‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 76 sur 168 · LA FAMILLE DE MEGKLEMBOURG · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DE MEGKLEMBOURG

moyennant finance, une douzaine de kilomètres carrés des deux côtés de la Jalide, avec 850 habitants, pour lui permettre la création d'un port de guerre sur la mer du Nord. A son tour, il en reçut, par traité du 27 septembre 1866, en échange des droits gottorpiens sur le Schlesvvick-Holstein, que la Russie lui avait cédés le 19 juin 1864, le bailliage d'Ahrensbœk et quelques autres parcelles du Holstein oriental, choisies de manière à relier entre elles les deux portions de l'ancien évêché de Lubeck, et à faire ainsi de la principauté d'Eutin un seul et même tout.

Après ces modifications, fort insig-nifiantes d'ailleurs, le g-rand-duché d'Oldenbourg- s'est trouvé comprendre au recensement de 4890 une superficie de 6 423 kilomètres carrés et une population de 3oo 000 habitants, partagés d'une manière très inégale entre trois tronçons, qui, tous les trois, malg^ré leur éloignement respectif, ne sont que des enclaves prussiennes. Le duché d'Oldenbourg-, avec o 379 kilomètres carrés et 279 000 âmes, forme, sur la rive g-auche du Weser inférieur, un coin qui s'enfonce du nord au sud dans la province de Hanovre; la principauté de Lubeck ou Eutin, au nordouest de la basse ïrave, et celle de Birkenfeld dans le Hundsruck, sur la rive gauche de la Nahe, évaluées la première à 541 kilomètres carrés avec 35 000 habitants, la seconde à 503 kilomètres carrés avec 41 000 habitants, sont entourées, l'une par le Holstein et l'autre par la Prusse rhénane.

Plus heureuse que les dynasties des Oldenbourg- et des Welfs qui dans ces dernières années ont été dépouillées par la Prusse d'une partie notable ou de la totalité de leurs États allemands, la famille de Mecklembourg a conservé jusqu'à nos jours la totalité de son héritage patrimonial, sorti ainsi que le leur de la dissolution de l'ancien duché de Saxe. Ses possessions, qui forment deux grands-duchés, s'étendent, à l'orient du Hanovre, du Lauenbourg et du Holstein, tant le long de la côte méridionale de la Baltique, qu'elles couvrent depuis l'embouchure de la Trave jusqu'à celle de la Recknitz,

que sur le plateau de lacs mecklembourgeois qui s'interpose, à une altitude fort peu élevée, entre la lisière maritime et la plaine brandebourg eoise. Le pays de Mecklembourg-, quoique occupé pendant la majeure partie du moyen âge par les Obotrites et les Liutizes de race slave ou ^Yende, qui avaient pris la place des Vandales germaniques, est depuis longtemps germanisé quant à la langue et aux mœurs, de même que toutes les régions avoisinantes; mais sa famille souveraine est incontestablement d'origine ^Nende, et se distingue, à cet égard, de toutes les familles princières de l'Europe : car la Russie elle-même, l'empire slave par excellence, obéit depuis plus d'un siècle à des maîtres allemands, dont le nom menteur de Romanof déguise mal la nationalité tudesque.

Il a été question ailleurs des guerres victorieuses de Cbarlemagne et des Otton, puis de celles des ducs et des marquis saxons contre les Slaves-Wendes établis depuis la basse Elbe jusqu'à la basse Oder. Nous avons dit aussi que c'est au xn'' siècle, à l'époque de Frédéric Barberousse et de Henri le Lion, qu'a eu lieu dans ces contrées le triomphe définitif des Allemands sur les Slaves et du christianisme sur le paganisme; il ne nous reste qu'à examiner de plus près comment les principautés chrétiennes du Mecklembourg germanisé se sont substituées à l'ancienne domination des Obotrites païens.

Les Carlovingiens s'étaient contentés de l'hommage et du tribut des chefs wendes de la Baltique occidentale, sans songer à leur imposer la foi chrétienne; la première prédication de l'évangile à eux et à leurs sujets date de l'époque des conquêtes oltoniennes. C'est au milieu du x° siècle que fut établi dans la presqu'île nord-est du Holstein l'évêché d'Aldenbourg ou d'Oldenbourg, créé en vue de la conversion des Wagriens et des Obotrites; dès cette époque aussi, on rencontre un couvent de femmes à Mecklembourg, la capitale obotrite, dont le nom, communément traduit par grand château ou grande ville {Mag)iopoUs), désigne encore un village au sud de Wismar. Ni le christianisme, ni l'ascendant germanique ne parvinrent cependant à s'établir alors d'une façon durable sur

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