‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 79 sur 168 · LA FAMILLE DE MECKLEMBOURG · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DE MECKLEMBOURG

Gnoien, Telerow et Malchin en 1236, Dargun en 1271 et Stavenliagen en 1282; au xiv% ils avaient acquis par mariage (1304) le pays de Starg'ard (avec Stargard, Neubrandebourg-, Friedland, Furstenberg), qui de la Poméranie avait passé au Brandebourg-, y avaient joint (1329) le château de Strélitz, et avaient réussi à se débarrasser (1 347-1 3o0) de la suzeraineté brandebourgeoise qui grevait d'abord ces domaines; ils étaient de plus entrés en possession de certaines parties du comté de Dannenberg (Grabow 1321, Dœmitz 1372); et surtout ils étaient parvenus, grâce à une série de traités de succession, à un mariage et finalement à un contrat de vente consenti par les derniers descendants mâles de Gunzelin de Hagen (1343-1339), à faire rentrer entre leurs mains la partie sud-ouest de l'ancienne Obotritie (avec Schwérin, Wittenburg-, Boitzenburg) que Henri le Lion avait jadis constituée pour lui en comté de Schwérin.

La succession de Henri le Gras fut de nouveau partagée après sa mort et les quatre derniers siècles ont vu, comme les précédents, de nombreux ducs de Mocklembourg régnant simultanément, soit en commun, soit sur des lots déterminés; mais toutes les branches collatérales, à l'exception de celle de Strélitz, qui s'est détachée du tronc au milieu du xvn^ siècle et qui dure encore, s'éteignirent promptement, et d'ailleurs V union des états provinciaux du pays entier, proclamée pour la première fois en 1523 et qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, a empêché de tout temps un partage définitif en principautés séparées : malgré ses divisions dynastiques, le Mecklembourg des temps modernes a toujours formé et forme encore un seul et même tout politique. Il n'y a, par suite, à appeler l'attention que sur deux partages, importants à différents titres : celui de 1353, qui, en créant les deux grands lots de Mecklembourg-Schwérin et de Mecklembourg-Gustrow, gouvernés par des princes différents jusqu'en 1G93, a donné au pays sa division topographique fondamentale, et celui de 1701, auquel les deux grands-duchés actuels doivent leur origine. Nous examine-

rons tout à l'heure de plus près le traité de 1701 : indiquons d'abord les modifications territoriales des pays mecklembourgeois qu'occasionna plus ou moins directement la Réforme du XYi*^ siècle.

Des deux frères qui, à l'époque de Luther, partageaient l'autorité ducale, l'aîné, Albert le Beau, flotta toute sa vie entre les deux confessions, principalement parce que ses visées ambitieuses, dirigées tour à tour sur les couronnes de Danemark et de Suède, lui imposaient de grands ménagements pour Charles-Quint, lequel récompensa sa dévotion envers sa personne par le titre d'écuyer-tranchant héréditaire de l'empire; l'autre, Henri le Pacifique, communia sous les deux espèces dès 1532, mais se tint également à l'écart de la ligue de Smalcalde. Ce ne fut qu'en 1349, après la mort d'Albert, que le Mecklembourg- devint franchement luthérien, Henri le Pacifique et son neveu Jean- Albert, le Salomon du Mecklembourg, ayant solennellement déclaré à la diète de Sternberg- leur adhésion à la Confession d'Augsboura\ Comme les autres princes de l'Allemagne septentrionale, les ducs de Mecklembourg- tirèrent profit de la suppression de la hiérarchie catholique : ils mirent presque immédiatement la main sur les couvents de leurs Etats, Doberan, Dargun, etc., et tâchèrent en même temps de s'assurer le temporel des deux évèchés limitrophes de Schwérin et de Ratzebourg-, en y faisant nommer des administrateurs de leur maison; seules parmi les fondations ecclésiastiques du pays, les commanderies de Saint-Jean à Mirow et à Nemerow réussirent pour le moment à se soustraire à la convoitise laïque.

La guerre de Trente x\ns régla définitivement ces questions de sécularisation ; mais ce ne fut qu'après les péripéties les plus violentes et au prix des calamités les plus épouvantables. Les deux frères Adolphe-Frédéric de Mecklembourg- Schwérin, l'aïeul commun des deux lignes actuelles, et Jean-Albert de Mecklembourg-Gustrow, qui en 1621 avaient été appelés à partager entre eux tout l'héritage de leur maison, furent entraînés plus ou moins volontairement dans

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