LA FAMILLE DE MEGKLEMBOURG
l'alliance danoise, lorsque les armées catholiques, victorieuses dans le Sud, commencèrent à envahir la basse Allemagne; ils en furent sévèrement punis, par l'occupation de leur pays d'abord (1627), par la proscription et l'exil ensuite (1628). Dès le mois de janvier 1628, l'empereur Ferdinand II livrait les duchés de Mecklembourg- à son généralissime Albert de Wallenstein, par un contrat de vente secret, caché sous la forme d'un engagement; quelques mois plus tard, les états étaient obligés à un hommage éventuel et les ducs cédaient la place au général impérial, qui résida une année entière à Gustrow (1628-1629); enfin en juin 1629 avait lieu l'investiture publique, à tout jamais héréditaire, du nouveau duc de Mecklembourg, auquel les états du pays durent, fort à contre-cœur, prêter leur hommage définitif en janvier 1630. Mais cette usurpation, à peine consommée, fut réduite à néant par l'intervention de Gustave-Adolphe dans les affaires allemandes; le roi de Suède rétablit les deux ducs dès 1631. Ce ne fut, il est vrai, que pour en faire des clients et des victimes de la politique suédoise, car un traité conclu en 1632 assura aux Suédois jusqu'à la conclusion de la paix la possession de Wismar, de Warnemunde et de l'île de Poel, et lorsque en 1633 le Mecklembourg accéda à la paix particulière de la plupart des princes protestants de l'Allemagne avec l'empereur, ces ports fortifiés restèrent les places d'armes de ses anciens protecteurs, devenus ses impitoyables ennemis. La paix de AYestphalie elle-même ne débarrassa pas le pays mecklembourgeois de ces redoutables garnisaires; elle les y établit au contraire à demeure : les stipulations d'Osnabruck (octobre 1648) portèrent en effet que Wismar, Poel et Neukloster passaient comme fiefs d'empire à la couronne de Suède. Gomme compensation, elles attribuèrent au Mecklembourg les commanderies de Mirow et de Nemerow, et, sous le nouveau titre de principautés, les deux évêchés de Schwérin et de Ratzebourg, comprenant, l'un une partie de Schwérin et Butzow, l'autre le pays de Schœnberg et des droits peu considérables sur la ville presque
complètement lauenbourg-eoise de Ratzebourg : faible dédommagement en somme pour la perte de l'une des deux grandes villes maritimes du pays, et surtout pour les dangers de guerre continuels que le nouveau voisinage faisait peser sur lui.
L'extinction de la dernière ligne des ducs de Mecklembourg-Gustrow en 1695 eut pour résultat des arrangements de famille, qui ont donné aux États mecklembourgeois leur constitution territoriale actuelle. A ce moment, le droit de primogéniture avait été depuis plus d'un siècle établi dans le duché de Schwérin par le testament, confirmé par l'empereur, du duc Jean-Albert, mort en 1376; mais rien de pareil n'existait pour le duché de Gustrow, qui, acquis au commencement du xvn'' siècle par la dynastie de l'autre moitié du pays, avait servi immédiatement à l'établissement princier d'un cadet. Néanmoins, lors de la nouvelle vacance, le duc régnant de Schwérin, Frédéric-Guillaume, prétendit ne laisser à son oncle Adolphe-Frédéric, frère puîné de son père, ni tout, ni partie de la succession. Il s'en suivit un long procès devant des arbitres réunis à Hambourg sous la présidence d'un commissaire impérial, et finalement un traité signé le 8 mars 1701, lequel donna raison au neveu, tout en ne donnant pas tort à l'oncle. L'héritage de Gustrow fut adjugé au duc Frédéric-Guillaume; mais on attribua à Adolphe-Frédéric, pour lui et ses descendants, des territoires suffisants pour lui faire 40 000 écus de rente et lui donner siège à la diète de l'empire. Ce sont ces territoires, à savoir à l'ouest du pays la principauté de Ratzebourg, à l'est la seigneurie de Stargard et les bailliages de Mirow et de Nemerow, qui ont formé dès lors et qui continuent à former le patrimoine de la ligne cadette ou le Mecklembourg-Strélitz, entre les deux tronçons duquel s'intercalent, avec une étendue beaucoup plus considérable, les possessions de la ligne aînée ou le Mecklembourg-Schwérin. Mais l'acte de 4701 garantissait formellement le maintien de la seigneurie de Stargard dans l'antique union des états provinciaux, dont