‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 74 sur 168 · LA QUESTION DU SCHLESWIGK-HOLSTEIN · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU SCHLESWIGK-HOLSTEIN

tient naturellement au groupe fionien, au Schleswick la totalité des îles nord-frisonnes d'Amrum, Fœhr, Sylt et Rœmœ.

Le fondateur de la nouvelle ligne royale danoise inaugurait ainsi son règne par la perte des trois duchés de l'Elbe, dont les deux plus importants appartenaient à la dynastie d'Oldenbourg depuis quatre siècles révolus et dont le troisième avait été l'indemnité pour le royaume de Norvèg-e. Ensemble ils représentaient, d'après les chiffres du recensement de 1864, une population de plus d'un million d'àmes (Holstein, So5 000; Schleswick, 405 000; Lauenbourg-, 50 000 âmes) et un territoire, en général bien cultivé et baigné par deux mers, de 18 000 à 19 000 kilomètres carrés (Schleswick, 9 090; Holstein, 8 530; Lauenbourg, 1050 kilomètres carrés).

Quant à leur destination future, le traité de Vienne la laissait dans le doute; les vainqueurs, qui n'avaient jamais contesté officiellement que Christian IX fût le légitime détenteur du Schleswick-IIolstein et qui maintenant entendaient tirer de sa cession un titre de possession juridique, s'étaient contentés de lui demander l'engagement de reconnaître les dispositions qu'ils prendraient à cet égard. Il paraissait naturel cependant que le prince héréditaire d'Augustenbourg, qui depuis près d'un an portait le titre de duc de Schleswick-Holstein, fût en réalité investi des duchés : il était le parent mâle le plus rapproché du feu roi-duc, et il avait les sympathies tant des populations intéressées que des princes allemands. Aussi le cabinet de Vienne était-il tout disposé à le mettre, du moins provisoirement, en possession; mais à Berlin on ne voulait pas avoir fait la guerre pour rien et, après de longs délais, M. de Bismarck formula, par sa note du 22 février 1865, toute une série de conditions que la Prusse mettait à cette combinaison. Ces conditions, qui faisaient de lui un vassal prussien, le prince refusa de les^ accepter, parce qu'il espérait mieux de l'intervention de la diète : la seule chose qu'il y gagna fut de ne rien obtenir du

tout et de faciliter la spoliation complète de la maison d'Oldenbourg dans les trois duchés.

En effet, sans se préoccuper du mécontentement de la diète, le premier ministre prussien, poursuivant sa politique envahissante, fît un premier pas vers l'annexion à la Prusse des pays de l'Elbe, en arrachant à son alliée de la veille, effrayée par des menaces de guerre, la convention de Gaslein du 44 août 1865 : par ce règlement provisoire, la Prusse prenait jusqu'à entente définitive l'administration du Schleswick, en laissant à l'Autriche celle du Ilolstein; mais de plus elle se faisait attribuer le droit de garnison à Kiel et à Rendsbourg, le port de guerre et la forteresse holsteinois, et elle achetait à beaux deniers comptants la propriété complète du Laucnbourg, qui fut annexé à la monarchie prussienne dès le 13 septembre 4863, sauf à n'y être officiellement incorporé que le 23 juin 1876. Restaient à acquérir le Holstein et le Schleswick. Les négociations entre les deux grandes puissances allemandes continuèrent, de plus en plus aigres, pendant tout l'hiver de 4863 à 4866; déductions juridiques, offres d'achat, menaces de guerre furent tour à tour mises en avant par le cabinet de Berlin; celui de Vienne, poussé dans ses derniers retranchements, remit la décision de la question de succession entre les mains de la diète (24 mai 4866); mais la Prusse préféra en appeler aux armes, envahit le Holstein avant toute déclaration d'hostilités (7 juin), et, après sa campagne victorieuse de Bohème, se fit transférer, par les préliminaires de Nikolsburg du 26 juillet et par la paix de Prague du 23 août 1866, tous les droits sur les duchés de Schleswick et de Holstein, que la paix de Vienne du 30 octobre 4864 avait reconnus à l'empereur d'Autriche. Une seule réserve, insérée au traité sur la demande de la France médiatrice, stipulait que les populations des districts septentrionaux du Schleswick seraient de nouveau réunies au Danemark, si elles en exprimaient le désir par un vote librement émis.

Malgré la teneur de cet article cinq du traité de Prague et

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