‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 72 sur 168 · LA QUESTION DU SGHLBSWIGK-HOLSTEIN · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU SGHLBSWIGK-HOLSTEIN

arrière-pensées différentes, maintenir sur le Sund et les Belts une puissance qui fût au moins du troisième ordre, et aucune d'elles ne se souciait de faciliter à FAllemagne la création d'une grande marine militaire; l'Autriche et la Prusse, presque annihilées par leurs révolutions intérieures et par leur antagonisme, ne pouvaient prétendre faire prévaloir les intérêts allemands sur ceux des trois autres grandes puissances; et ainsi, dès le 2 août 1830, un protocole signé à Londres avait garanti l'unité et l'intégrité de la monarchie danoise, en les déclarant intimement liées aux intérêts généraux de l'équilibre européen.

Des négociations subséquentes entre les grandes puissances, le Danemark et la Suède, aboutirent au traité de Londres du 8 mai 1852, qui, dans le but d'assurer le maintien de cette intégrité, changeait, par la volonté unanime de l'Europe, l'ordre de succession en Danemark. Il désignait en effet comme héritier présomptif de la monarchie entière, après la mort du roi Frédéric YII et celle de son oncle, le prince Ferdinand, à l'exclusion des princes de Hesse, des ducs d'Augustenbourg et des princes de sa propre famille qui étaient ses aînés, un autre descendant du duc de IIolstein-Sonderbourg Jean le Jeune, à savoir le prince Christian, du rameau puîné de Holstein-Beck ou Holstein-Glucksbourg, qui par sa femme, la princesse Louise de Hesse-Cassel, était le cousin germain par alliance du roi régnant. Déjà par un protocole signé à Varsovie le 8 juin 1831 l'empereur de Russie, chef du rameau aîné des Holstein-Gottorp, avait cédé au prince Christian les droits sur la part gottorpienne des deux duchés que lui avaient réservés, pour le cas d'extinction de la ligne royale, les traités de 17G7 et de 1773; le landgrave Frédéric de Hesse-Cassel de son côté renonça en faveur de sa sœur, la princesse Louise, aux droits qu'il tenait de la loi royale de 1663; enfin le duc d'Augustenbourg déclara sur son honneur de prince, dans l'accord conclu le 30 décembre 1832 avec le roi Frédéric VII pour la vente de ses domaines dans les duchés, qu'il ne s'opposerait en

aucune manière aux mesures prises ou à prendre par celuici relativement à l'ordre de succession pour tous les pays actuellement réunis sous son sceptre. La décision de la conférence de Londres, ainsi validée par les principaux intéressés et devenue depuis le 31 juillet 1852 loi fondamentale du Danemark, put dès lors être regardée comme étant audessus de toute atteinte, quoiqu'il lui manquât l'adhésion formelle de la diète germanique ressuscitée à Francfort et celle des étals du Schleswick et du Holstein.

Il n'en fut rien cependant, comme chacun sait. Les dix années qui suivirent furent marquées par d'interminables querelles entre le gouvernement danois d'une part, les états des duchés et la diète de Francfort de l'autre : le remaniement continuel des lois organiques de l'ensemble de la monarchie ne put rien contre l'obstination de la majeure partie de la population des duchés, qui se sentait soutenue par l'opinion publique de l'Allemagne. Après l'échec complet d'une constitution commune qui plaçait un conseil d'empire au-dessus des représentations particulières du royaume et des duchés, le cabinet danois qui voulait à tout prix sauver du moins le Schleswick, en prononça la séparation complète d'avec le Holstein par la patente du 30 mars 1863 et, malgré les protestations de la diète germanique qui menaçait le Danemark d'une exécution fédérale, fît voter par la diète danoise, le 13 novembre 1863, une constitution qui devait avoir force de loi à la fois pour le duché septentrional et pour le royaume : cinq jours après, le 18 novembre, cette constitution était solennellement promulguée à Copenhague. Mais dans le court intervalle entre le vote et la promulgation était mort, le 15 novembre, à l'âge de cinquante-cinq ans seulement, le roi Frédéric VII, et comme son oncle, le prince Ferdinand, l'avait précédé de quelques mois dans la tombe (29 juin 1863), la succession danoise se trouva ouverte au moment le plus critique, entre un coup d'Etat à demi achevé et une iutervention fédérale imminente. Le prince Christian de IIolstein-Glucksbourg fut

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