du xi" siècle sur une haute montagne qui domine le Weser, près de Rinleln, à peu près à égale distance entre Paderborn et Hanovre. Cent ans plus tard, en 11 iO, le comte de Schauenbourg- Adolphe III, le petitfils d'Adolphe de Salingsleben ou de Sandersleben qu'on regarde comme le fondateur de la dynastie, était créé comte de Holslein et de Slormarn, par le duc de Saxe, depuis empereur, Lothaire, et chargé comme tel de protéger les frontières septentrionales de l'Allemagne. En effet, l'ancienne ?sordalbingie saxonne, la Hohatia du temps, qui comprenait à la fois le pays maritime de Ditmarschen compris entre les embouchures de l'Elbe et de l'Eider, le pays de Stormarn aux environs de Gluckstadt, et le Holslein proprement dit ou pays de Kiel, avait de redoutables voisins, non seulement au nord, où les Danois étaient toujours disposés à empiéter sur la Saxe, mais encore à l'est, où la AVagrie, c'est-à-dire la contrée de Plœn et de Segeberg, était occupée par les Slaves, ennemis acharnés de la foi chrétienne et de la domination allemande. L'histoire des premiers comtes de Holstein de la maison de Schauenbourg est remplie par leurs guerres contre ces deux peuples hostiles. Grâce à l'appui de son puissant suzerain, le duc de Saxe Henri le Lion, Adolphe IV parvint à soumettre la majeure partie de la Wagrie, à germaniser sa conquête au moyen de Holsates, de Westphaliens, de Frisons et à étendre ainsi le Holstein jusqu'à la basse Trave, de l'autre côté de laquelle s'établissaient vers le même temps les comtes de Ratzebourg et de Schwérin; par contre, il dut céder à Henri sa ville de Lubeck, qu'il avait bâtie ou rebâtie au fond du golfe wagrien.

La chute du Welf (1180) ne rendit pas aux Schauenbourg cette cité déjà florissante, que Frédéric I" éleva au rang de ville d'empire; mais elle relâcha sensiblement, sans les rompre entièrement, les liens qui rattachaient le Holstein

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