LA FAMILLE DE MEGKLEMBUURG
formelle de l'empereur Frédéric II) du royaume de Danemark, et qu'ils ne furent débarrassés de la domination Scandinave que par la grande bataille de Bornhœvde (1227). Les successeurs de Waldemar II continuèrent à porter le titre de rois des Slaves; ils surent au xiv" siècle encore obliger les princes de Mecklembourg à leur livrer la ville de Rostock (4301), ou du moins à ne la tenir qu'en fief danois (1323); mais depuis la jom'née de Bornhœvde le Mecklembourg n'a plus cessé d'être considéré comme pays d'empire, et les dernières traces de suzeraineté danoise y disparurent pendant la période si troublée de l'histoire du Nord qui a précédé la fameuse union de Calmar. En effet, quand Albert II de Mecklembourg, qui avait été en 1363 élu roi de Suède en souvenir de sa mère, la princesse suédoise Euphémie, posa en 1388, à la mort de son neveu Albert III, l'héritier présomptif de Danemark et de Norvège du droit de sa mère Ingeburge, sa candidature à ces deux couronnes aussi, il fut, il est vrai, battu, fait prisonnier et dépouillé de la Suède par la grande Marguerite de Waldemar (1389-1398); mais même dans ces circonstances exceptionnellement défavorables, il ne fut plus question de la subordination du Mecklembourg à la monarchie danoise.
C'était l'hommage saxon que les princes des Wendes avaient échangé à la fin du xii*' siècle contre l'hommage danois; quand ils firent retour à l'Allemagne après la bataille de Bornhœvde, le duché de Saxe n'était plus guère qu'un vain nom; ils se regardèrent comme déliés de tout devoir de ce côté et se trouvèrent par suite pendant plus d'un siècle dans une situation politique assez mal définie : membres immédiats de l'empire sans en être formellement feudataires, ils possédaient leurs pays en alleux plutôt qu'en fiefs. Cette position ambiguë cessa, en partie du moins, le jour où Charles lY, par un diplôme expédié à Prague le 8 juillet 1348, conféra solennellement à deux des princes wendes, aux frères Albert P"" et Jean de Mecklembourg, le titre, la dignité et les privilèges de princes d'empire, en y ajoutant le titre ducal. Cent ans
plus tard (1442), une nouvelle inféodalion impériale étendait les mêmes droits à l'héritage mecklembourgeois entier; mais le diplôme impérial visait en même temps les deux traités que la maison de Mecklembourg- avait conclus quelques mois auparavant, à Wittstock et à Perleberg-, avec celle de Brandebourg : or, par ces traités, les Hohenzollern du Brandebourg ne renonçaient à leurs prétentions de suzeraineté sur le pays voisin, qu'ils affectaient depuis le jour même où ils avaient acquis l'électorat (1415), que contre une expectative de succession. Cette expectative de 1442, bien des fois confirmée depuis, pèse jusqu'aujourd'hui sur le Mecklembourg.
Comme toutes les dynasties allemandes du moyen âge, celle de Mecklembourg fît une multitude de partages, qui remontent en partie jusqu'au xui'' siècle. De là les quatre lignes de Mecklembourg, de Werle, de Richenberg et de Rostock, dont les deux premières, plus durables que les autres, se subdivisèrent de nouveau : la branche de Mecklembourg établit des rameaux d'abord à Wismar et à Gadebusch, plus tard à Schwérin et à Stargard; celle de Werle donna naissance aux rameaux de Gustrow, de Parchim, de Goldberg et de Waren. Au milieu du xv'^ siècle cependant une série d'extinctions permit à Henri le Gras, dont le règne dura cinquante-cinq ans (1422-1477), de réunir momentanément tout l'héritage primitif de la descendance de Niclot, ainsi que les acquisitions qui étaient venues s'y joindre successivement: c'est à peu de chose près le Mecklembourg actuel. En efîet, Pribislas II avait gardé de l'ancienne domination obotrite les pays de Mecklembourg (avec Mecklembourg, Dassow, Grevismuhlcn, Gadebusch, Wismar, Neubukow, Poel), de Rostock (avec Rostock, Doberan, Ribnitz, Marlow), de Werle (avec Schwaan, Gustrow, Malchow, Rœbel, Waren, Penzlin) et de Richenberg (avec Parchim, Goldberg, Sternberg). Ses successeurs s'étaient arrondis de difTérents côtés : dans le cours du xin'' siècle, ils avaient repris aux princes poméraniens la Gircipanie usurpée par eux lors des désastres de Niclot, à savoir le pays de