‹ Histoire de la formation territoriale des états de l'Europe centrale (volume 2)Chapitre 86 sur 168 · LA PRINCIPAUTÉ DE LIECHTENSTEIN · texte numérisé non relu

LA PRINCIPAUTÉ DE LIECHTENSTEIN

150 kilomètres et s'abaisse, au centre, jusqu'à 20. D'autre part, les éléments peu homogènes dont il se compose ne sont pas encore arrivés à une fusion complète : pays originairement badois, Brisgau autrichien, Palatinat bavarois, territoires sécularisés et médiatisés g-ardent plus ou moins jusqu'aujourd'hui leur physionomie propre; de là la fréquence des agitations politiques et religieuses qu'on y a vues dans le dernier demi-siècle. Par contre, la beauté et la richesse du pays sont proverbiales. Adossé à la Forèt-Noire, dont il comprend la majeure partie, il borde le Rhin depuis le lac 'de Constance jusqu'au delà du confluent du Neckar, sur un développement de 450 kilomètres, qu'interrompent à peine quelques territoires helvétiques; aussi est-ce le g-rand fleuve allemand qui, dans une série d'étapes, lui imprime son cachet géographique, et l'on peut regretter que les quatre districts [Bezirke, Landescominissariate) entre lesquels il se divise depuis l'abandon de la première organisation administrative en six cercles dont il a été question plus haut, aient remplacé par les noms de leurs chefs-lieux, Constance, Fribourg, Garlsruhe et Mannheim, ceux des cercles du Lac, du Rhin supérieur, du Rhin moyen et du Rhin inférieur, qu'ils portaient primitivement.

Le royaume de AYurtembcrg et le grand-duché de Bade ont leur importance relative dans le groupe des États de TEurope centrale; il n'en est pas de même d'un troisième Etat qui, comme eux, faisait autrefois partie du cercle de Souabe, et qui a survécu par un simple hasard à tant d'autres principautés analogues, balayées par la tourmente révolutionnaire. La principauté de Liechtenstein, avec moins de 10 000 habitants répartis sur 159 kilomètres c^rés, est une curiosité historique, et rien de plus. Située sur la rive droite du Rhin, en amont du lac de Constance, entre le Vorarlberg, les Grisons et le canton de Saint-Gall, elle doit son nom et son origine à une grande famille autrichienne, qu'on rattache aux Este et qui, depuis le xu° siècle, figure dans les rangs de la noblesse de l'Autriche. Riches et puissants de

vieille date, les comtes de Liechtenstein furent à la fois comblés d'immenses domaines dans les Etats héréditaires et élevés au rang de princes d'empire par les deux empereurs Mathias et Ferdinand II (1618. 1623); mais, comme ils ne possédaient aucune terre immédiate, ils ne purent prendre siège à la diète. Ils n'}' entrèrent qu'un siècle plus tard (1723), après avoir acheté aux comtes de Hohenembs, d'abord la seigneurie de Schellenberg (1699), puis le comté de Yaduz ( Valdusch, c'est-à-dire la vallée douce) (1708-1712), et avoir fait réunir par l'empereur Charles VI, en une principauté de Liechtenstein, ces deux seigneuries d'empire (1719). C'est cette principauté que Napoléon I" admit dans la Confédération du Rhin en 1806, qui passa en 1815 dans la Confédération germanique, et qui, depuis 1866, se trouve absolument souveraine, sauf à se rattacher commercialement et même juridiquement à l'Autriche. Aujourd'hui, comme depuis sa création, elle n'est qu'une des moindres possessions de ses maîtres, qui ne résident guère au milieu du millier d'habitants de leur capitale Vaduz; pour l'étendue et pour l'importance politique, elle fait entre l'Autriche et la Suisse à peu près la même figure que la république d'Andorre entre la France et l'Espagne, à moins qu'on ne préfère la comparer à la république de Saint-Marin, annexe du royaume d'Italie comme elle l'est elle-même de l'empire austro-hongrois.

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