‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 81 sur 168 · LES DEUX GRANDS-DUCHÉS DE MECKLEMBOURG · texte numérisé non relu

LES DEUX GRANDS-DUCHÉS DE MECKLEMBOURG

la direction restait exclusivement réservée à la lig-ne aînée; il y avait par conséquent et il y a encore partage dynastique entre deux princes souverains, non pas division politique du pays. Jusqu'à nos jours, il n'existe pas, au point de vue constitutionnel, de duché de Mecklembourg-Slrélitz; les territoires gouvernés par la ligne cadette figurent à la diète mecklembourgeoise, quand il s'agit des affaires générales du pays, comme partie intégrante du duché de Gustrow; leurs affaires particulières y paraissent sous le nom d'affaires du cercle de Stargard.

A la fin du xvni" siècle, on évaluait l'ensemble des possessions de la maison de Mecklembourg-, toutes situées dans le cercle de Basse-Saxe, à loOOO kilomètres carrés et à 352 000 habitants; le duc de Mecklembourg-Strélitz, qui résidait dans la ville de Neu-Strélitz, fondée en 1733, et dont nous venons d'indiquer les possessions, avait environ 50 000 sujets; le reste, soit 300 000 âmes, se partageait entre les duchés de Schwérin et de Gustrow, la principauté de Schwérin et le district de Rostock, réunis sous le gouvernement du duc de Mecklembourg-Schwérin.

Les grandes commotions du commencement du xix*^ siècle n'apportèrent que des changements insignifiants à cet état territorial ; le Mecklembourg était trop éloigné de la France pour être aussi directement que le reste de rAllemagne touché par la marche envahissante de la Révolution française. Au recez du 25 février 1803, il n'obtint absolument rien, pas même la dignité électorale que le tsar Alexandre P'", beau-frère du prince héréditaire de Schwérin, avait demandée trop tard pour le duc régnant; mais quelques mois plus tard, le 26 juin 4803, un arrangement particulier avec la Suède lui restitua, sous la forme diplomatique, empruntée au moyen âge, d'un engagement pour cent et éventuellement pour deux cents ans, les villes et îles de Wismar, Poel et Neukloster, que la paix de Westphalie avait séparées du Mecklembourg un siècle et demi auparavant. L'abdication de l'empereur François II (6 août 1806) valut aux deux ducs de

Mecklembourg' la souveraineté complète; celui de Schwérin fut menacé, après la bataille dléna, Je perdre ses États, qui ne lui furent restitués que par les stipulations de Tilsit (juillet 1807); puis les deux lignes accédèrent à la Confédération du Rhin, Strélitz le 18 février, Schwérin le 22 mar& 1808. Les princes mecklembourgeois avaient été des derniers à accepter la suzeraineté française; ils furent les premiers à s'en détacher : leur accession à la coalition est pour Schwérin du 14, pour Strélitz du' 30 mars 1813. Si Napoléon 1" l'avait emporté dans la campagne de 1813, ils eussent couru grand risque de voir se renouveler la proscription dont leur maison avait été autrefois la victime à l'époque de la guerre de Trente Ans, et on désignait déjà le maréchal Davout comme le nouveau Wallenstein destiné à prendre leur place; mais la bataille de Leipzig- arracha l'Allemagne à la domination française, pour la remettre entre les mains de la diplomatie européenne réunie à Vienne. Les deux ducs de Mecklembourg- entrèrent avec le litre de grands-ducs dans la Confédération germanique; de plus, le congrès gratifia la ligne cadette de 10 000 âmes à prendre sur le département de la Sarre : la Prusse les lui assigna (Francfort, 18 septembre 1816) sur Cronenburg, Reifferscheid et Schleiden; mais le grand-duc de Strélitz les revendit bientôt au roi de Prusse (Berlin, 21 mai 1819), sans même en avoir pris possession. Quant à la ligne aînée, elle n'eut rien; on ne régularisa même pas sa situation à AVismar, où elle resta simple gagiste; il est vrai que les conditions pécuniaires fixées en 1803 pour le rachat éventuel de 1903 étaient de nature à le rendre extrêmement peu probable, et que, par conséquent, l'engagement avait toute chance de continuer à être valable jusqu'en 2003 ; or les diplomates de Vienne se préoccupaient peu des conflits possibles du xxi'' siècle.

Les deux e-rands-duchés de Mecklemboura-Schwérin et de Mecklombourg-Strélitz, après avoir fait partie de la Confédération germanique jusqu'en 1866, entrèrent à celte époque dans l'union du Nord, avec laquelle ils ont passé en 1870 au

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